À la Une : la presse fait la part belle à ce qui se passe chez nos voisins

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

La presse fait la part belle à ce qui se passe chez nos voisins à commencer par l’Allemagne où une grande coalition de gouvernement a enfin été finalisée.

"Merkel sauvée par la gauche", titre les Dernières Nouvelles d’Alsace.
"Vers un quatrième mandat difficile"», juge la Nouvelle République.
Le Figaro voit en elle "une chancelière au pied d’argile".
Sur la photo pourtant elle sourit, "parce que, oui, c’est une victoire, écrit dans son édito Arnaud de la Grange, mais cette victoire est amère : son précédent mandat reste marqué par la gestion hasardeuse de la crise migratoire et l’entrée en force de l’extrême droite au Reichtag.
Bref, si elle veut s’inscrire dans l’histoire, conclu le Figaro, il lui reste l’Europe".

Dans Ouest-France, Laurent Marchand ne dit pas autre chose, expliquant que c’est ça qui donne de "l’espoir à l’Élysée et à de nombreux européens". Et puis "les sujets sont parfaitement connus, à Berlin comme à Paris, écrit-il : défense, harmonisation fiscale, budget de la zone euro (…) sans compter les deux thèmes majeurs qui alimentent le populisme : le cout social de la globalisation et l’impact sociétal de l’immigration".

Les éditorialistes sont unanimes : il y a urgence. "En Hongrie, en République Tchèque, en Autriche, au Danemark, l’outrance à la mode "Trump" est dans l’air vicié du temps, écrit Dominique Garraud dans la Charente Libre, (…) la poussée populiste europhobe et anti-immigration continue partout en Europe et, de Berlin à Rome, ce qui prédomine dans les urnes, c’est la peur".

La peur ou le dégagisme si l’on en croit les résultats des élections législatives en Italie.
En Une du site du quotidien Italien La Repubblica, le leader du mouvement 5 étoiles "exulte", il "s’envole" pour le Corriere della Serra, même si, comme en Allemagne, là aussi, rien en se fera sans une coalition.

Scepticisme en regardant l’Allemagne, incertitude en Italie, mais aussi incompréhension si l’on regarde du côté des États-Unis.

"Guerre commerciale : le spectre de l’escalade", c’est le titre des Échos ce matin qui reviennent sur la dernière décision de Donald Trump, celle de taxer les importations d’acier et d’aluminium.
"Incompréhensible !, lance Dominique Seux dans son édito, certes, c’est un signal envoyé aux ouvriers, mais il est manifeste que les consommateurs américains seront victimes de ces hausses de taxes… Une démagogie face à laquelle nous autres européens devons serrer les rangs", écrivent les Échos.

"Il est temps de tordre le cou à ces pratiques mortifères, écrit, très remonté, Remi Godeau en Une de l’Opinion : puisque les populistes européens voient en Trump une source de légitimation de leur propre politique de repli, autant démonter ces théories. Donald Trump se trompe, les barrières douanières sont mauvaises pour la croissance, pour l’emploi", dit-il.
Et de s’adresser directement à tous les partisans de ce qu’il appelle le "délire protectionniste" : "non, la résolution de la crise financière ne s’est pas faite sur le dos des oubliés de la mondialisation et non, la question migratoire ne disqualifie pas le libre-échange".

Un problème d’interprétation sans doute. Les électeurs, italiens, allemands, américains auraient mal compris : rien ne se fait "sur leur dos".

En même temps, comment lui en vouloir, à l’électeur, de voir des liens de cause à effet un peu partout ?

Ce matin encore, en Une du Figaro, ce titre : "CAC 40 : une année de profits records".
Et en Une du Parisien : "dossier sur les retraités, leur niveau de vie pourrait tomber sous la moyenne nationale".

Autre titre, autre sujet d’inquiétude : "les déchets nucléaires bien encombrants, à Bure dans la Meuse", dossier à lire dans La Croix.

Après un week-end marqué par une nouvelle mobilisation contre le projet d’enfouissement de ces déchets hautement radioactifs, le journal raconte la vie à Mandres-en-Barrois, village voisin de Bure et surtout, la drôle de cohabitation entre les habitants, les gendarmes et les néo-ruraux, ces anti-nucléaire qui occupent le terrain de la contestation.

Tout cela ressemble beaucoup à Notre-Dame-Des-Landes me direz-vous. Oui, sauf qu’autant à Nantes on n’était pas obligé de construire un aéroport, autant là, il va bien falloir stocker les milliers de mètres cubes de déchets qui existent déjà, et qui s’empilent dangereusement dans nos centrales.

Question de La Croix : ce stockage à 500 mètres sous terre est-il dangereux ? À en croire les experts, certes de toutes les possibilités qui existent, l’enfouissement est la moins risquée. Entreposer ces déchets en surface, par exemple, présente beaucoup d’aléas, liés aux climats, à l’érosion, ou encore à des possibilités d’attaques du site.
Conclusion : "il n’y a pas d’alternative, d’ailleurs la plupart des pays qui ont développé du nucléaire et sont confrontés à la gestion de ces déchets, envisagent un stockage en profondeur".

Dossier très complet donc sur un sujet qui nous préoccupe aujourd’hui en 2018, mais qui concerne aussi les générations à venir sur 100 000 prochaines années, et oui, c’est la durée de vie, en fourchette basse, de ces fûts radioactifs.
C’est à lire dans La Croix.

Enfin, puisqu’on parle d’inquiétude et de peur, dossier dans Le Parisien sur les hypocondriaques.

Oui, "une véritable pathologie, nous dit le journal, une maladie qui se caractérise par un souci exagéré de sa santé pouvant aller jusqu’au délire" Sont particulièrement touchés les "hommes de 35 à 40 ans, bien portants, mais qui, d’après une sophrologue, ont été surprotégé par leur mère".

C’est grave et ça l’est d’autant plus que "Les hypocondriaques sont de plus en plus nombreux". C’est en tout cas ce qu’annonce le châpo, les quatre lignes de présentation de l’article. Sauf que dans le corps du papier, pas de données, pas de statistiques : "combien sont-ils ? difficile à dire, répond la journaliste". Où l’on comprend qu’en fait, on ne sait pas.
Mais peu importe, quoi qu’il en soit, "On vous explique comment sortir de cette spirale : faites du sport ou du yoga, faites-vous aider par un médecin, un psy ou si le discours rationnel n’éteint plus l’anxiété un sophrologue, et enfin par-dessus tout : fuyez internet ! Fuyez ces sites et forums sur lesquels un mal de tête se transforme en AVC, une crampe en phlébite, et un picotement en cancer, etc.
La spécialiste interrogée par Le Parisien conseille également "d’éviter de lire les faits divers, source de panique".
Vu comme ça, je vous déconseille aussi les pages politiques, et les pages international, trop de stress, trop d’ulcères, et puis surtout attention au dossier "déchets nucléaire" de La Croix.