À la Une : le plan de départs volontaire envisagé dans la fonction publique

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, le plan de départs volontaire envisagé dans la fonction publique.

"Sortez ! On ferme !" c’est le titre en Une de l’Humanité pour qui "plan de départ volontaire est une formule explosive". "Même la droite n’avait jamais osé aller si loin !" s’indigne Patrick Appel-Muller dans son édito.
Justement, pour Les Échos, avec cette annonce, "Macron brise un tabou".
Un mot que l’on retrouve également en Une du Figaro qui y voit "Un projet sans tabou".
Trois journaux qui parlent aussi de "big bang" dans leurs pages intérieures, là où l’Opinion préfère l’expression "guerre autour du statut des fonctionnaires".

L’Opinion qui salue "une révolution" mais en même temps met en garde l’exécutif : "attention, écrit Rémi Godeau dans son édito, attention à ce que trop d’audace ne tourne à l’impasse (…) le gouvernement n’est pas à l’abri d’un effet de sélection inverse.. En clair : payer très cher pour laisser partir les meilleurs ou appauvrir des secteurs déjà en sous-effectifs comme l’hôpital".

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive va dans le même sens en ajoutant à l’hôpital, les policiers et les magistrats.

"Sans compter les gardiens de prisons, note également Stéphane Bugat dans le Télégramme, parce que certes, il est de bon ton de décrier les fonctionnaires, mais c’est surtout sur les postes manquants que l’actualité met l’accent".

Le Télégramme qui, pour allonger la liste, a choisi de mettre en Une la photo d’une enseignante, devant son tableau noir, la tête dans la main.

Justement, qui dit "enseignant", dit "éducation", et c’est l’autre titre du jour.

Oui, l’éducation, non pas en France mais pour l’Afrique.
Sujet en Une de La Croix, de Libération ou encore de l’Opinion puisque le chef de l’État entame une visite de deux jours au Sénégal sur ce thème.
Objectif : lever des fonds, plusieurs milliards espère l’Élysée, pour "répondre à des besoins énormes", dit l’Opinion.
Et à lire les témoignages d’enseignants publiés par La Croix, on comprend qu’il y a urgence.

Denis Ouedraogo, par exemple, instituteur au Burkina Faso. 70 élèves dans une classe de 28 m². "Imaginez tout ce monde serré là-dedans, dit-il, sachant qu’un tiers des élèves parcours chaque jour sept kilomètres à pied pour venir".
Et puis il y a Mary Lihanda, institutrice dans un bidonville à Nairobi au Kenya. "Travailler ici, dit-elle, c’est bien plus que simplement enseigner les mathématiques. Parce que ces enfants ont vu trop de choses, ils savent trop de choses pour leur âge". Le dénuement complet, les parents qui disparaisse, l’argent volé pour payer l’école.

Autant d’exemple qui intéressent semble-t-il vivement l’Élysée.
Pour une question d’image, d’après Libération, "Emmanuel Macron veut surtout conforter ce qu’il appelle lui-même son leadership international", écrit Alain Aufray.
"Parce que l’école est un atout formidable, ajoute Pascal Airault dans l’Opinion, formidable pour favoriser l’emploi des jeunes et in fine limite l’immigration".

Enfin, il y a l’analyse du Huffington Post : "si Macron va au Sénégal, titre le site d’information, c’est pour tenir la promesse faite à Rihanna.

Eh oui ! Vous l’avez pas vu venir, et pourtant, "agir en faveur de l’éducation", c’était précisément la demande formulée par la chanteuse lorsqu’elle est venue à l’Élysée en juillet. Le HuffPost rappelle qu’Emmanuel Macron lui avait promis d’augmenter l’enveloppe de l’aide au développement. Rihanna, Riri pour les intimes, qui sera d’ailleurs présente à Dakar, et qui pourrait accompagner le chef de l’État dans un de ses déplacements. Enfin, ça c’est ce qu’on espère à l’Élysée, explique le site.

À noter enfin le dernier numéro du Point et son dossier de couverture intitulé "le siècle de l’Afrique". Où l’on parle là aussi, éducation, formation et immigration.

Sinon, à en croire la presse, le vrai sujet, le vrai scandale, c’est qu’il fait gris.

On l’a tous vaguement remarqué et l’affaire est en Une du Maine Libre : "34 heures de soleil seulement"
Pareil pour l’Yonne Républicaine avec ce titre, sous la photo d’une dame cachée par son parapluie : "nous n’avons eu qu’une heure de soleil par jour en janvier".
On a envie de dire aux Icaunais que, vu de Paris, une heure par jour, c’est énorme !

Le Parisien justement, sous le titre "cri du cœur", "marre de cette pluie", vous propose quelques conseils pour "vaincre la grisaille" : cherchez la lumière, ne restez pas dans des pièces sombres. C’est pas faux. "Bougez-vous", faites du sport, "mangez chaud", évitez les plats froids, mais aussi "faites des câlins".
"Ça ne permet pas de résoudre la dépression saisonnière, reconnait le consultant en neuroscience interrogé par le Parisien, mais, cela fait partie de ces petites briques qui, ajoutées les unes aux autres, permettent d’être plus épanouie". Des "câlins" donc. Attention toutefois, n’oubliez pas que, grisaille ou non, votre partenaire doit être consentant. C’est toujours bon de le rappeler.

Le Parisien dont le supplément Week-end suggère un autre remède anti-déprime : le couscous.
Parce que "le couscous, c’est nous", titre l’hebdo, témoignages de chef et astuces pour le cuisiner.
Au veau et aux légumes, au poisson, à l’agneau, sans viande ou encore à la saucisse Morteau.

Enfin, Autre option, si vous ne voulez pas cuisinez, le magazine Usbek & Rica suggère une autre activité : le stage de survivalisme.

Oui, autrement dit l’idée de pouvoir se débrouiller en cas de désastre.
Ça n’a l’air de rien mais « plusieurs écoles fleurissent aujourd’hui et propose des week-end de formation, écrit la journaliste Etaïnn Zwer qui raconte son week-end dans le Périgord avec Denis Tribaudeau, l’expert français de la survie.
Pas de vivres, pas d’eau, pas de téléphone, juste un duvet, un k-way, un couteau et un recueil de René Char, "en trente-trois morceau".
Les profils des autre stagiaire sont variés, écrit-elle : un urgentiste, une jeune réserviste, un père qui se dit soucieux de pouvoir protéger sa famille "au cas où". La journaliste apprend à fabriquer des pièges à oiseaux, note le nom des plantes comestibles et médicinales : ortie, achillée, ou encore toile d’araignée… On ramasse des châtaignes, des carottes sauvages, des grillons. On apprend à dépecer un lapin pris dans les filets dès l’aube. C’est supportable mais ça devient vite lassant, explique la journaliste d’Usbeck & Rica qui veut rentrer chez elle.

Au retour, tout prend une dimension divinement agréable : la douche, le repas, une cigarette.
"Au fond, ceux qui font ce genre de stage extrême cherche la confiance en soi, on vient ici pour éprouver notre capacité de transformation, jouer à la survie fait l’effet d’un rituel, entre épreuve et méditation… Je conseille à tout le monde de s’y frotter, conclue-t-elle, tout en espérant sincèrement que nous n’aurons jamais à survivre dans les bois".

Enfin, moins violent, plus accessible et très efficace, le conseil de Jean Dujardin dans Psychologies Magazine : "Simplement regarder le ciel et toucher les arbres. Autrement dit, profiter des choses gratuites qui font du bien".