À la Une : le pouvoir de dire "non"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, le pouvoir de dire "non".

Dire "non" au harcèlement et aux agressions sexuelles d’abord.
Puisqu’à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Emmanuel Macron doit dévoiler demain un ensemble de mesures.

En attendant, le Parisien met en avant cinq femmes, cinq militantes féministes qui ont lancé plusieurs pétitions pour interpeller le président de la République : "elles veulent un plan Orsec", titre le journal.
Il y a Fatima Benomar qui a récolté 117.000 signatures pour que les policiers soient formés au harcèlement de rue,
Madeleine Da Silva qui a lancé la pétition "viol d’enfant : changeons la loi, car un enfant n’est jamais consentant". 350.000 signatures. Ou encore Caroline De Hass qui réclame plus globalement un plan d’urgence.
Toutes lancent ce vendredi sur les réseaux sociaux une campagne avec le hashtag #Soyez Au Rendez Vous, message adressé donc à Emmanuel Macron.

"Le temps est venu d’agir", titre l’Humanité, qui propose une enquête sur les agressions sexuelles au travail : "10 viols par jour se déroulent sur le lieu de travail : que fait-on ?" interroge le journal.

Que fait-on ? Parce qu’il y a de quoi faire.
Article à lire par exemple, sur le site d’information Les Jours à propos du harcèlement à l’Assemblée Nationale.

Enquête aussi dans Le Monde qui fait sa Une sur "ces ouvrières et employées victimes de harcèlement sexuel".

"Elles ne sont pas actrices, écrit le journal, mais dans leur vie au travail, Madeleine, Marie et Karima, toutes ouvrières, subissent elles aussi le fléau des agressions". Toutes racontent l’impunité de leurs chefs d’équipe, les claques sur les fesses, puis les attouchements, puis les tentatives de viol. Les collègues qui rient, aussi. "Au début, j’ai cru que c’était normal, dit l’une d’elle, c’était mon premier emploi". Après une tentative de viol, elle a fini par porter plainte, mais pour les ouvrières écrit, Le Monde, il faut beaucoup de temps pour dépasser "la peur de perdre son emploi". Et se donner, donc, le pouvoir de dire "non".

Autre titre, le congrès des maires et leur "non" aux réformes de Macron qui s’est un peu dégonflé.

Oui, ça a commencé par des sifflets, et ça s’est fini, faute de mieux, par un prudent "attendons de voir". En tout cas, pour vos journaux, Emmanuel Macron s’en est bien sorti.

"Macron ne lâche rien", constat en Une de la Nouvelle République.
"Il assume", pour Ouest-France, "Il fait face" pour l’Écho Républicain.
Pour Libération, "il a noyé la colère des maires".
Dans La Provence, François Tonneau juge que le président "a éteint toute velléité protestataire des maires".
Tout serait donc réglé avec un discours ? Fini la bronca ?

"Eh bien moi je préfère faire confiance avant de crier, dit au Figaro le maire Jullouville dans La Manche, ensuite, je verrai les actes".
"Il n’est pas le père Noël, ajoute son homologue de Bellefont-la-Roze dans le Lot, mais il nous a promis une liste de cadeau, donc je vais attendre de voir".
Tout ça sans revenir ni sur la taxe d’habitation, ni sur les économies à faire.
Conclusion du maire LR de Châteauroux,  Gil Avérous toujours dans le Figaro : "en fait, ça n’est pas Jupiter, dit-il, c’est Hypnos, beaucoup de paroles pour nous endormir ! Ca n’est pas sérieux".
Certes, m’enfin visiblement, ça marche.
Peut-être parce que, dire "non", c’est fatiguant.

Justement, il y en a un qui est victime d’une "grosse fatigue", étonnamment, c’est George Clooney.

Oui, grosse fatigue, c’est le titre du papier de M le magazine du Monde sur l’acteur américain, visiblement "préoccupé par sa postérité".

"Plus jeune il ne souffrait pas la comparaison, écrit Samuel Blumenfeld, George Clooney se trouvait certain de son talent, mais aujourd’hui c’est différent. À 56 ans, l’âge lui pose problème. Un âge où il se voit davantage scénariste et réalisateur qu’acteur, d’ailleurs, dans son dernier film qui sort le 6 décembre, il n’apparait plus devant la caméra. Et en regardant jouer son acteur, Matt Damon, il ne voyait qu’une chose : il était meilleur que lui".

Grosse fatigue donc. Le journaliste raconte un Clooney blessé, qui se découvre jaloux, envieux du jeu des autres et qui se sait proche de la sortie : "il va falloir arrêter, confie l’acteur, j’ai commencé très tôt, à la télé, avec Urgences, or cette série c’était l’équivalent de 11 longs métrages à chaque saison, c’était trop, je ne m’en suis jamais tout à fait remis".
"Soyons lucide, ajoute-t-il encore, pour moi c’est terminé".

Pourquoi tant de dénigrement ? Peut-être cette phrase de son père, Nick Clooney, alors qu’ils discutaient tous les deux de l’héritage qu’il pouvait laisser au cinéma : "mon pauvre garçon, prend un peu de recul, tu comprendras que tu n’es pas grand-chose". Peut-être aussi le choc de l’élection de Donald Trump. Un président qui dénonce l’élite hollywoodienne déconnectée.
Trump, qui a son étoile sur Hollywood Boulevard. Clooney, lui, attend toujours la sienne. "Quand il le précise, écrit le journaliste, c’est avec une boule dans la gorge, puis il reprend ses esprits : "à 56 ans, il n’est pas encore trop tard, non ?"
Portrait d’une très grosse fatigue donc, à lire dans M, le magazine.

Enfin, ce titre : dire "non" au Black Friday.

On vous en gave et sur-gave depuis des jours, eh bien, ça y est, ce matin, ça déborde : "Black Friday : les enseignent se fichent de vous !", alerte le mensuel Capital sur son site.
Même chose en Une du HuffingtonPost qui vous explique "comment le black Friday a été monté de toute pièce par le marketing". "Ça marche, explique Jean-Baptiste Duval, parce que la grande distribution comble un vide de calendrier, avec Noël, en ligne de mire, elle en a besoin en cette période de l’année".

"À force de promotions, on peut se demander si le juste prix n’est pas finalement le prix soldé,  écrit Florent Steinling dans Nord Éclair, peut-être que, quelque part, on se fait avoir à longueur de temps mais, après avoir écrit ces quelques lignes, j’ai deux-trois bonnes affaires à aller dénicher, conclue, le journaliste avec ironie, c’est qu’il faut bien remplir la hotte du père Noël".
Certes, mais, parce que consommer, c’est un peu choisir le monde dans lequel on veut vivre, on peut aussi passer son tour, et utiliser le pouvoir de dire "non".