À la Une : la victoire des Bleus en Coupe Davis

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la victoire des Bleus en Coupe Davis.

Pour ceux que le tennis laisse indifférents, ça va être compliqué.
Noah, Pouille, Tsonga, Gasquet et le saladier d’argent tant désiré depuis 16 ans font la Une de la quasi-totalité des journaux.
"Heureux !" titre le Parisien.
"Un pur bonheur", pour l’Équipe.
"C’est jour de fête", pour la Voix du Nord, mais aussi La Provence, le Dauphiné, la Montagne, la Dépêche du Midi, l’Est Républicain ou encore le Télégramme.
Bon, il y a aussi le papier de Grégory Schneider dans Libération qui relativise. "Le froid examen du parcours des bleus dans cette coupe Davis oblige à dire que le joueur le mieux classé qu’ils aient battu en simple est un certain Daniel Evans, 44e en avril, écrit le journaliste. (…) Yannick Noah a souvent donné l’image d’un homme usé, sans énergie, totalement passif quand ses joueurs étaient dans la nasse. Un capitaine un peu sépia, que ses joueurs respectent en dépit de cela, ou grâce à cela… préservant cette mystique de gagneur sur laquelle on ne miserait pas bien lourd quand même".

Ça sent le gros règlement de comptes entre la presse sportive et l’équipe de France, mais à part ça, comme le souligne Nord Eclair : "au bout du suspense, il y a la victoire".

Laissez-nous savourer !
L’heure est donc aux réjouissances. Peut-être parce que le reste de l’actualité ne prête pas à sourire, loin s’en faut.

Dans les Derrières Nouvelles d’Alsace par exemple, derrière la Une sur le tennis, la page 3 revient sur les marchés aux esclaves en Libye.

Oui, sur le thème "tout le monde savait".
"Les images d’une vente aux enchères de jeunes africains diffusée sur CNN ont suscité une onde de choc, écrit le journal. L’ONU s’est dite "horrifiée", l’Union Africaine "indignée", l’Union Européenne "révoltée"…
Mais c’est une "hypocrisie" répondent les experts". Les DNA racontent comment les ONG n’ont cessé d’alerter : "dès le mois d’avril, l’Organisation internationale pour les migrations rapportait "l’existence de marchés aux esclaves en Libye", en septembre, c’est Médecin Sans Frontières qui dénonçait "enlèvements et tortures"".

"Donc oui, écrit Pascal Coquis dans son édito, (…) Emmanuel Macron a raison, c’est un crime contre l’humanité qui se perpétue sous nos yeux. Et c’est complicité de crime contre l’humanité que de vouloir confier une partie du contrôle migratoire à ce pays. Condamner ne suffit plus".

D’autant qu’il n’y a pas que la Libye. Il y a aussi l’Arabie Saoudite, le Liban, le Maroc, où des femmes sénégalaises sont vendues comme domestiques.
Reportage à lire sur leMonde.fr.

"Boury est née et a grandi à Dakar, écrit Luciana de Michele, en 2015, sur les conseils de sa mère dont une amie tient ce qu’on appelle une "agence de recrutement", elle part travailler en Arabie Saoudite. A son arrivée, ses employeurs lui prennent sa valise, son ordinateur et son passeport. "Dès le premier jour, c’était l’enfer, raconte Boury, les fils de la patronne n’arrêtait pas de me regarder, ils m’ont touché les cuisses et les fesses". Au bout de quelques semaines sans être payée, elle demande à pouvoir rentrer au Sénégal : "c’est là que j’ai compris, dit-elle, on m’avait vendue, ma patronne m’a dit avoir payé deux millions de franc CFA à l’agence de Dakar pour me faire venir, sans remboursement, je ne pouvais aller nulle part".
Et Boury n’est pas la seule, précise Le Monde, chaque année, une centaine de Sénégalaises seraient vendues à des particuliers au Maroc, au Liban, en Mauritanie ou encore au Koweït.

À la Une également, d’autres dossiers brulants sur la scène internationale.

Oui, le Figaro par exemple propose un dossier sur la rivalité entre l’Iran et l’Arabie Saoudite au Moyen-Orient : "Liban, Syrie, Irak, comment l’Iran étend son emprise".

Il y a aussi La Croix, qui titre sur "les Rohingyas, peuple apatride", rapport au voyage du pape cette semaine en Birmanie.
En Une, cette photo d’une jeune fille se tenant droite au milieu d’une foule d’adultes dans un camp de réfugié, et son regard surtout, intensément fixé sur le lecteur. 
Comme elle, depuis trois mois, 600 000 Rohingyas ont fui la Birmanie et trouvé refuge dans l’un des trois camps improvisé au Bangladesh. Et le journaliste Pierre Cochez, décrit une situation inextricable : "il n’y a personne pour croire que ces réfugiés vont rentrer chez eux demain, dit-il, les rapatrier n’est pas la solution : là-bas, ils étaient des sous-hommes, et aujourd’hui ils n’ont toujours le droit d’avoir une carte de citoyens". 
Et puis, ça ne fait plus la Une des journaux mais quelques titres en parlent encore : l’attentat perpétré ce week-end dans une mosquée au Sinaï, ses 305 morts et 128 blessés.
À lire notamment : le quotidien l’Opinion et dans l’Humanité qui font le même constat, celui de "l’échec de l’approche tout-sécuritaire" de l’Égypte et de la marginalisation des habitants du Sinaï, abandonnés aux groupes armés.

Enfin, retour en France, avec cette enquête du mensuel Capital sur l’ISF.

Oui comment les exilés fiscaux prennent-ils la suppression de l’impôt sur la fortune ? Vont ils rentrer au bercail ? Réponse sans appel : c’est non.

"Il en faudrait plus pour faire revenir les riches, constate Philippine Robert, les émigrés n’ont pas l’intention de revenir : "je me sens très bien en suisse, confie Paul Dubrule, fondateur du groupe Accor, l’idée de rentrer ne m’a même pas effleuré !". Un autre, installé en Belgique, ajoute : "supprimer l’ISF, c’est bien, mais qui nous dit que son successeur ne va pas le rétablir ?".
Il y a aussi Pierre-Edouard Stérin, résident belge et fondateur de SmartBox, vous savez les boites cadeaux que vous offrez à Noël. Il estime qu’il reste "99% du travail à faire", entre autre, baisser l’imposition sur les plus-values, sur les successions et sur les donations.
Sans compter, ajoute la journaliste, que l’IFI, le nouvel Impôt sur la fortune immobilière inquiète les riches expatriés. Mais le pire, conclu un avocat fiscaliste, "le signal le plus dévastateur qui a été envoyé, c’est la taxation sur les signes extérieurs de richesses, ça leur a donné l’impression qu’ils devaient expier", "nous ce qu’on entend, c’est ne rentrez pas, on ne vous aime pas", confirme un français installé à Bruxelles".
Besoin d’amour, ou insatisfaction chronique. On penche plutôt pour la deuxième.
Enfin, j’ai bien cherché mais il y a un exilé fiscal que Capital n’a pas interrogé, en l’occurrence, actualité oblige, le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, résident en suisse, investisseur luxembourgeois et heureux vainqueur de la coupe Davis sous le maillot bleu.
Peut-être aurait-il envie de revenir ? Ou pas ! L’histoire ne le dit pas…