À la Une : la presse revient sur "l’effet Cahuzac"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Ce matin, la presse revient sur "l’effet Cahuzac".

"L’effet Cahuzac", c’est l’expression choisie en Une par Le Parisien qui se fait plus direct en page 2 avec ce cri du cœur : "merci Jérôme !". "Il avait promis de faire avancer la lutte contre la fraude fiscale, écrit Séverine Cazes, eh bien il l’a fait ! A son corps défendant bien entendu". Il y a eu deux lois, l’une sur la transparence de la vie publique, l’autre sur la lutte contre la fraude… Mais aussi l’ouverture d’une cellule "de régularisation qui a permis de faire rentrer dans les caisses de l’État 7,8 milliards d’euros". "Cahuzac et ses trafics ont fait accoucher la politique d’un monde nouveau, se félicite Jean-Louis Hervois dans la Charente Libre, un monde avide de justice et de transparence". Jérôme Cahuzac donc. En Une de Médiapart qui a révélé l’affaire fin 2012, mais aussi du site d’information Les Jours, qui voit en lui "l’homme qui ré-enchanta la justice financière". "Mais si le scandale a fait avancer les choses, écrit la journaliste Camille Polloni, il n’a pas encore épuisé toutes les possibilités de réformes : il faudrait encore consacrer l’indépendance du parquet, toujours soumis au ministre de la Justice, décision qu’Emmanuel Macron refuse de prendre. Et puis il y a le verrou de Bercy, ce système qui conditionne les poursuites pour fraude à une plainte de l’administration". Des possibilités de réformes d’autant plus attendues que "trois quart des français jugent leurs élus "plutôt corrompus", écrit Florence Chédotal dans La Montagne, tyrannie de la transparence ? Ère du soupçon ? Non, conclue-t-elle, juste les symptômes d’une démocratie qui s’assainit, dans la douleur et parfois les excès, mais qui grandit enfin".

Ce qui est révolutionnaire se produit parfois dans la douleur. Justement, le Parisien sort aujourd’hui un hors-série dont Europe 1 est partenaire sur la Révolution Française.

Et c’est l’acteur Lorant Deutsch qui emmène le lecteur en ballade dans Paris sur les traces des "troublants fantômes" de la Révolution. "Une ballade dans une capitale qui, il y a 200 ans, était assise sur un volcan dont l’explosion allait changer la face du monde, écrit Charles de Saint Sauveur, un Paris qui brûlait alors d’idées neuves". Et oui, des idées neuves, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la première loi sur l’abolition de l’esclavage, annulée plus tard par Napoléon, ou encore les plaidoyers des femmes pour le droit de vote. "À travers le monde, écrit Rafael Pic, elle est la mère de toutes les autres et n’a même pas besoin de qualificatif : la révolution française est l’une des sources de la civilisation moderne, dit-il, mais ceux qui la vécurent eurent-ils conscience d’un tel moment historique ?". Question vertigineuse, et pourtant. Comment sait-on qu’un évènement va transformer la société ? Comment sait-on qu’on vit un tournant ? A défaut de savoir, on jauge, on évalue, on formule des hypothèses. Exemple avec la Une des Échos ce matin. "Bourse : va-t-on vers une nouvelle ère de turbulence ?", on ne sait pas, mais on fait le point sur "l’une des pires semaines sur les marchés mondiaux depuis des années". Et puis, la SNCF vit-elle un tournant ? Dossier à lire dans La Croix qui voit dans "l’ouverture à la concurrence, le plus important changement de toute l’histoire du système ferroviaire français". Enfin, en Syrie. Assiste-t-on à un tournant avec les frappes Israéliennes ce week-end ? Libération parle d’un "dangereux engrenage" : "entre l’Iran qui veut asseoir sa domination, Israël qui s’inquiète d’une libanisation du conflit et la Russie qui tente un impossible grand écart, la tension est montée d’un cran" et fait naitre "la crainte d’une escalade incontrôlable". Revue des enjeux à lire donc dans Libération.

Et puis, plus léger, dans vos journaux ce matin, l’histoire de "Bernadette, miraculée de Lourdes".

Avait-elle conscience en se baignant à Lourdes qu’elle vivait le tournant de sa vie ? C’était le 11 juillet 2008. "J’ai ressenti une présence mystérieuse, raconte Bernadette Moriau dans le Courrier Picard, un bien-être, une chaleur dans mon corps. Le soir, une voix m’a dit "enlève tes appareils", alors, dans un acte de foi, j’ai tout enlevé". Plus de corset, plus d’attelle, plus de neurostimulateur. Un cas de guérison exceptionnel que l’Église vient de reconnaitre comme miracle, le "70e miracle de la grotte de Lourdes", écrit le journal. "Avant de faire le pèlerinage, elle souffrait d’une attaque sévère des racines lombaires et avait été opérée quatre fois. Son médecin explique qu’elle avait un releveur au pied, mais aussi une sonde urinaire et qu’elle prenait 300 milligrammes de morphine par jour". "Je la suivais tous les mois, précise-t-il dans Le Figaro, et voilà qu’un beau matin, elle se présente en pleine forme, l’un de ses pieds, perpendiculaire à l’autre avait retrouvé sa position parallèle, et elle avait arrêté son traitement morphinique du jour au lendemain, sans effet secondaire ! J’en suis tombé sur le cul, lâche-t-il, toujours pas remis, visiblement, du choc. Après des années d’enquêtes, et en l’état actuel des connaissances scientifiques, conclu le Figaro, un tel phénomène de rétablissement reste inexpliqué". De quoi rappeler, au-delà de la notion connotée de miracle, qu’il y a encore bien des choses qui échappent à l’entendement humain.
Mystère de la guérison.

Mais il y a plus insoluble encore : pour le physicien Etienne Klein, "le plus grand mystère, c’est la question du moteur du temps".

C’est le titre de la longue interview qu’il a accordée au site Usbek & Rica où il déroule le thème de son dernier ouvrage, "matière à contredire". Étienne Klein évoque passé, présent, futur, mais aussi la notion de progrès. "Il faut faire progresser l’idée de progrès, dit-il, parce qu’aujourd’hui, on l’a abandonnée, on ne l’interroge plus. Or, si le futur est laissé en jachère intellectuelle, c’est la peur qui arrive. Si l’on tient compte de ce que l’on sait, c’est l’horreur ! L’apocalypse ! Le climat instable, les ressources naturelles qui s’épuisent, la démographie qui explose. Il y a de quoi flipper. Il faut donc essayer de configurer le futur d’une façon qui soit crédible et attractive !
Parce que ce qui va se passer dépend de nos actions, dit Étienne Klein, et nos actions dépendent de nos pensées". Et là, ça n’est ni de la physique, ni de la science, mais de la philosophie, cet autre outil, indispensable même aux scientifiques ! pour apprivoiser ces choses qui échappent à l’entendement humain.