À la Une : la situation alarmantes des maisons de retraites

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la situation alarmantes des maisons de retraites.

"Les Ehpad sont à bout de souffle", résume en Une le Populaire du Centre. Les Échos évoquent une "cocotte-minute qui monte en pression". On parle de la journée de mobilisation prévue demain pour dénoncer le manque de moyens dans ces établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes.

Et pour illustrer l’urgence, vos journaux multiplient les témoignages, tous plus édifiants les uns que les autres.
Récits anonymes dans le Télégramme : "Il faut aller vite, dit un aide-soignant, donc on fait voler les vieux, ceux qui sont dépendants sont plus faciles à manipuler que ceux qui marche encore. Ça vous choque ? dit-il à la journaliste Anne-Cécile Juillet… Nous aussi, mais on n’a pas le temps".

Un autre raconte la toilette faite en cinq minutes au gant, "la douche une fois tous les quinze jours », les repas « à la limite du gavage", et le coucher que les soignants ont littéralement rebaptisé le "jeter de lit".

"Les Ehpad, c’est de l’usine à vieux, dit froidement une employée, les résidents n’ont pas leur mot à dire, ils subissent. Et oui, moi aussi, malheureusement je suis maltraitante".

Alors ? "Qui va s’occuper des parents", demande Libération.
"Dans une société dite développée, écrit Alexandra Schwartzbrod, l’accompagnement des personnes âgées devrait être un impératif non-négociable (…) c’est d’ailleurs le comble de l’incohérence : on vit dans une société qui ne cesse de repousser la mort, mais qui ne fait rien pour adoucir les dernières années".

Effectivement, à l’heure où on nous parle transhumanisme, humain augmenté et vie éternelle. Il y a le mythe et il y a la réalité.
Il y a l’idée qu’au 21e siècle, on doit pouvoir finir ses vieux jours dignement. D’autant plus si l’on paye pour ça.
Mais voilà, "tout ça, le soin, le relationnel, l’attention, résume un aide-soignant dans le Télégramme, tout ça, ce ne sont que des idéaux".
Un thème, celui du mythe et de la réalité, qu’on retrouve sous diverses formes ce matin.

Oui, par exemple, la bonne santé des marchés financiers ? Mythe ou réalité ?
"Le CAC 40 est au plus haut depuis 10 ans", nous dit la Une des Échos.
Mais, "ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de nuage à l’horizon" qu’il n’y a pas de problème, explique le journal.
"La dernière fois que les marchés ont été au beau fixe, écrit Guillaume Maujean, c’était juste avant la crise de 2008. Alors il est peut-être temps de s’inquiéter ! Parce que "c’est quand tout va bien que tout tourne mal"".

Vu comme ça, autant dire que ça n’ira jamais.

Pendant ce temps-là dans le vrai monde, le gratuit 20 Minutes observe que "la consommation en circuits-courts fait de plus en plus d’adeptes".
Midi Libre fait sa Une sur "le vin bio en plein essor".
Et Ouest-France propose un article sur "le coup de main entre voisins qui gagne du terrain".

On s’entraide plus parait-il.
On échange des services. Sur le site AlloVoisin, "au lieu d’acheter un outil qu’on n’utilisera qu’une seule fois, eh bien on emprunte. Un fer à friser, un taille-haie, une remorque, un costume pour une soirée, écrit Isabelle Moreau. On loue (en payant celui qui prête), ou on troque… contre un autre service, une garde d’enfant par exemple, ou une heure de repassage".
Un concept qui séduit 3.000 nouveaux abonnés chaque jour.
"Mais je n’ai rien inventé, reconnait le créateur du site Édouard Dumortier, le troc existait avant l’argent, simplement, internet a remis au gout du jour ces pratiques-là".

Article à lire donc dans Ouest-France.

Et puis un mythe est en train de disparaitre, c’est ce que nous raconte le Figaro ce matin.

"Le pôle nord, cette carte que tous les écoliers ont eu sous les yeux, écrit Frédéric Faux, cette carte où l’Arctique apparait comme une immense tâche blanche séparant l’Asie des Amériques, sauvage, inviolée, infranchissable, cette carte appartient-elle au passé ?
Le directeur de l’Institut polaire Norvégien n’a guère de doute : "dans 20 ou 30 ans, il n’y aura plus de glace au Pôle Nord pendant l’été, et l’océan Arctique va devenir accessible". Une réalité, dit le Figaro, qui entraine des réactions contrastées".

"D’un côté, le cri d’alarme des chercheurs et scientifiques.
De l’autre, l’enthousiasme des pays limitrophes qui y voit de nouveaux marchés… "C’est comme si on avait découvert une nouvelle planète, s’enthousiasme le PDG d’une entreprise de brise-glace, le commerce et le tourisme vont pouvoir se développer !"".
Les forages surtout. La Russie et la Chine, notamment, sont déjà dans une course à qui s’emparera du plus grand nombre de gisement d’hydrocarbures. Une course dans laquelle, nous, français, sommes impliqués, puisque le groupe Total finance déjà, au côté d’entreprises russe et chinoise, l’exploitation du futur champ gazier de Yamal, "une région, écrit le journal, qui recèle potentiellement plus de gaz que tout le Golfe Persique".

Reportage déroutant sur la fin annoncée d’un mythe, celui de "l’Arctique infranchissable" à lire dans le Figaro Éco.

Enfin, un visage de rire et de larmes fait la Une de la plupart des journaux ce matin : celui de Roger Federer.

Avec son 20e titre en Grand Chelem, Federer est un "extraterrestre", c’est le mot choisi par la Tribune de Genève.
Federer qui fait aussi Une, pleine page, du britannique Times, mais aussi du Guardian, de l’Independant, du Belge Le Soir, ou encore de The Australian, à l’autre bout du monde, là où il a décroché son titre.

Quant à la France, eh bien chez nous, on s’amuse avec le chiffre 20 et le mot vin.
"Federer, comme le bon vin", titre Libération et Aujourd’hui en France.
"Federer savoure un grand 20", pour l’Humanité.
Un "vingt d’honneur" précise l’Équipe.
Sachant que le mot qui revient le plus souvent, c’est surtout "légende" :
"Légende", tout court  pour le Corriere della Sera en Italie.
"Légende vivante" en Une du Parisien.
"Légende du siècle", pour l’Équipe.
 "Vingt trophées, trente finales, trois Grands Chelems sur la dernière années, C’est la tâche de toute une vie, écrit David Loriot, un chef d’œuvre accompli. C’est Michael Jordan qui plane sur le basket mondial des années 90, c’est Michael Schumacher et ses 91 victoires en F1 ! C’est Mohamed Ali qui danse sur le ring ! Bref, conclu l’Équipe, Federer est l’histoire de son sport, le mythe et la légende tout à la fois".
Comme quoi, il y a certains cas, relativement rares, mais indiscutables, où le mythe est la réalité. Et vice versa.