À la Une : L'économie française retrouve des couleurs

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, les bons chiffres de l’économie française

Oui, fin d’année oblige, on fait le bilan, et vos journaux constatent qu’après des années de marasme et de Une sur "la crise", et bien "la reprise de l’économie française s’amplifie". C’est le titre des Echos ce matin, graphiques aux courbes ascendantes à l’appui.
Même réjouissance sur le site du magazine Challenges. Libération parle d’une "accélération continue". Et Le Figaro salue un "vent d’optimisme",  "La croissance frôle désormais les 2% par an", écrit le journal qui égrène les chiffres : augmentation du pouvoir d’achat, progression de la consommation des ménages, hausse des investissements des entreprises.

Autant de positivisme que vient tempérer l’édito de Gaëtan de Capèle : "Oui, la confiance est revenu, écrit-il, mais pour autant, il faut bien constater que la France n’a pas encore rejoint le peloton des pays les mieux portants. (…) il convient d’accueillir l’embellie avec lucidité, la France va peut-être mieux, mais elle est loin d’aller bien" Voilà, tenez-vous le pour dit : ça ne va pas bien.

C’est que l’économie est la matière préférée des Cassandre, alors on s’inquiète, comme en témoigne ce point noir relevé par Les Echos : "manque de compétences et de qualifications, les employeurs éprouvent des difficultés de recrutements, les chiffres sur les emplois vacants vont relancer le débat, écrit le journal, 200.000 recrutements auraient été abandonnés faute de candidats adéquats." "Au pays du chômage roi, combien y-a-t-il d’emplois non pourvus en France ? "

On voit venir le débat sur le chômeur qui ne veut pas travailler. Sauf qu’en plongeant dans le cœur de l’article, on comprend que c’est plus subtil que ça puisque ces abandons de recrutement faute de bon candidat ne concernent que 3% à 4% des offres. D’ailleurs, sur le même sujet, le journal La Croix a choisi un tout autre titre : "selon pôle emploi, 90% des offres sont pourvus".

Comme quoi, on dit souvent que les chiffres, c’est du factuel, c’est forcément objectif. Certes, oui, mais, tout dépend comment on les présente.

Bilan économique donc, et bilan politique aussi : rien ne va plus à l’Assemblée Nationale, c’est ce que nous rapporte l’Opinion ce matin.

Avec ce constat sans appel : "Alors que la fin de l’année approche, la majorité est au bord du burn-out". Alors on ne parle pas des députés obligés de manger des pâtes pour gérer les fins de mois difficiles, mais du rythme de travail. "Face au plus gros agenda parlementaires de ces quinze dernières années, écrit Jean-Jérôme Bertolus, les députés sont sur les rotules, et leur vie privée en pâtit : "on est parti pour un nombre de divorces sans précédent", assure François-Michel Lambert, de la République en Marche. Pareil parmi les conseillers ministériel : l’un d’eux qui travaille 18 heures par jours depuis le 15 mai a vu très logiquement son couple se briser, écrit le journal.
"Je n’ai jamais connu ça, raconte Amélie de Montchalin, députée En Marche, c’est plus compliqué que lorsque je travaillais dans un grand groupe où, certes, c’était déjà très intense, mais où on considérait que j’avais le droit de rentrer coucher mes enfants. Un enjeu, dit-elle qui ne concerne pas que les députés, mais aussi beaucoup de professions comme les policiers et les personnels hospitaliers." Commentaire de la secrétaire d’Etat, Marlène Schiappa : "quand on gagne 5.000 euros par mois et qu’on a la chance de représenter le peuple français, se plaindre, c’est choquant"

Il y a donc les problèmes d’agenda, de vie privée, de surmenage, mais il y a surtout un problème de fond, soulevé par le député François Ruffin qui fait lui aussi le bilan dans une tribune publiée par le Huffingtonpost. "L’Assemblée ne fait pas la loi, dit-il, les textes nous tombent tout droit de l’Elysée, la séparation des pouvoirs n’est qu’une fiction, c’est une évidence pour tous. Il ne nous reste que l’apparat. Alors à quoi sert-on ?" Effectivement, c’est peut-être là que se situe la racine du burn-out parlementaire, et pas tellement dans l’agenda.

Les autres titres ce matin, assez éclectiques.

Oui alors plusieurs journaux anticipent sur les élections en Catalogne qui auront lieu demain. C’est la Une de La Croix, par exemple, qui titre "Les catalans face à leur destin".
Reportage à lire aussi dans Libération, où François Musseau raconte "qu’après deux mois de crise intense, des familles entières ne se parlent plus".
Une fracture que confirme aussi Midi Libre par la voix de français installés à Barcelone : "On marche sur des œufs, raconte Thibaut, chaque façade a son drapeau, soit espagnol, soit catalan, certains ne parlent plus à leur voisin à cause de ça" A lire donc dans Midi Libre.

Autre titre, les suites de l’enquête sur l’accident de car scolaire à Millas en Une de la Dépêche du Midi et de l’Echo de la Haute Vienne.

Et puis on compte aussi le lot de sujets quotidiens autour des fêtes de fin d’année. La palme du plus original revenant ce matin à l’Est Républicain, édition de Besançon, qui vous explique que la grande tendance cette année, c’est de faire un repas de Noël entièrement végan. "Sans viande, exclusivement végétal, c’est possible, nous dit le journal, plusieurs chefs ont relevé le défi". En bref, pas de saumon fumé, pas de foie gras, pas de chapon, mais beaucoup de tofu et de lentilles. A lire donc dans l’Est Républicain.

Enfin, on fête aussi un anniversaire.

Oui, celui de Kilian Mbappé, c’est le Parisien qui nous l’apprend avec cet appel en Une : "joyeux anniversaire, champion ! 19 ans et déjà tout d’un grand".
L’attaquant dont le visage est aussi en couverture de France Football. Interview fleuve pour faire le bilan de ses 100 jours au PSG, mais aussi celui de sa jeune carrière et de ce que ça implique comme sacrifices. "Le plus dur, c’est de s’interdire les choses simples de la vie, dit-il, j’ai loupé tout ce qui peut faire le quotidien d’un adolescent normal, plus tard je ne pourrai même pas raconter à mes enfants mes bêtises d’ado, car je n’ai pas eu le temps d’en faire, c’est mon seul regret"

Mbappé qui, malgré l’insistance du journaliste sur le thème "la vie est dure", refuse de se plaindre : "je ne comprends pas ceux qui parlent de sacrifices, dit-il. Pour moi, le vrai sacrifice, ce serait de me lever tôt le matin pour aller bosser, et ça, je ne sais pas si je pourrais le faire." Voilà, lucide et pas pédante, à lire donc dans France Football.