À la Une : l’incontournable élection de Laurent Wauquiez

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, l’incontournable élection de Laurent Wauquiez.

Avec une sorte de paradoxe, où l’on vous dit que tout ça n’a rien de surprenant, qu’on s’y attendait, qu’il n’y a pas de surprise, et pourtant tout le monde en parle.
"Au fait, Laurent Wauquiez est le nouveau président de LR", titre Marianne sur son site.
"Sans surprise", ajoute la Une des Dernières Nouvelles d’Alsace.
Oui, mais "Haut la main", note le HuffingtonPost.

"C’est maintenant que le plus dur commence", juge le Figaro.

On sent un manque d’appétence, une grosse fatigue. On commente, oui, mais comme par réflexe. Peut-être parce que l’étape d’après est difficilement lisible.

"Où va la droite ?", demande le Parisien.
"Est-ce le début d’une nouvelle aventure ou la fin d’un modèle ancien ?", enchaine Thierry Richard dans Ouest-France.
"Wauquiez sera-t-il un président de verre, interroge Didier Rose dans les DNA, le soupçonnant de pouvoir « briser son parti en mille morceaux".
En Une du quotidien l’Opinion, le dessinateur Kak le caricature au milieu d’une île déserte, esseulé, mais content : "enfin capitaine !", lance-t-il.
L’Opinion dans le lequel Ludovic Vigogne explique que l’objectif de Laurent Wauquiez, "c’est de commencer à s’installer comme le premier adversaire d’Emmanuel Macron en vue de la prochaine présidentielle".

Voilà, c’est sans doute pour ça que ça n’emballe pas grand monde.
Trop décalé, trop tôt, trop hors sujet. Parce que, faut-il le rappeler, on sort d’une présidentielle et que ce qui intéresse les lecteurs, ce ne sont plus les récits de conquête du pouvoir, de batailles internes et de bisbilles de parti, mais plutôt la gouvernance.

Justement, l’autre titre ce matin, c’est le sommet pour le climat, promis par Emmanuel Macron et qui se tient demain à Paris.

Oui, avec cette appellation en anglais qui va faire râler les phobiques de l’anglophonie : le One Planet Summit.

"Deux ans après la COP 21, titrent Les Échos, objectif : sauver l’accord de Paris et accélérer l’essor de la finance verte".
Pour rendre l’évènement plus attrayant, La Provence, l’Union ou encore Aujourd’hui en France mettent en avant le gratin des invités : l’acteur Leonardo di Caprio, le milliardaire Bill Gates, ou encore l’ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.

Mais là aussi, un peu comme pour l’avenir de LR, disons-le, vos journaux sont dubitatifs.
"Un sommet pour quoi faire ?", demande le Parisien.
"Que peut-il apporter de plus que la COP 23 ?", interroge aussi Carole Lardot-Bouillé dans l’Union. Effectivement, la conférence climat qui s’est tenue en Allemagne le mois dernier n’a débouché sur aucune mesure concrète contre la pollution. Alors "que peut bien faire un sommet de plus ?".

Réponse de Nicolas Hulot dans une interview au gratuit 20 Minutes : "cette réunion permet d’avoir des projets concrets, dit-il… La galaxie de la finance doit (…) arriver à changer d’échelle dans la lutte contre le réchauffement climatique".

On a lu plus clair et plus convainquant. Mais pas défaitisme !
C’est le message de Gaël Giraud, économiste à l’Agence française de développement qui répond aux questions de La Croix.
Pas de défaitisme, parce que "La sphère financière a compris que le dérèglement climatique est une menace pour sa stabilité, de même, les assureurs ont, eux aussi, compris qu’un monde avec trois degrés de plus n’est pas assurable".
"Donc certes, la finance est une partie du problème, résume l’économiste, mais elle est aussi la solution".

Sauf qu’à lire les journaux, on voit surtout la partie "problème".

"Réchauffement climatique : l’Europe s’engaze", c’est le titre d’un reportage à lire dans Libération, où, dans la catégorie de ces choses sur lesquelles on n’a pas prise, Aude Massiot raconte comment "un projet de gazoduc reliant l’Azerbaïdjan à l’Italie va bénéficier d’un financement sans précédent de la Banque européenne d’investissement".

"C’est un prêt de 1,5 milliards d’euros, le plus gros jamais accordé par la BEI, explique Libé… Le comble, c’est que le gaz naturel est une énergie fossile dont l’exploitation est fortement émettrice de méthane… Un gaz qui, d’après la Nasa, serait responsable de plus d’un tiers du réchauffement depuis le milieu du 17e siècle".
Projet gigantesque donc, et conséquences absurdes : « dans le sud de l’Italie, 10.000 oliviers vont être "déplacés" pour permettre la pose de l’énorme tuyau gazier.
Photo de Claudio Longo publiée en page 9, qui montre des manifestants, contenus par un imposant cordon de police derrière lequel un camion trace sa route, chargé de dizaine d’oliviers déracinés.

Un article assez déprimant, où l’on vous explique que l’Europe n’a pas forcément besoin de plus de gaz, que sa consommation est d’ailleurs censée baisser, mais qu’à "Bruxelles, le lobby du gaz est dans tous les couloirs pour convaincre les députés du contraire".
Il y a aussi cette représentante d’un comité local italien qui rappelle que les tuyaux traversent des zones sismiques. Ou encore cette ONG qui note que "la commission européenne elle-même a reconnu n’avoir effectué aucune étude d’impact environnementale sur ce pipeline".

Portrait d’un projet "qui ne respecte ni les accords de Paris", ni les engagements qui sont censé être pris demain au fameux One Planet Sumit.
À lire donc dans Libération.

Enfin, ce titre du magazine Néon qui peut faire écho à de nombreuses actualités: "pourquoi a-t-on peur du futur ?".

Oui, "Vous faites peut être partie des deux tiers de français qui, d’après un sondage Opinion Way, déclarent avoir peur de l’avenir, écrit Aurélie Darbouret, et c’est normal, car a priori il y a bien des raisons de s’inquiéter (…) d’ici à 2050, il n’y aura plus assez d’essence pour nos voitures, plus de lithium pour nos portables, plus d’abeilles, plus de poissons, plus d’air pur !

Tout ça sans oublier l’avènement de l’intelligence artificielle et la prise de pouvoir des robots tueurs…
Et pourtant pourtant, que valent ces scénarios puisque, c’est bien connu, "les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir".

Car le futur n’existe pas, rappelle, très "philosophe", le magazine Néon tant qu’il n’est pas advenu, il n’est rien… rien d’autre que la projection de nos obsessions contemporaines".
"Le futur est en germination, ajoute l’historien Mathieu Baudin, il est profondément ce qu’on veut en faire, voilà pourquoi, pour se donner une perspective optimiste, il ne faut pas exciter notre cerveau reptilien…" Alors, en 2018, conclu Néon, évitons l’ulcère et au lieu de ressasser des scénarios catastrophe, imaginons un futur idéal : c’est le seul moyen pour qu’il advienne".
On ne saurait mieux dire….