À la Une : la France va plutôt bien

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la France va plutôt bien.

En tout cas, on vous fait comprendre que ça pourrait être pire.
En Une du Parisien par exemple : photo de 5 étudiants souriants, "Ils sont jeunes et optimistes", titre par le journal qui publie un baromètre OpinionWay sur le moral des jeunes.
"78% des moins de 26 ans voient leur avenir en rose", écrit Christel Brigaudeau.

Sybille et Nicolas, 25 ans tous les deux, confirment : "aujourd’hui, pour nous, c’est le monde de tous les possibles, on est motivés, et, quoi qu’il arrive, on s’en sortira !"
Lucie, 25 ans, se repose sur "la famille et les amis, ceux qui lui donnent confiance".
Pour son compagnon, Vincent, "il y a un bien entrain général, plein de choses vont dans le bon sens, dit-il, par exemple, les avancées médicales, ça, ça me fait croire en l’avenir !"
Vincent qui ajoute : "nous, on est nés dans une période de crise, alors, ça ne peut pas être pire".

Le jeune est optimiste donc. Mais il est aussi "ultra-mature", d’après le sociologue interrogé par le Parisien, qui parle "d’une génération lucide".

Et puis autre signe pour nous dire que la France ne va pas si mal, en Une des Échos.

On en parlait à huit heures, "grâce à une croissance plus forte que prévue, et des recettes en hausse, le déficit des retraites se résorbe". Ça ne va pas forcément durer, mais ! c’est déjà ça. Et puis, Le Figaro vous l’assure : "l’exposition au glyphosate n’augmente pas le risque de cancer". C’est une étude "sérieuse et dénuée de liens d’intérêt" qui le dit. C’est à lire en page 11. Enfin, autre titre, en Une du site Chalenges.fr : "Paris a été choisie pour accueillir le siège de l’Autorité Bancaire européenne". Pourquoi c’est bien : "parce que c’est la reconnaissance de l’attractivité de la France", a écrit le président de la République sur son compte Twitter.

Emmanuel Macron, qui à en croire un autre article, cette fois dans Le Monde, démontre lui aussi que ça va plutôt bien : la preuve, il penserait déjà aux prochaines échéances électorales.
"Six mois après son élection, nous dit le journal, le chef de l’État prépare la suite et pense à 2022". Alors, deux options : soit effectivement, tout va tellement bien, qu’Emmanuel Macron a du temps dans son agenda pour "penser à 2022". C’est arrivé à d’autres. Soit, ce sont les journalistes politiques qui ont peut-être dû mal à se passionner pour autre chose que le calendrier électoral.

Autre titre ce matin, où ça va nettement moins bien : c’est l’Allemagne.

Oui, même si là aussi, vu de France, on pourrait se dire, comme Talleyrand : "quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me rassure".

Parce que de l’autre côté du Rhin, il n’y a pas de majorité pour gouverner. L’heure est grave. En Une du Frankfurter Allgemeine Zeitung, on trouve le président allemand : "Steinmeier en appelle à la responsabilité de tous", titre le journal. "Merkel joue sa survie politique", résume Le Figaro. "Sa domination écrasante a vécu, écrit Arnaud De La Grange dans son édito, la chancelière paye l’embourbement de sa méthode, son absence de vision et de grands projets".
Il semble loin le temps où l’on vous vantait le modèle allemand et l’art du dialogue de la chancelière. En page 3, l’ancien conseiller d’Helmut Kohl, Joachim Bitterlich met en garde : "une nouvelle élection jouerait en faveur de l’extrême droite", dit-il.

Contraste avec l’analyse de Hans Stark, professeur de civilisation allemande interrogé dans Libération : "il n’y a pas de rival sérieux qui émerge pour remplacer Merkel, dit-il, je ne vois pas de putsch anti-Merkel advenir dans les jours qui viennent". Il explique que, ce qui se profile, c’est surtout une période de "paralysie politique", personne n’étant majoritaire.

"Tout ça donne de la France une image de stabilité", juge Hubert Coudurier dans le Télégramme.

"Oui mais, faut-il pour autant s’en réjouir ?, demande le Journal de la Haute Marne, au contraire, personne, ni Berlin, ni Paris, ni Bruxelles, n’a rien à y gagner. Le président français, écrit Christophe Bonnefoy, n’a pas encore le muscle assez ferme pour prendre les rênes tout seul".

Même conclusion pour le quotidien l’Opinion, qui parle "du pari européen de Macron en sursis" mais qui temporise légèrement dans le cœur de son article : "attention de ne pas tirer de conclusions trop prématurée".
Bref, pas de précipitation.

Enfin, pas de précipitation non plus, mais tout de même cette question : "comment sera notre fin de vie en 2050 ?"

Oui, en 2050, on sera vieux. C’est le site Usbek & Rica qui s’intéresse à notre avenir et qui là aussi nous l’affirme, en fait ce sera bien ! "Une fin de vie de rêve", écrit Camille Brunel. "D’abord nous restons probablement chez nous : les start-up rivalisent d’ingéniosité pour nous maintenir à domicile".
Tout ça grand renfort de technologies. Si en 2017, il peut nous sembler superflu d’acheter un toaster connecté ou de relier notre téléphone à notre bouilloire, nous finirons surement par apprécier une fois âgés, les frigos qui commandent automatiquement des yaourts quand il n’en reste qu’un.
Entre assistance vocale et capteurs, des applis signaleront automatiquement à nos proches que nous avons bien refermé la porte.
Et puis la télémédecine sera elle aussi au menu de notre fin de vie. L’entreprise I-Rythm a déjà mis au point des bijoux avec électrocardiogramme miniaturisé intégré pour détecter les arythmies cardiaques en temps réel. Glycémie, température, tension, les algorithmes veilleront sur nous.

Plusieurs start-up travaillent aussi sur des exosquelettes, ou plus vraisemblablement des vêtements intelligents qui faciliteraient nos mouvements.
Enfin, si l’on pousse un peu plus loin, en 2065, une fois venu le temps de partir, écrit Camille Brunel, peut être apprécierons nous de profiter de la technologie lors du coma qui précède encore trop souvent la mort.
"Une entreprise américaine est en train de mettre au point un outil constitué de quatre électrodes à poser sur le front. Elles permettent à vos petits-enfants de savoir que vous les entendez bien".

Usbek & Rica ajoute tout de même que tout cela "sera inutile s’il n’y a pas de personnels soignants en nombre suffisant et bien formés".
La technologie, c’est bien, mais effectivement, pour la vieillesse comme pour le reste, ça ne remplacera jamais les rapports humains.