À la Une : "l’imagination au pouvoir", le slogan très soixante-huitard de la Nuit des Idées

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, "l’imagination au pouvoir" : c’est le slogan très soixante-huitard de la Nuit des Idées

La troisième édition de ce rendez-vous annuel se tient ce soir, un peu partout en France, 150 évènements sont organisés.
Le Figaro vous propose sa sélection des conférences à suivre à Paris.
Libération et l’Humanité publient chacun deux pages de réflexions pour essayer de définir ce que signifie en 2018 "l’imagination au pouvoir".

Et Le Monde s’interroge en page 20 : "faut-il être plus modeste qu’il y a cinquante ans ? Où alors plus fou ?"
Ce qu’il faut, répond le philosophe Frédéric Worms, "c’est avant tout créer un monde vivable".

"À l’heure où les migrants s’entassent à Calais et où les failles climatiques et environnementales se multiplient, ajoute l’essayiste Marielle Macé, nous devons inventer des façons de vivre dans un monde abimé".
Tout un programme !

Alors qu’est-ce qu’un monde vivable ? Pour l’hebdomadaire Le Point, ça commence d’abord par la respect de la vie privée.

"Comment reprendre le pouvoir sur nos données". C’est le titre qui barre la couverture. Dossier sur ces informations que l’on sème gratuitement sur le web sans le réaliser : quand on fait une recherche, quand on parle de soi sur les réseaux ou lorsqu’on fait un achat en ligne. Autant d’indices, les big data, que s’arrachent les entreprises pour créer des produits qui vont attirer notre attention et qui, eux, seront payants.
Alors comment reprendre le contrôle ?
L’hebdomadaire avance une solution : faire en sorte que Google, Amazon, Apple, Facebook et autre Microsoft payent pour obtenir ces données.
Dossier à lire dans Le Point.

Qu’est-ce qu’un monde vivable donc ?

On pourrait dire au vue des Une ce matin, que c’est un monde sans inondations pour Le Parisien, sans prisons surpeuplée pour Vosges Matin, sans chômage pour L’Opinion et Les Échos.

Force est de constater que pour beaucoup de magazines cette semaine, ce qui pourrait "changer le monde", c’est une voix plus forte des femmes.

Vanity Fair donne par exemple, la parole "à ces stars qui ne se tairont plus".
Et puis Courrier International revient sur la mise au jour de multiples cas de harcèlement.
"Un tournant historique", pour la presse en Europe et Aux États-Unis, observé avec scepticisme dans le monde arabe : "à l’heure où de nombreuse femme subissent esclavage et viol systématique, écrit le journal libanais Daraj, ce débat entre féministes sur la limite entre drague et harcèlement est un privilège indécent".

Enfin on peut citer le dernier numéro des Cahiers de la BD, qui, à l’heure où s’ouvre le festival d’Angoulême plaide pour qu’enfin "une femme obtienne le Grand prix (…) d’abord parce que certaines le mérite, écrit Vincent Bernière, et puis tout simplement, parce que ça fera avancer la société".

Et puis, certains ne se contente pas de "penser" un monde vivable : le mensuel Psychologies s’arrête sur ceux qui sont passé à l’action.

Avec ce titre, "Ils sont retournés à la terre".
Portrait de français qui, las de râler sur "ce système qui ne tourne pas rond", ont tout plaqué.

Linda, par exemple "À 30 ans, j’avais tout, dit-elle, un appartement à Paris, un job de développeuse, mais aussi petit à petit le sentiment d’être hors-sol". Progressivement, l’idée que pour changer le monde, il faut revenir à la ferme devient obsessionnelle. Elle a donc tout quitté pour faire une formation et devenir maraichère-bio aux Rufaux dans l’Eure.
"J’ai eu des moments de panique, dit-elle, mais la récompense, c’est l’émerveillement des enfants qui visitent la ferme, les gens qui aiment mes produits et la nature qui s’épanouie devant mes yeux".

Il y a aussi Alexandre, 45 ans, responsable logistique dans une entreprise de vidéoprojecteurs, pris d’un malaise un beau jour devant des containers remplis de déchets informatiques.
"C’était soudain le reflet d’une société complice de l’exploitation et du gaspillage", dit-il.
Pareil, il a tout plaqué pour devenir éleveur de chèvres dans le Sud-Ouest.

Enfin, surprenant aussi, le parcours de Max, 70 ans, publicitaire et directeur associé dans un grand groupe de communication. "J’ai tout connu, dit-il, le succès, la fortune évidemment, et puis progressivement, un immense sentiment de vacuité".
Après une dépression, il donc décidé de créer ce qu’il appelle son "petit monde" en autosuffisance, en Ardèche. Il y vit de son potager, des œufs de ses poules et de l’énergie produite par ses panneaux solaires.
La photo d’illustration permet de constater que la dépression est terminée : il fait le "V" de la victoire, un chapeau en toile dans la main, les genoux noyés dans des plans de poireaux.

Des portraits à lire donc dans le magazine Psychologies.

Enfin, cette information passée inaperçue et pourtant… Des chercheurs auraient enfin percé le mystère de l’origine de la vie.

Tout serait parti de la tectonique des plaques.
C’est en tout cas ce que nous dit le site du magazine Science & Avenir, rapportant une étude menée par des chercheurs du laboratoire Magma et Volcan à Clermont-Ferrand. Grâce au mouvement des plaques, "le manteau terrestre aurait progressivement libéré l’oxygène", nécessaire à la vie il y a 2,5 milliards d’années.

La vie serait donc née au pied des volcans.
C’est aussi ce que décrit Matthieu Grousson dans la dernier numéro de Science & Vie qui sort aujourd’hui…
Des impacts de météorites aux comètes, "depuis quelques années, écrit-il, il ne fait plus de doute que l’espace est la source principale d’ensemencement de la terre en molécules pré-biotiques".
Reste à expliquer l’étape d’après : comment ces petites briques de base se sont assemblées pour former l’ADN ? Comment d’un monde de chimie, minéral et gazeux, a émergé une biologie.

Depuis 1977, on envisageait cette éclosion du vivant au fond des océans, dans les abysses. Mais de plus en plus d’études tendent à démontrer que c’est en surface, sur terre, que la vie serait apparue, "dans de petites sources d’eau chaude, explique Science & Vie, peu profondes, au pied des volcans".

Vous remarquerez la prédominance du conditionnel.
"Aurait", "serait", "pourrait".
Parce que bon, ça a l’air évident, la vie, on l’a tout autour de nous, sous des formes extrêmement plurielles, mais force est de constater qu’on ne sait pas. La seule certitude qu’on ait pour l’instant, c’est que c’est que le phénomène est assez.

Puisque, faut-il le rappeler, de la Lune à Mars, en passant par les anneaux de Saturne, on n’a trouvé nulle part ailleurs que sur la Terre un "monde vivable". Jusqu’à preuve du contraire.