À la Une : le plan d’Emmanuel Macron pour les quartiers populaires

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Et d’abord, cette question : comment rester concentré ? "Comment lutter contre la dispersion ?"

C’est le lourd sujet, qui nous concerne à peu près tous, auquel s’attelle ce mois-ci la revue Sciences Humaines, avec un dossier de 22 pages sur la psychologie de l’attention : "Qu’est-ce que l’attention ? C’est l’idée, explique Marc Oland, de se concentrer sur un but à la fois, de faire le tri entre l’essentiel et l’anecdotique. Or, l’opération est d’autant plus difficile qu’au quotidien de multiples éléments sont susceptibles de nous disperser : la jungle de nos pensées par exemple, mais aussi tout un tas de stimuli externes, comme les messages publicitaires, une télé allumée, les fenêtres qui s’ouvrent sur internet sans qu’on n’ait rien demandé". Mais, le magazine dédramatise : "il arrive à tout le monde de retenir des informations non-pertinentes, et inversement, il arrive aussi à tout le monde de passer à côté d’évènements manifestes". Rester concentré donc… À regarder la presse ce matin, la tâche n’est pas simple, chaque rédaction ayant son idée bien précise de ce qui est important, de ce qui est capital, de ce qui doit retenir absolument votre attention. A la Une du Figaro, par exemple, ne pas oublier trop vite l’affaire Weinstein : "Hollywood est dans la tourmente, écrit le journal, acteurs remplacés, humoristes bannis, réalisateurs chassés des studios, les révélations en cascade bouleversent l’usine à rêves de l’Amérique". Pour Les Échos, ce sont les Paradise Papers sur lesquels il faut rester concentré : "Évasion fiscale : la riposte politique va s’intensifier dans les prochains mois, dit le journal qui explique que l’OCDE veut renforcer la coopération entre les pays pour identifier ceux qui se cachent derrière les trusts localisés dans les paradis fiscaux". Ne pas tourner la page trop vite donc. Dans Le Courrier Picard, Jean-Marc Chevauché écrit que "ce qui doit retenir l’attention, c’est surtout la perquisition chez Lafarge, le cimentier français a lui-même reconnu avoir financé Daesh, dit-il, cette affaire ne peut pas, ne doit pas, être abandonnée". Il y a aussi Midi Libre qui rappelle qu’en Méditerranée, le cap des "50.000 migrants morts a été franchi". Ouest-France qui insiste dans son édito sur la famine qui menace sept millions de personnes au Yémen. Ou encore La Croix et l’Écho de la Haute-Vienne qui font leur Une sur la COP 23 et l’alerte climatique. Autant de dossiers tous plus importants les uns que les autres et qui réclament évidemment toute votre attention.

Et puis il y a cette enquête inédite de Libération : "harcèlement sexuel au MJS, huit femmes accusent".

Oui, on en parlait dans le journal de 8h, elles accusent l’ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes, Thierry Marchal-Beck. Et les témoignages sont sans ambiguïtés. Exemple avec celui de Blandine : "Il m’a plaquée dans un coin, raconte-t-elle, passant ses mains sous mon t-shirt, sur mes seins, mon ventre et m’expliquant que j’avais tellement bu que je ne me souviendrais de rien. Mais je n’étais pas saoule et je me souviens de tout". Comme Louise, Hélène ou encore Diane. Des agressions qui s’étalent de 2010 à 2014. Libération parle de plusieurs années "de duplicité au sein du mouvement socialiste (…) les alertes sonnent dans le vide, écrit Laure Bretton, les dirigeants ont tendance à les ranger un peu vite dans la catégorie "instrumentalisation politique". Pourtant, la meilleure preuve que certains ont conscience du problème, c’est que le MJS finira par mettre ne place un système de protection autour de Thierry Marchal-Beck, par exemple, quand il se déplaçait en province, une bulle de sécurité était mise en place pour être sûr qu’il rentrait bien dormir sans déraper. "Quand il était lourd, raconte un permanent, je le prenais entre quatre yeux et je lui disais ‘maintenant, tu arrêtes tes conneries’"". "Dans le monde de la mafia, cela s’appelle l’omerta, la loi du silence", écrit Alexandra Schwartzbrod dans son édito, ajoutant qu’il revient désormais à la justice d’y porter toute son attention et d’agir.

Autre titre, cette fois abordé par tous vos journaux : le plan d’Emmanuel Macron pour les quartiers populaires.

En Une par exemple de La Nouvelle République qui titre sur "les solutions d’Emmanuel Macron pour changer les quartiers". Le Monde publie une photo de l’intéressé entouré de jeunes pour une séance "selfies" et note qu’il "tente ainsi d’échapper à l’image de président des riches". Dans Nord Eclair, Anne Courtel souligne qu’à Tourcoing, les habitants "étaient nombreux à l’accueillir et à lui exprimer leurs espoirs. Preuve, dit-elle, qu’ils ont encore foi dans des élus et une République qu’ils conspuent parfois". La Voix du Nord parle d’une visite "plutôt bon enfant, même si la présence de la police était importante et bien visible. "C’est un bon président, juge Malika qui a eu la chance de l’approcher pour lui parler coupes budgétaires et emplois aidés, il a pris le temps de nous écouter, il n’a pas fait semblant et j’ai été touchée"".
Dans Le Parisien, le maire de Clichy-sous-Bois, veut croire en l’implication présidentielle : "il était temps, confie Olivier Klein, ça redonne confiance". "Il y a une petite phrase effectivement qui donne le sentiment que quelque chose va changer, écrit Nicolas Beytout dans l’Opinion, c’est que, ce qu’il faut, d’après le chef de l’État, ce n’est pas une politique sociale mais une politique économique, voilà ce que doit être une vraie politique de la ville, dit-il". "Il n’empêche, si le plan présenté hier a de quoi séduire, conclue Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute Marne, une bonne dose de prudence s’impose. Comme on dit communément : on attend de voir".
On en revient finalement au dossier de la revue Sciences Humaines dont je vous parlais au début de cette revue de presse : il faut rester concentré, ne pas se disperser. Comment fait-on d’ailleurs ? Le mensuel a posé la question à Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences à l’Inserm : "la concentration n’est pas un muscle, mais ce n’est pas non plus un phénomène abstrait, dit-il, il y a des rouages, et la clé de la concentration, c’est l’intention. On ne peut être concentré que si l’on a une intention très claire concernant ce que l’on cherche à faire. Quel est le résultat que je vise ? Que dois-je faire dans ce but-là ? C’est cette opération mentale qui permet au cerveau de déterminer chaque seconde ce qui est important et ce qui l’est moins". Deux pages plus loin, Sciences Humaines vous propose aussi la méditation de pleine conscience, très efficace, parait-il, pour ne pas se disperser et canaliser son attention. Bref, méditez si vous le sentez, et surtout, malgré l’appât des distractions, restez concentrés.