À la Une : le choc politique qui secoue l’Italie

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, vos journaux reviennent sur le choc politique qui secoue l’Italie.

"Un cataclysme électoral" titre Le Monde en Une.
"Impasse", pour Ouest-France.
 "Fracture", pour les Dernières nouvelles d'Alsace.
"Désastre" ajoute l’Humanité qui, carte à l’appui, titre en page 5 : "au Nord, les xénophobes, au sud, les démagogues".
"L’Italie est devenue un pays "vaffanculo"", lance vulgairement Marianne sur son site.
Bref, on rivalise de qualificatifs mais l’idée est la même comme le résume Sud-Ouest, "l’Europe est face au défi populiste".

Pour l’incarner, portrait de Matteo Salvini, "l’Italien qui fait trembler l’Europe" dans Libération. "Leader populiste du parti d’extrême-droite, il pourrait diriger le futur gouvernement, écrit le journal, et fragiliser la relance européenne voulue par Merkel et Macron".

Justement, le quotidien L’Opinion tire de ce scrutin "sept leçons pour Macron".
D’abord le syndrome de "l’étoile filante", écrit Jean-Dominique Merchet, référence au sort du démocrate Renzi, adulé il y a deux ans, mais grand perdant hier.
Autres leçons, "l’immigration mal vécue", le fait que "de bons résultats économiques ne font pas une victoire", ou encore "les risques de la proportionnelle", parce que "si l’Italie est une nouvelle fois ingouvernable, écrit l’Opinion, c’est qu’elle est victime de son mode de scrutin, cette proportionnelle qui ne permet pas de dégager de majorité, phénomène que l’on retrouve aussi en Allemagne et aux Pays-Bas".
De quoi mettre en garde le chef de l’État, qui a promis d’introduire une dose de proportionnelle aux législatives.

C’est l’une des mesures de la réforme constitutionnelle, dossier justement présenté aujourd’hui aux élus par Édouard Philippe et qui fait couler beaucoup d’encre ce matin.

Ll’instauration d’une dose de proportionnelle donc, la limitation du nombre de mandats dans le temps, mais aussi la réduction du nombre de parlementaires, une mesure à propos de laquelle on retrouve dans la bouche du communiste André Chassaigne, le même mot que celui utilisé ce matin pour parler de la situation italienne : "populisme", dit-il à nos confrères de La Croix, "c’est une mesure populiste qui fait plaisir à l’expression d’une forme d’antiparlementarisme".

En voulant lutter contre la tentation populiste, Macron serait lui-même populiste ?

C’est aussi ce que dit en creux, Gérard Larcher, le président du Sénat auquel le Figaro consacre un long portrait : "nous n’avons pas mandat pour nourrir l’antiparlementarisme et le populisme par effet de mode, dit-il à la journaliste Marion Mourgue, si à chaque fois qu’il y a un désaccord, la seule réponse qu’on nous fait c’est "le conservatisme de l’ancien monde", on ne va jamais y arriver".
Il est remonté Gérard Larcher, pour l’occasion, Le Figaro lui offre le titre de "l’homme qui dit non à Macron". 
"Premier interlocuteur du Président, acteur central du jeu politique, vigie du fonctionnement démocratique des institutions (…) l’homme a d’ailleurs ses réseaux et ses soutiens", nous dit le journal.

On n’est pas loin de "Larcher 2022". Laurent Wauquiez n’a qu’à bien se tenir !
Portrait de l’autre opposition de droite à Emmanuel Macron. À lire donc dans Le Figaro.

Et puis, autre titre ce matin, la lutte contre le harcèlement à l’école.

C’était le thème du déplacement de Jean-Michel Blanquer hier au lycée Carnot à Dijon, mais ce qui fait parler ce matin eh bien c’est surtout la présence à ses côtés de la première dame de France.

"Brigitte Macron s’engage", en Une du Bien Public et du Journal de Saône-et-Loire. 
Le Progrès parle même "d’un effet Brigitte Macron pour lutter contre le harcèlement".
Est-ce à dire qu’elle a convaincu les harceleurs d’arrêter ? L’article ne le dit pas.
En revanche, "l’effet Brigitte", ce sont ces ados survoltés hier en voyant la première dame, pardon. "La rock star" écrit le Progrès.
"En fait, Brigitte, elle est super fraiche", s’exclame deux adolescentes.
"C’est le plus beau jour de ma vie !", lance une autre en quête d’un selfie.
Enfin, ma préférée, captée par Le Figaro : "wesh, j’étais tout près d’elle, j’adore ma vie !".

Autant de commentaires qui nous ont bien éloignés du sujet.

Le harcèlement scolaire, qui est abordé dans un tout nouveau magazine WeBuzz qui s’adresse justement aux ados.
Témoignage par exemple de Mathilde, 14 ans, moquée pour son physique et qui raconte son calvaire au collège, insultes, coups, harcèlement sur Facebook : "j’avais honte, dit-elle, ça peut sembler fou, mais j’en étais arrivée à me dire que je n’aurais pas du naitre".

Et puis, pour compléter, il y a aussi le dossier de la revue Sciences Humaines qui explique qu’un élève sur dix serait victime de harcèlement mais qu’il n’y a pas de données disponible pour dire si le harcèlement progresse :
"le milieu scolaire n’a jamais été exempt de violence, rappelle le magazine,
ce qui est nouveau, c’est d’abord l’intérêt que ces faits suscitent (avant on ne s’en préoccupait pas),
et puis, c’est l’attitude des jeunes, leur quête de popularité, cette course à la réputation qui est devenue pour la génération de l’an 2000 une priorité relevant presque de la survie psychique".
Autrement dit, sermonner un enfant harceleur en lui expliquant qu’il fait souffrir ne sert à rien, tant qu’il pense devenir populaire en le faisant".

Dossier très éclairant donc à retrouver dans la revue Sciences Humaines.

Enfin, puisqu’on a commencé sur l’Europe, on finit sur l’Europe.

PSG-Real Madrid, en Une de l’Équipe évidemment, avec ce titre "à refaire !". Bon, évidemment on ne parle pas de reproduire la défaite de la dernière fois hein mais plutôt la victoire de 1993.
4-1 contre le Real au Parc des Princes en quart de finale de la Coupe de l’UEFA. Interview notamment de David Ginola à qui ça met quand même 25 ans dans les mirettes.

Ginola aussi dans le Parisien qui réclame ce matin en Une "l’union sacrée derrière Paris".
Alors "l’union sacrée", c’est bon pour Sud-Ouest qui juge que "c’est réalisable", et pour le Républicain Lorrain qui "y croit".
En revanche, ce sera sans La Provence qui a choisi le Real, pas contre le PSG mais pour l’enfant du pays : "tous avec Zizou !" titre le journal.
C’est pratique : ça fait une victoire à célébrer quel que soit le résultat.
Vu le marasme ambiant en Europe, ça peut pas faire de mal.