À la Une : la SNCF et la "bataille de l’opinion"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la SNCF encore et la "bataille de l’opinion".

C’est l’expression qu’on retrouve en Une des Échos, du Figaro, mais aussi dans Libération.
Et puis cette variante, plus directe dans le quotidien l’Opinion : "la bataille de la com’". Le journal qui, justement, fait le compte des soldats montés au front : Édouard Philippe hier dans le Parisien, Elisabeth Borne dans Sud-Ouest, Nicolas Hulot dans le JDD, sans compter le très attendu entretien présidentiel jeudi sur TF1 à 13h dans un petit village de l’Orne, Berd’huis, 1.080 habitants.

Bref, la bataille de com’ se joue à coup d’interviews, mais elle passionne également les rédactions qui n’en finissent plus de se renvoyer des Unes à la figure : le quotidien l’Opinion par exemple dénonce "la fable de la privatisation" entretenue par les syndicats. Alors que l’Humanité fait le réquisitoire inverse : "attention : un mensonge peut en cacher un autre", titre le journal. "Privatisation, dette, petites lignes : le point sur les contre-vérité du gouvernement".

Et puis, puisque le mot "privatisation" est lâché, il y a cet autre sujet de préoccupation autour d’un précieux outil de service public : les barrages.

"Le barrage d’Eguzon dans l’Indre sera-t-il privatisé ?" s’inquiète la Nouvelle République. Même questionnement sur le site du Dauphiné et sur celui de Libération à propos du barrage du Sautet en Isère.

Et le problème est exactement le même que pour le rail.
"Bruxelles estime essentiel que l’accès aux ressources hydrauliques soit ouvert à l’ensemble des acteurs du marché, écrit Libération". 
Un objectif que partage le gouvernement puisqu’il va effectivement ouvrir à la concurrence une première série de barrages dont les concessions sont arrivées à terme. Ce que dénoncent en cœur les élus locaux toutes étiquettes confondues : PS, PC, UDI, divers droite, déplorent tous "l’absence totale d’information et de concertation dont fait preuve le gouvernement", écrit le journal.

Voilà, c’est l’autre bras de fer dont on parle bien moins que le rail et c’est à lire en autre dans la Nouvelle République et sur le site de Libération.

Et puis, une autre bataille d’opinion très discrète se joue en ce moment dans les assemblées générales des grandes entreprises.

Oui, ce sont Les Échos qui nous l’apprennent, parce que "la saison des AG a commencé pour les géant du CAC 40, écrit le journal, et la rémunération des patrons fait débat entre actionnaires".

Là aussi, il y a bataille de com’ : depuis la loi Sapin 2, les PDG doivent désormais convaincre que leurs augmentations sont justifiées : "pour être versées, explique Laurence Boisseau, les rémunérations fixes, variables ou exceptionnelles nécessitent l’approbation par les actionnaires de la rémunération global du dirigeant".
Sauf que le nombre de cas où des agences recommandent de voter "contre" ces augmentations se multiplie.

"L’assemblée générale du groupe Sodexo a donné le ton, écrivent Les Échos, l’indemnité de départ du patron sortant a donné lieu à contestation".
Et pour cause : Michel Landel, qui touchait déjà 170 fois le salaire moyen chez Sodexo a demandé un cadeau de départ de 1,8 millions d’euros.
Sachant qu’il n’est pas seul. "Comparé à d’autres années, résume un gérant d’actif, nous sommes surpris du nombre de bonus et de prime qui ont été attribuées en 2017".
Et le journal d’énumérer les cas de Vinci, Kering, Essilor ou encore PSA dont les AG se tiendront toutes dans le mois.

Un papier sur la discrète bataille d’opinion autour des bonus patronaux, à lire dans les Échos.

Et puis lui va essayer de convaincre la justice qu’il a changé : Djebril A., dont le procès s’ouvre aujourd’hui, projetait de commettre un attentat contre une base militaire en 2015. Le journal Le Monde publie les extraits de sa confession devant les enquêteurs de la DGSI.

"Oui, j’ai été endoctriné par Daesh, mais cette période est révolue". Pendant cinq heures d’affilé, le 14 juillet 2015, Djebril A. 23 ans passe aux aveux et décrit, mois après mois, les étapes du basculement dans la folie djihadiste.

C’est donc l’histoire d’un jeune qui rêvait de naviguer sur les bateaux de l’armée française, qui entre dans la marine mais qui est recalé aux tests et se retrouve simple guetteur au Fort Béar.
"J’ai compris que mon rêve était brisé et ça m’a beaucoup couté". Dépression, arrêt maladie.
"J’étais perdu, dit-il, je cherchais à me raccrocher (…) alors je me suis inscrit sur le site jeuxvideos.com et j’ai commencé à regarder des vidéos djihadistes : ça m’a scotché, j’étais convaincu, les terroristes me parlaient… ! A partir de là, je suis hypnotisé, je me lève Daesh, je mange Daesh, je vis Daesh, j’ai arrêté de sortir, de voir des filles, j’ai coupé les ponts avec ma famille… et j’ai commencé à regarder les gens avec mépris, avec dégout". 
Et puis arrive le 7 janvier 2015, l’attentat contre Charlie Hebdo.
"La fiction devient réalité", raconte Djibril A qui décide de passer à l’acte.

Sa cible est toute trouvée : ce sera son ancienne base militaire. Il en parle à deux complices rencontré sur Internet.
Le premier lui dit "non", le deuxième n’est pas convaincu. "C’est là que j’ai commencé à avoir le doute, dit-il aux policiers, en fait, je me rends compte que je ne suis pas heureux, que tout ce que je ressens c’est du stress, de la haine, que j’ai tout perdu, mes amis, ma famille, la confiance de ma mère. Alors, en mai, j’ai fini par lâcher Daesh".

Deux mois plus tard, il est arrêté et incarcéré. L’équipe d’encadrement a constaté "une évolution positive", écrit Soren Seelow, mais souligne toutefois les risques de rechute vers un épisode dépressif majeur.
Il encourt jusqu’à 20 ans de prison.

Un témoignage rare à lire donc sur le site du Monde.

Enfin, un mot sur ce qui fait parler nombre d’édito ce matin : le congrès du PS qui s’est tenu ce week-end à Aubervilliers.

C’est le thème des éditos de la Voix du Nord, la Montagne, du Courrier Picard ou encore de la Charente Libre où Dominique Garraud parle du "chemin de croix d’un agonisant".

Stigmates de l’agonie : cette photo reléguée en page 12 de Libération, photo de la brochette assise au premier rang hier, Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault, Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici.
Autant d’huiles socialistes qui n’ont pas mis un pied dans une manif depuis plus de cinq ans et qui ont dû applaudir le discours du nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, appelant "à stopper l’aveuglement technocratique et écouter ces salariés en lutte qui disent que l’humain a été abandonné".

Comme dit Dominique Garraud, "chemin de croix d’un agonisant". "Mais au fond, conclu l’éditorialiste, qui s’en préoccupe véritablement ?".

Pas Ségolène Royal vraisemblablement, l’ancienne ministre accorde une interview au Figaro pour annoncer qu’elle lance une ONG : objectif : aider les entreprises à réaliser leurs projets de manière écologique.
"Les élections ? La vie des partis ? Ça ne m’intéresse plus, répond Royal, j’ouvre un nouveau chapitre de mon engagement politique, conforme à mes valeurs". 
L’ONG s’appelle Désir d’Avenir pour la planète.