À la Une : la presse salue "l’esprit français de résistance"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, la presse salue "l’esprit français de résistance".

C’est le titre en Une du Parisien, de la Dépêche du Midi  et de La Croix, sous cette photo que vous retrouverez en première page de presque tous vos journaux : celle d’Emmanuel Macron, se tenant, sous un halo de pluie, devant le cercueil du colonel Beltrame couvert du drapeau tricolore.

"Sa mémoire vivra", titrent Ouest-France et Midi Libre.

"Ne jamais l’oublier", lance la Voix du Nord. 
"Le courage extra-ordinaire d’Arnaud Beltrame imprègnera durablement nos esprits, veut croire Dominique Jung dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, maintenant qu’il n’est plus là, dit-il, son souvenir doit être un repère et un antidote face aux doutes qui rodent".

Alors pour avoir des images et des récits à garder en mémoire, vous pouvez ouvrir les hebdos : portait et photo d’un gendarme au sourire serein dans Paris Match, mais aussi dans Le Point et dans L’Obs, L’Obs qui a également demandé à cinq intellectuels de répondre à la question "qu’est-ce qu’un héros ?"

Ne pas oublier donc. Comme cette photo en Une de Libération : un pin’s accroché sur le pull d’un homme, il porte le visage de Mireille Knoll et cette promesse : "nous ne t’oublierons pas".
A l’heure où une information en chasse une autre, où la réflexion subit une péremption accélérée, comment garder la mémoire ?

C’est le thème justement du hors-série du Point (dont Europe 1 est partenaire) qui nous dit que la mémoire et l’oubli sont affaire de volonté.
""Nous n’oublions jamais rien, affirme Claude Touzet, maitre de conférence en sciences cognitives à l’université Aix-Marseille, nous n’oublions pas, nous ne nous rappelons plus, c’est différent ! Notre cerveau est une mémoire efficace des évènements que nous vivons, il n’oublie jamais, dit-il, c’est notre vie qui fait que l’on oublie".

C’est lire dans le Hors-série du Point sur la mémoire qui sort aujourd’hui.

L’autre titre ce matin, c’est le rapport sur l’intelligence artificielle remis hier soir au gouvernement.

Oui, par Cédric Villani, un mathématicien et député République en Marche doué d’un don d’ubiquité particulièrement impressionnant puisqu’il est en interview à la fois dans Le Monde, La Croix, Les Echos, le gratuit 20 Minutes et sur le site Usbek & Rica.

Objectif résumé en Une du Figaro Eco : faire en sorte que la France "reste dans la course".
Eh oui, nous sommes en retard, non seulement nous n’avons pas assez de chercheurs en intelligence artificielle, mais ceux qui sont formés prennent le large, notamment aux États-Unis.

Et puis, autre problématique majeure, abordée par le quotidien L’Opinion : le risque pour de nombreux métiers d’être remplacés à terme par des machines. "D’ici à 2030, explique la consultante Anne Bioulac, on estime à 4,5 millions le nombre d’emplois concernés. Sachant que tous les métiers seront touchés : recherche et développement, exploration pétrolière, marketing, vente. Personne n’y échappera, dit-elle, même mon activité de consultante !".

"Bientôt, votre banquier sera un robot", titre également Le Parisien qui note que "la plupart des grands établissements financiers sont déjà passés aux travaux pratiques : Crédit Mutuel, Orange Banque, et sous peu LCL et la Société Générale". 
Mais l’article se veut plus nuancé que le titre : "certes, les assistants virtuels sont là pour aider les conseillers clientèles à trouver les meilleurs produits financiers, mais a priori, ce sera toujours à l’humain qu’il reviendra d’appuyer sur le bouton envoi".

Et puis, on retrouve le mot "artificiel" autour d’un tout autre domaine de recherche, celui de l’utérus artificiel.

Article passionnant à lire dans La Croix, qui continue sa série sur les états généraux de la bioéthique.

Ceux qui l’ont lu se souviennent peut être du livre "le Meilleur des mondes", d’Aldous Huxley, un roman de science-fiction où la reproduction sexuée a été remplacée par une gestation en laboratoire. Eh bien pour plusieurs chercheurs, ça n’est plus utopique, c’est un véritable thème de recherche.
"Des équipes travaillent à la mise au point de poches pour les très grands prématurés, explique La Croix, pour l’instant, le procédé a été testé sur des fœtus d’agneaux, une équipe américaine a réussi à les faire se développer pendant quatre semaines dans une poche en plastique dotée d’un système d’oxygénation relié au cordon ombilical. Une méthode dont l’application à l’homme reste très incertaine. L’idée est pourtant de réduire la mortalité des grands prématurés, et de leur construire un sas, écrit le journal, pour leur permettre de vivre trois ou quatre semaine en attendant de rejoindre une couveuse". Pour le reste, Jacques Sizun au CHU de Brest est formel : "faire des enfants sans grossesse relève de la science-fiction », « le placenta est un organe beaucoup trop complexe pour être reconstitué de manière artificielle", ajoute le professeur René Frydman. 
Voilà, oubliez le "Meilleur des Mondes" aucun ersatz artificiel ne peut copier la sophistication du corps humain, ni maintenant, ni dans 30, 50 ou 100 ans. Jusqu'à preuve du contraire.

Enfin, justement, comment sera le monde en 2030 ? Dossier sur les technologies du futur dans Science & Vie.

23 pages pour tenter d’apercevoir ce qui nous attend.
On ne va pas tout vous citer, parce que ça donne le tournis, mais par exemple, les lentilles de vue seront dotées de caméras. Certains d’entre nous porteront peut être des biotatouage, des puces sous cutanées qui surveilleront en permanence notre état de santé. Fini les écrans cassables, ils s’auto-répareront. Fini aussi certaines opérations chirurgicales, puisque des chercheurs ont réussi à créer des micro-robots de la taille d’une pilule : d’ici à 2030 donc, on pourra les injecter dans le corps et réaliser de petites opérations en les pilotant à distance. Plus inquiétant : dans les villes, "des mini-drones voyant à travers les murs remplaceront les caméras de surveillance". On précise que les travaux de recherches sur tous ces objets sont très avancés, là on est plus dans la fiction. Science & Vie qui liste aussi, ce qui aura disparu en 2030 : les chargeurs de téléphone ou d’ordinateur, les pièces, billets et chèques, les clés, les voitures diesels et essences, la vaisselle jetable en plastique ou encore les postes de radio ! Ce qui n’anéantira pas la radio, hein, elle aura juste changé de support de diffusion. En revanche, aurons-nous encore de la mémoire ? Quels souvenirs entretiendrons-nous ? Y aura-t-il encore des héros ? Évidemment, l’article ne le dit pas.
Mais le futur n’est que ce que l’on en fait. Alors n’oublions pas.