À la Une : le champion français du palmarès 2018 des milliardaires

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

On commence par le magazine Forbes qui met en couverture le champion français du palmarès 2018 des milliardaires.

Bernard Arnaud, PDG de LVMH et 4e homme le plus riche du monde, avec 60 milliards d’euros.
C’est 70% de plus que l’an passé et ça le fait passer devant le patron de Facebook, Mark Zuckerberg.

Bernard Arnaud qui confie à Forbes la recette pour en arriver là : "le sens de la transmission et la responsabilité, des valeurs cardinales, dit-il".

En revanche, pas question de suivre la nouvelle passion des milliardaires américains pour la philanthropie. Ces Bill Gates et autres Warren Buffet qui se sont engagés à céder une partie de leur fortune à des œuvres de charité : "tout ça est lié à la culture américaine, dit-il, en France, la redistribution prend d’autres voies, notamment fiscale. Moi mon engagement, c’est de faire en sorte que mon groupe améliore encore son avance dans le monde".

Et oui, on n’est pas là pour faire de l’humanitaire.
Et puis c’est déjà bien de se dire qu’on a autant de premiers de cordée en France !
Françoise Bettencourt, 35 milliards avec l’Oréal, François Pinault, 23 milliards, Serge Dassault, 19 milliards, Emmanuel Besnier, 12 milliards avec Lactalis.
La France va bien, "les riches sont de plus en plus riches, écrit Forbes, puisqu’au total, les 40 premiers patrimoines français ont cru de 30% en 2017".

"Notre pays place deux de ses enfants dans le top 20, note le magazine, l’Allemagne, aucun. La Grande-Bretagne, zéro. L’Italie, niente. Mais les Français en seront-ils aussi fiers que de leurs médailles olympiques ? Ce n’est pas entièrement certain".

Eh oui, "parce que l’argent, ajoute Joël Morio dans le supplément Argent du Monde, l’argent reste largement tabou en France" et de se demander si "la nouvelle génération, biberonnée aux smartphone, entretiendra, comme ses ainés, une relation si compliquée avec lui".

Le Monde Argent qui fait sa Une sur "l’art, dernière valeur refuge".

Où l’on apprend qu’en 2017, les ventes aux enchères ont engrangé près de 15 milliards d’euros, c’est 20% de plus que l’année précédente.
Mais, au-delà des De Vinci et des Picasso, le bon placement, l’investissement à faire d’après Le Monde, eh bien c’est le dessin :
"une bonne entrée en matière pour ceux qui rêvent des grands noms sans en avoir les moyens". Par exemple, ce "superbe portrait au pastel dessiné par Le Brun, écrit le journal, l’estimation varie entre 70.000 et 100.000 euros, mais ! le même portrait en peinture couterait 300.000 euros".

Voilà, toi le jeune, toi la nouvelle-génération-biberonnée-au-smartphone, tu sais ce qu’il te reste à faire.

On rigole, on taquine mais, en réalité, le monde des milliardaires est très cruel.

En témoigne la bataille que se livrent les groupes de Martin Bouygues et Vincent Bolloré autour de la diffusion des programmes de TF1.

"Les téléspectateurs sont pris en otage", c’est le titre choisi par Var-Matin.
Une affaire qui est aussi en Une du Dauphiné, de l’Alsace et du Progrès.

"Au total, douze millions de cerveaux disponibles pourraient manquer à TF1, écrit Maurice Bontinck dans la Charente Libre, 12 millions parce qu’après Canal, c’est Free (le groupe d’un autre milliardaire Xaviel Niel) qui menace de ne plus diffuser".

Une bataille de gros sous, qui n’est "que l’énième bras de fer dans la guerre que se livre depuis des années Martin Bouygues et Vincent Bolloré", c’est le magazine Capital qui nous le dit, notant que "pourtant, ils auraient pu être amis, eux qui se sont connus dès l’école primaire".

On ne va pas refaire l’histoire. En attendant, "il y a urgence, juge le site d’information Les Jours, l’urgence, c’est le spectacle des Enfoirés, prévu vendredi, la nouvelle saison de Grey’s Anatomy mercredi et surtout le retour de Koh Lanta, lundi. Autant dire l’horreur".

D’autant que le groupe TF1, ça n’est pas que Koh Lanta.

C’est aussi (moins spectaculaire) le grand débat entre les quatre candidats au poste de premier secrétaire du PS, débat qui sera diffusé sur LCI, chaine donc du groupe TF1.

Un évènement qui passionne vos journaux ce matin :
"Le PS cherche sa voix", en Une de Libération.
"Les candidats croisent le fer", nous disent les Échos.
"Ils vont tenter de raviver la flamme", pour le Parisien.

Le Figaro est plus radical et parle en Une de "descente aux enfers".
"Le décor de Solférino a été vendu, les premiers rôles ont pris leur retraites, et le public lui-même a choisi l’économie de moyens : il a quitté la salle", écrit, narquois, Vincent Tremollet dans son édito.

Le message est clair : le PS, c’est terminé, c’est pas intéressant. 
Pourtant le Figaro a pris la peine de lui consacrer sa Une, deux pleines pages, et même de commander un sondage.
"De Luc Carvounas, Olivier Faure, Emmanuel Maurel ou Stéphane Le Foll, lequel ferait le meilleur premier secrétaire ?"
Le journal titre sur le fait que "Le Foll écrase ses concurrents". Mais à bien y regarder, c’est la colonne "ne se prononce pas" qui est la plus haute : 80% pour l’ensemble des personnes interrogées, et 53% pour les sympathisants PS.
À se demander pourquoi on y consacre encore tant d’espace.

Enfin, autre situation moribonde : la défaite du PSG.

Eh oui, "pas de miracle", titre le Huffington Post.
"Paris perdu", pour le Parisien.
"Paris humilié" pour Midi Libre.
"Par ici la sortie", pour l’Est Républicain.

À Marseille, en revanche, le journal La Provence a bien fêté ça, un peu trop peut-être vu le billet de Franz-Olivier Giesbert, intitulé "poème à Zizou".

"Tu es le vent qui court, l’avènement du jour, la fontaine qui chante, la vague déferlante", ça se fini sur "donne nous tes soleils, qu’on s’habille de vermeil". C’est gênant, ça se passe de commentaires.

À signaler tout de même la Une du journal sur "La dégringolada" du PSG, "un sévère camouflet pour le richissime club".

"Tout ça pour ça", résume l’Équipe où Vincent Duluc rappelle "les investissements massifs et la folie des grandeurs de l’été dernier (…) il est tentant dit-il d’écrire que le PSG a dépensé 400 millions d’euros pour rien. Mais il y a aussi la malchance, la blessure de Neymar, et une direction sportive trop faible".

La chance, la créativité, l’inventivité, la camaraderie et la complicité. Ces deux trois choses qui font la différence, et que l’argent n’achètera jamais.