À la Une : l’argent ne fait pas le bonheur mais, indéniablement, il y contribue !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, on parle beaucoup d’argent.

Oui, chacun essaye de désigner ceux qui profitent et ceux qui sont floués.

Alors évidemment, il y a ces 96 médias du monde entier qui continuent de feuilletonner le contenu des Paradise Papers. En France, le journal Le Monde détaille les pratiques d’optimisation du premier des premiers de cordée, Bernard Arnaud.
Mais il y a aussi ceux qui n’ont pas eu accès aux Paradise Papers et qui tentent malgré tout de répondre à la question de savoir : qui profite du système ?
Vous trouverez donc en Une du Point par exemple ce dossier : "absentéisme, bonne planque, emplois non pourvus, enquête sur la France qui ne fait pas 35 heures, enquête sur les fainéants".

Et puis il y a aussi le dossier des Échos, qui là non plus ne concerne pas l’évasion fiscale mais "Le vrai bilan du contrôle des chômeurs". "En un an, le dispositif a conduit à 14% de radiations pour 270.000 contrôles".
Il faut aller dans le corps de l’article pour lire que "ce bilan ne fait pas ressortir la présence de bataillons de profiteurs dans les rangs de Pôle emploi. Puisque neuf personnes contrôlées sur 10 ont prouvé qu’elles "cherchaient vraiment un emploi".
Un bémol toutefois : l’article ne dit pas combien ces contrôles anti-fraude permettent d’économiser. Dommage, vu que c’est le cœur du sujet.

Et puis, autre dossier sur "ceux qui profitent", cette fois en Une de Sud-Ouest : "TVA : la traque aux fraudeurs".
Alors, attention, on ne parle pas de la fraude dite "légale", qu’on fait passer par Malte ou l’île de Man, non… On parle de celle des commerçants et artisans.
Et contrairement aux Échos, Sud-Ouest à un chiffre, "le montant annuel de cette fraude s’élèverait chaque année à 17 milliards d’euros". Une somme colossale qui se rapproche nettement des 20 milliards d’euros d’optimisation estimés par les Paradise Papers.
Malgré cela, sur le marché de Libourne en Gironde, entre la poissonnerie et les primeurs, "la fraude à la TVA, ce cash qui s’évapore des tiroir-caisses, c’est un sujet tabou", affirme Sud-Ouest qui note que l’achat obligatoire de caisses anti-fraude en agace plus d’un, et pour cause confie un "jeune boucher : "ça va nous couter 1.500 euros par caisses, dit-il, on en a six, c’est donc beaucoup d’argent"". À côté de lui, un homme se frotte les mains : Yvon Dosière, le commercial qui équipe en nouvelle caisses la quasi-totalité du marché, "quoi qu’il arrive, conclu le journal, c’est lui le vrai gagnant avec l’État bien sûr".

Toujours à propos d’argent et de ressources, l’autre titre du jour c’est la pauvreté.

"Malgré la reprise, elle résiste", titre le Courrier de l’Ouest.
"En France, la pauvreté ne recule pas", ajoute Ouest-France.
C’est le constat dressé par le Secours Catholique qui rend aujourd’hui son rapport annuel.
Interview de sa présidente, Véronique Fayet  : "Neuf millions de personnes vivent toujours sous le seuil de pauvreté, dit-elle, c’est-à-dire avec moins de 1.015 euros par mois, sachant que le revenu médian des ménages que nous accueillons est de 548 euros par mois, autrement dit 3 euros de plus seulement qu’il y a cinq ans".
trois euros en cinq ans, voilà qui donne tout leur relief aux cinq euros de baisse des APL.

Et puis l’autre titre qui fait la Une de beaucoup de journaux ce matin : le harcèlement scolaire, puisque ce jeudi est la journée mondiale de lutte contre la violence scolaire.
Photo d’un enfant se faisant molester, en Une de La Montagne.
Photo d’une ado recroquevillée sur elle-même, pour Midi Libre.
Même illustration pour 20 Minutes et l’Est Républicain qui précise qu’en France "on estime la part d’élèves victime de harcèlement à 15% en école primaire, 10% au collège et 5% au lycée".

Un fléau qui touche les enfants issus de tous milieux sociaux, les riches comme les pauvres.

Et puis les Cahiers de Science & Vie ont enquêté sur une vieille dame qui a besoin d’argent, on parle de Notre-Dame de Paris.

"Un chef d’œuvre en péril", c’est le titre de cette enquête sur l’état alarmant de Notre-Dame.
"Il faut sauver la cathédrale, écrit Simon Devos, (…) les dégradations s’accumulent, les sculptures s’érodent les unes après les autres, les pierres s’effritent, elles finissent parfois par tomber, et certaines gargouilles perdent littéralement la tête !".
En cause, les infiltrations de pluie et surtout, la pollution qui accentue l’érosion.
Il faut donc refaire la flèche, dont la couverture en plomb est criblée de trous, traiter la charpente en chêne, restaurer les arcs-boutants, ces grandes arches qui maintiennent la structure et dont les joints s’effritent. Les vitraux du 13e siècle seront eux aussi nettoyés et leur étanchéité revue.
"Il faut quand même rassurer, précise l’architecte en chef, la cathédrale ne va pas s’effondrer du jour au lendemain, mais c’est maintenant qu’il faut agir".
La Mairie de Paris et l’archevêché ont donc lancé un appel au don. Tous deux comptent notamment sur la générosité des mécènes américains à défaut d’avoir le soutien de riches donateurs français.
Objectif : récolter 100 à 150 millions d’euros, c’est ce que coute une restauration écologique et respectueuse des techniques de construction de l’époque gothique.
Les travaux sont prévus pour durer 20 ans.

Article à lire donc dans les Cahiers de Sciences & Vie.

Enfin, le dernier mot à Mike Horn.

Oui puisque l’aventurier star de l’émission À l’état sauvage est en couverture du Magazine Society et son récit est savoureux.
Puisqu’on parlait d’argent, il raconte justement comment il a voulu couper avec la richesse : "en Afrique du Sud, dit-il, je gagnais beaucoup d’argent, j’étais un jeune loup de la bourgeoisie locale mais j’avais l’impression de m’endormir, je ne voulais pas finir dans le fauteuil d’un club pour ancien trader avec le ventre posé sur les genoux. Alors j’ai tout donné : ma maison, mes motos, ma voiture, je ne voulais plus rien".

Il détaille les Andes péruvienne, la Sibérie, l’Everest. Tout ça entrecoupé de citations justifiant son gout pour les expéditions extrêmes : "les grandes villes, la civilisation, c’est comme l’eau qui stagne, dit-il, au bout d’un moment, ça pue, c’est pour ça que je repars".

Ou encore, plus Nietzschéen : "à travers la souffrance, tu t’enrichis".

Enfin, très pragmatique : "je n’ai pas peur de ne rien posséder, moi j’ai choisi de me construire des souvenirs. Parce que si tu bâtis ta vie sur des choses que tu as vécues, et non du matériel, alors, quand l’économie est en crise, tu ne perds pas d’argent".
C’est vrai que c’est pas faux.
Un peu comme l’adage : "l’argent ne fait pas le bonheur, mais, indéniablement, il y contribue".