À la Une : le rapport Spinetta sur la SNCF

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, incontournable rapport Spinetta sur la SNCF.

Avec cette question : "Oseront-ils sauver la SNCF ?", elle est en Une du quotidien L’Opinion. Et effectivement, là est tout le problème : oui, il faut sauver la SNCF, sauf que tout le monde n’a pas la même définition du sauvetage. Pour l’Opinion donc, cela passe par les mesures suggérées dans ce rapport "indispensables" : attaquer la dette, ouvrir à la concurrence et surtout revoir le statut des cheminots. Même diagnostic dans le Figaro qui y voit la clé pour "sauver le rail français, monument national en grand péril." Dans l’édito de la Voix du Nord, Jean-Michel Bretonnier salue une "tentative de mettre de la raison dans cette grande affaire qu’est le ferroviaire, même si, dit-il, ce qui parait raisonnable semblera fou aux cheminots, mais aussi à certains élus et à ces français qui vivent loin des grandes villes". Et justement, c’est du côté de la presse régionale qu’on émet le plus de réserves. Le Télégramme par exemple parle en Une d’une "douche froide", l’Ardennais s’inquiète pour son "TGV menacé de disparition" et selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, "la fin annoncée des petites lignes est (littéralement) une condamnation à mort". "Le ferroviaire, c’est aussi une affaire d’aménagement du territoire, rappelle Patrice Moyon dans Ouest-France, si demain des lignes sont fermées, des alternatives devront être offertes." "Parce qu’in fine, ajoute Olivier Pirot dans la Nouvelle République, condamner les petites lignes, c’est aussi condamner les français qui, dans ces territoires, n’ont pas de voiture on imagine mal les futurs concurrents de la SNCF s’aventurer sur des lignes non rentables." "Bref, résume Michel Klekowicki dans le Républicain Lorrain, il est urgent de dialoguer, en ayant bien en tête que, oui, il faut une gestion saine et que le service public n’est pas un gros mot".

Le service public, qui fait la Une d’autres journaux, autour d’autres craintes.

Oui par exemple les fermetures de classes primaires en première page du Courrier Picard, "parents et enseignants protestent, nous dit le journal, contre des fermetures prévues en septembre." Il y a aussi la future carte judiciaire qui a mobilisé les magistrats hier, où l’on craint la fermeture de plusieurs tribunaux. C’est en Une du Bien Public et du Républicain Lorrain. Et puis, il y a également ce titre inquiétant dans Le Figaro : "anxiété, mal être, suicides… Etat d’urgence pour les internes dans les hôpitaux". Une dizaine d’entre eux se seraient suicidés en un an, dernière en date, Marine, 26 ans, qui a mis fin à ses jours à l’hôpital Cochin le 23 janvier, "la goutte d’eau dans un vase déjà plein de tragédies similaires", explique le président de l’intersyndicale des internes. "Un mal être général qui est dû à plusieurs facteurs, écrit Paul de Coustin, d’abord la surcharge de travail, les internes travaillent 60 voire 80 à 100 heures par semaine, il y a aussi le management souvent maladroit de certains médecins qui ne sont pas formés à la gestion d’équipe. Enfin, il y a la réalité du métier : la confrontation permanente à la mort, à laquelle ces étudiants ne sont pas préparés". Et c’est d’autant plus inquiétant que les hôpitaux fonctionnent majoritairement sur le travail abattu par les internes : "ce sont eux qui font tourner les centres hospitaliers, admet anonymement le directeur d’un grand CHU, ils sont nos pions quand on est en situation d’urgence"" Témoignages préoccupants à lire aussi dans le Monde, sur l’hôpital mais aussi sur les EPAHD. Autant de situations auxquelles Marianne consacre justement sa couverture avec ce titre : personnels hospitaliers, mais aussi policiers, enseignants, pompiers : "nos fonctionnaires sont formidables".

Et puis, nous sommes vendredi, jour des suppléments week-end, et cette semaine, ils essayent clairement de positiver.

A l’image du Parisien Week-end qui propose une couverture pleine d’émoticônes rieuses sur l’optimisme : "qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?", demande le journal qui propose quelques témoignages de personnalités qui luttent contre la "pessimiste attitude". Optimiste aussi les Echos Week-end qui vous disent que oui, vous pouvez "redonner le gout de lire à vos enfants". Et puis, il y a le dossier "spécial Russie", du Figaro Magazine, là aussi très positif, qui vous emmène en "visite privée au Kremlin". On vous montre Poutine dans son bureau, Poutine recevant Bachar el Assad, Poutine "athlète sexagénaire" faisant ses exercices de musculation dans la salle de sport de sa résidence de Sotchi, on vous parle de ses deux piscines, son spa, du "soleil de la mer Noire que le président préfère à la grisaille moscovite (…) d’ailleurs, ses deux saisons préférées sont le printemps et l’été". Bon, on a dit "visite privée", c’est une visite ! On n’est pas là pour céder aux sirènes du persiflage. C’est beau, c’est souriant. Et cela contraste avec un autre supplément week-end qui s’intéresse lui aussi à Vladimir Poutine, c’est celui de l’Equipe, l’Equipe Mag qui a enquêté sur "Grigory Rodchenkov, l’homme à cause duquel la Russie n’a pas de délégation aux JO, puisque c’est lui qui a révélé le dopage institutionnel de son pays, et il vit désormais avec une cible dans le dos." Et pour cause, "il accuse toute la chaîne de commandement, écrit Jean-Christophe Colin, jusqu’à Vladimir Poutine, dont il assure qu’il a tout validé". Portrait d’un lanceur d’alerte, ancien patron du laboratoire antidopage de la fédération de Russie, qu’un ex-ministre des Sports a appelé "à fusiller".
A lire donc L’EquipeMag.

Enfin, "l’évènement" du week-end : c’est le nouvel an chinois et le passage à l’année du chien.

Oui, ça détend beaucoup plus. C’est sans conséquence j’ai envie de vous dire, même si sur le site du Point on apprend que, d’après les "prédictions des maîtres feng-shui, ça va être compliqué pour Donald Trump dont les propos pourraient provoquer de vrais problèmes". C’est bizarre, parce que Trump est de 1946, il est donc chien, or, si j’en crois le magazine Elle, l’année du chien pour le chien, c’est idéal, "le voilà prêt à vivre une très belle année, nous dit Elle". Oui, mais "Trump est chien de feu, alors que 2018 c’est chien de terre", précise Le Point, donc ça change tout. Sinon, Le Monde nous met tous en garde : "en matière économique, écrit Florence de Changy, le chien appelle à la prudence." "Les entrepreneurs ont intérêt à privilégier leurs clients les plus fidèles, et ne pas viser des os plus gros que leur gueule, suggestion délivrée par Alec So, économiste pour le courtier CLSA basé à Hong Kong". Bon, l’année du chien sera-t-elle bonne pour la dette de la SNCF et les petites gares ? A quoi peut-on s’attendre pour l’hôpital, les tribunaux et pour l’école ? Ça, l’article ne le dit pas.