À la Une : l'heure est à l'analyse après l’annonce de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, après l’annonce de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël, vos journaux tentent d’analyser la situation.
Oui et au-delà des conséquences difficilement prédictibles de cette décision, plusieurs éditorialistes se penchent surtout sur le bénéfice immédiat pour le président américain : l’opportunité de changer de sujet.
"Parce que le sort du Moyen-Orient se joue dans les faubourgs de Pennsylvanie, écrit Arnaud de la Grange dans Le Figaro, Trump joue avant tout un coup de politique intérieure, pas fâché sans doute de détourner l’attention de ses ennuis russes".

Même analyse dans La République des Pyrénées pour qui Trump, "embourbé dans l’enquête visant son entourage, fait diversion en créant une polémique". "Il utilise une vielle ficelle", ajoute Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne.

Et il n’y a pas que Trump que l’annonce arrange. Pour Christophe Lucet dans Sud-Ouest, "son allié, Benjamin Netanyahou, accumule lui aussi les déboires".
En fait de "déboires", ce sont plutôt de multiples affaires de corruption.

"Netanyahou peut-il sauter ?", c’est le titre d’un reportage à lire dans Marianne qui raconte pourquoi "le premier ministre israélien fait l’objet d’une contestation grandissante".

"Trop, c’est trop, écrit le journaliste Julien Lacorie, 20.000 manifestants mobilisés samedi dernier pour une "marche de la honte" à Tel Aviv. Tous réclament une opération mains propres et exigent que la justice cesse de trainer les pieds. Leur cible : Bibi Netanyahou.
Au total, explique Marianne, les enquêteurs instruisent quatre affaires de corruption impliquant le premier ministre".
D’abord, le dossier le plus brulant, celui dit "des cadeaux", sous forme de cigares de luxe, de champagne et d’une multitude de repas hors de prix réglés par un milliardaire australien. Des cadeaux pour lesquels la police soupçonne des contreparties.
Deuxième scandale, celui d’un marché conclu avec le patron du journal Yediot, en échange d’une couverture médiatique favorable.
Il y a aussi, les versements de pot-de-vin à l’occasion d’un contrat de trois sous-marins allemands cédés à la marine israélienne.
Et enfin, des transactions troubles avec une compagnie de télécommunication.

Bref, écrit Julien Lacorie, "Netanyahou est cerné de toute part, et l’accumulation de casseroles commence à avoir un impact".

"Commençait" pourrait-on dire puisque depuis deux jours, affaires et mobilisations anti-corruption ont totalement disparu des Unes des journaux israéliens.

Autre titre, l’élection ce week-end pour la présidence des Républicains.

Et pour en parler, vos journaux appuient là où ça fait mal :
Les Échos par exemple titrent "Laurent Wauquiez vise une victoire incontestable", sous-entendu elle pourrait l’être, contestable, avec un faible nombre de votants.
Le Parisien ajoute que "les centristes lâchent Wauquiez". Trop ambiguë vis-à-vis de l’extrême droite.
Il y a aussi Le Figaro qui le qualifie de "grand favori au pied d’argile". Pour preuve ce sondage Odoxa, dans lequel les sympathisants Républicains ne sont qu’un tiers à "souhaiter qu’il soit candidat en 2022".

Pourtant, dans VSD, il a l’air super sympa Laurent Wauquiez.
L’hebdo vous propose la belle histoire d’un "homme au franc-parler naturel qui ne laisse pas indifférent".
Wauquiez sur son en VTT lors d’une balade avec son épouse, papotant avec un habitant du Puy-en-Velay, ou encore posant dans la rue, agenouillé devant des enfants pendant que sa femme tient les vélos…
"C’est elle qui me tient les pieds sur terre, dit-il, elle n’hésite pas à me faire pousser le chariot quand je fais les courses".
Il confie aussi éteindre son portable tous les week-ends parce que "le dimanche, c’est sacré". Il parle soirée crêpes, chorégraphie devant Danse avec les Stars, lecture de Tintin, mais aussi séance de handisport, puisque, précise VSD, "il court régulièrement avec un ami non-voyant".

Ça vous fait sourire ? Vous avez tort. Tout ça est très sérieux et d’ailleurs, en haut lieu, on ne prend pas cela à la légère.

"Macron se prépare au match avec Wauquiez" affirme Le Monde d’après qui, entre deux ventes de Rafale, une visite en Algérie et la sécurisation du Proche-Orient, le président "y pense beaucoup".
"C’est quelqu’un de déterminé et de très organisé, aurait dit le chef de l’État devant des proches, ajoutant qu’il faut le prendre au sérieux »… Le Monde explique que « d’après un membre de l’Élysée, le président a repéré chez Wauquiez des qualités qu’il a lui-même".

C’est là qu’on reste un peu sur notre faim, parce que l’article ne dit pas lesquelles.
Enfin, vous pouvez lire aussi Courrier International qui publie un portrait de Laurent Wauquiez vu par l’hebdomadaire belge Politico. Le dessin résume assez bien le ton de l’article, où l’on voit un Wauquiez dont l’ombre représente en fait la silhouette de Donald Trump.

Enfin, loin des débats politiques, plusieurs magazines s’attaquent d’ors et déjà au sujet brulant du mois : Noël.

Oui, Ça m’intéresse vous propose par exemple de comprendre "pourquoi vous avez besoin d’y croire".
À l’inverse Stylist vous dit "pourquoi vous ne voulez plus fêter Noël".
Le magazine Elle, vous propose également ses pages "SOS Noël : idées cadeaux pop et cool".
Mais l’article à ne pas rater, le vrai sujet de fond, c’est l’enquête de Society sur Mariah Carey.

Mais si ! Vous voyez forcément le rapport, ou alors c’est que vous n’avez jamais fait vos courses de Noël dans un centre commercial.
Le magazine raconte comment son tube insupportable "all I want for Christmas"" a envahi la planète, cette chanson qui "comme la buche, le foie gras ou les engueulades familiales, revient chaque fin d’année dans nos vies au moment des fêtes".

"C’était en 1994, écrivent Grégoire Belhoste et Simon Clair, alors que plus personne ne sort d’album de noël depuis les années 60, la chanteuse et son équipe décident de relancer l’idée. On est alors en juin, les températures grimpent vers la canicule mais Mariah et son compositeur se mettent au travail et écrivent le tube en quinze minutes, mélodies, paroles, et arrangements compris.
Les quinze petites minutes les plus rentables de l’histoire de la musique, car lorsque le morceau sort le 1er novembre 94, il entre aussitôt dans les charts américains.
Puis il revient, pour Noël 95, puis 96, 97, et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui. 16 millions de disques écoulé, 50 millions de dollars de recettes, onzième single le plus vendu de tous les temps, repris, remixé, adapté en dessin animé, en livre, en sonnerie de téléphone et qu’elle chantera sans doute demain à Paris", puisque, oui, Mariah Carey sera en concert à Bercy.

"Plus grande pop star de l’histoire" d’après Time, 270 millions d’albums vendus, et surtout bien d’autres tubes que le sirupeux "Christmas". Comme par exemple "Fantasy".
Un "conte de Noël" à lire dans Society.