À la Une : la question des droits des femmes

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, on aborde à la quasi-unanimité la question des droits des femmes.

Même si comme le rappelle en Une la Voix du Nord, c’est "Un combat de tous les jours".
Et pour l’instant, "c’est pas gagné", ajoute le Télégramme. Pour l’illustrer, beaucoup de journaux s’arrêtent ce matin sur l’inégalité en matière de rémunération : notamment Libération avec une édition mais deux prix de vente : deux euros pour les femmes, 2,5 euros pour les hommes. "Parce que malgré la loi, explique le journal, l’écart de salaire entre les femmes et les hommes est toujours de 25%. Alors, pour mettre en évidence cette injustice, Libération applique ce jour la même différence à son prix de vente, Punition ? Non ! Contribution, puisque l’argent sera reversé au Laboratoire pour l’égalité". Les inégalités de salaires donc qui font aussi la Une des Échos qui reviennent sur le plan présenté hier par le gouvernement. Les Échos dans lesquels l’écart salarial hommes-femmes n’est pas de 25% comme l’affirme Libé, mais de 9%. Pour le Courrier Picard, c’est 11%. Pour Ouest-France, 15%. Et, pire encore : 29 à 34% d’après la Voix du Nord qui ajoute même un autre indicateur : "à diplôme et fonction égale, sur l’ensemble d’une carrière, une femme gagne 300.000 euros de moins qu’un homme". Ça fait beaucoup de chiffres, mais à la fin, une chose est sûre, il y a un écart.

Et puis, une autre chose est sûre : ce 8 mars n’est pas "la journée de la femme".

C’est le coup de gueule de Sophie Manelli dans l’édito de La Provence : "non, aujourd’hui les femmes ne veulent pas qu’on leur offre des fleurs ou un épilateur électrique, une bonne fois pour toute : le 8 mars n’est pas "la journée de la femme" mais la journée internationale de lutte pour les droits des femmes". C’est dit ! Et ça mérite d’être rappelé visiblement puisqu’on retrouve la malheureuse expression en Une de Nord-Littoral, de la Charente Libre, sous la photo du jour des Échos et même deux fois dans l’édito de Dominique Jung dans les Dernières Nouvelles D’Alsace. Dominique Jung pour qui ce contre quoi nous devons lutter en ce 8 mars, eh bien c’est "la multiplication des dénonciations et les glissements dialectiques insidieux que la diversité des prises de paroles peut susciter (…) veillons, dit-il, à ne pas réduire la femme à un destin de gazelle". Mais qui parle de gazelle ? Un édito qui se termine sur ces mots : "attention à ne pas faire de la protection des femmes une revendication susceptible d’être l’amorce de gynécées post-modernes !". Bon, à chacun ses combats. Dans l’édito du Figaro d’ailleurs on retrouve la même tonalité. Ce "gare au dérives" que Florence Chédotal dans la Montagne qualifie de "tentatives de diversion pour discréditer un combat humaniste. Jusqu’à preuve du contraire, dit-elle, si c’est allé trop loin, c’est bien davantage pour toutes les victimes réduites au silence".

Et à regarder la presse, on réalise qu’il y a encore beaucoup à faire.
On parlait des écarts de salaires, mais il y a aussi le harcèlement de rue : numéro spécial de Marie Claire, avec le témoignage de 30 personnalités. Politis fait sa couverture sur le viol et le consentement. Télérama évoque ces femmes journalistes assassinées en Inde, au Mexique ou encore en Afghanistan parce qu’elles enquêtaient justement sur les violences faites aux femmes. L’Humanité aborde la question de l’avortement, toujours considéré comme un crime dans de nombreux pays. On peut citer aussi Ouest-France, qui parle des mariages forcés. Enfin, Le Monde nous dit que "la clé de la lutte contre le sexisme, c’est l’éducation". Et à lire le reportage publié dans le Parisien, on ne peut qu’approuver. Ça se passe en Essonne, au collège Jean-Villar de Grigny où, en cours, "garçons et filles s’assoient spontanément de part et d’autre d’une frontière imaginaire. Pourquoi ? Parce "qu’on n’a pas les mêmes délires", justifie Merveille, 13 ans, "déjà, au primaire, les garçons ne voulaient pas jouer au foot avec nous", ajoute Lalé, 12 ans, qui précise que le jour où elle a voulu enfiler un jogging, on l’a traitée de garçon manqué. Une collégienne qui confie ne jamais porter de jupe, note la journaliste Christel Brigaudeau, trop de commentaires de la part des garçons, mais aussi des copines. Se montrer féminine au collège, dit-elle, c’est la garantie de se faire traiter de "salope"". Paroles d’ado, à lire donc dans le Parisien.

Et puis, quelques hommes font aussi la Une.

Oui, Vladimir Poutine en particulier, "au pouvoir depuis 18 ans, il va être réélu !". Affirmation en couverture de L’Express qui vous propose "les coulisses de Poutine saison 5". Même chose pour l’Obs avec "40 pages sur la Russie de Poutine".

Et puis Le Point affiche un autre visage, celui de Bernard Tapie, teint blafard mais regard décidé sous ce titre : "la grande confession". "L’engagement avait été pris avant Noël, écrivent Jérôme Béglé et Sébastien Le Fol, "si mon opération se passe bien, nous avait-il assuré, je vous dirai tout". Bernard Tapie a tenu parole : au cours des quatre rendez-vous qu’il nous a accordé, il n’a esquivé aucune question". S’il parle de son cancer, c’est "pour les malades, dont on ne parle pas assez, dit-il, mais aussi pour ceux qui redoutent que cela puisse leur arriver". Et il ne tourne pas autour du pot. Il raconte les chimios, "très dures, l’opération, l’extraction de l’estomac, de l’œsophage, comme si vous passiez sous un autobus, dit-il". La quinzaine de kilos perdus. Et puis la détermination : "parce que finalement, dit-il, je n’ai que 75 ans!". Alors c’est quoi la méthode Tapie pour vaincre le cancer, lui demande Le Point ? "Primo : bouge ton corps, même quand t’en peux plus, l’énergie donne de l’énergie. Monte sur la table, descend et recommence", ce qu’il fait, littéralement devant les journalistes. "Et secundo, dit-il, tu ne peux compter que sur toi, alors fixe toi un but, va au-delà de ta volonté, va voir un concert, un match, fais tes courses, sort, habille toi". La leçon c’est que "Quand tu as la santé, lance Tapie, chaque jour est une fête ! C'est une vraie fête ! Alors va au boulot heureux. Tes petits ennuis, tu t'en fous ! La vie est trop belle. Seulement, il ne faut pas attendre d'avoir perdu la santé pour s’en rendre compte". Interview est à retrouver dans Le Point.