À la Une : la disparition de France Gall

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, incontournable : la disparition de France Gall.

Tous vos journaux mettent son sourire en Une, en couleur ou en noir et blanc, en jeune fille des sixities, ou star confirmée.

Et, à part le titre sec et sans fioriture de Ouest-France : "mort de France Gall"
Les autres jonglent allégrement avec le best of de la chanteuse.
Pour l’Est Républicain et le Courrier de l’Ouest, elle est "au paradis blanc",
En Une de Midi Libre, "La groupie rejoint son pianiste".
"Elle donnait tout pour la musique", d’après Sud-Ouest et "elle vivait debout", selon la Voix du Nord.
Plus subtil, la Une du gratuit 20 Minutes : "Et là, les larmes".

Et puis, il y a ceux qui se l’approprient : "C’est notre jeunesse qui s’en va", titre la Nouvelle République. L’Ardennais salue la "petite sœur des Français" et le Parisien affirme : "C’était notre France".
Le Parisien qui retrace une vie entre joie et larmes, espoirs et désillusions, à grand renfort d’anecdotes.

La chanson les "Sucettes", par exemple, écrite par Serge Gainsbourg et dont France Gall n’a pas saisi le double sens : "j’ai été humiliée par cette chanson", disait-elle.
Il y a aussi la soirée de l’Eurovision en 1965, racontée par Paris Match sur son site : "lorsque Claude François, avec qui elle était en couple, lui passe un coup de téléphone juste après l’annonce de sa victoire pour lui dire qu’il la quitte. Jaloux, il l’a vécu comme le succès de trop, dit le magazine".
Libération détaille aussi "l’agressivité de l’exposition médiatique qu’elle a subit, les mains aux fesses et les "à poils !" qui lui sont jetés lors de ses concerts".
Puis les belles années, à partir de sa rencontre, ici à Europe 1 en 73 avec Michel Berger. Un tandem enfin "à son image".
Libération qui rapporte cette confidence de France Gall à Jean-Luc Godard : "les gens veulent vous connaitre, percer le mystère, essayer de cerner votre personnalité, alors que dans ce métier, tout est fait pour nous éloigner, nous mettre sur un piédestal, tout nous met à part".

"France Gall aura passé les vingt dernières années de sa vie dans la discrétion, résume le Figaro, refusant d’apparaitre au cinéma ou d’écrire son autobiographie : "qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère", confiait-elle, témoignage ultime, écrit Olivier Nuc, de sa modestie".

Des portraits à lire principalement dans Le Parisien, Libération et Le Figaro. L’autre titre ce matin, c’est le déplacement d’Emmanuel Macron en Chine.

À lire vos journaux, on comprend que le président va surtout y parler investissements et gros contrats.
C’est ce qu’explique le Figaro mais aussi les Échos, qui résume, en Une, "le défi numéro un : celui du rééquilibrage de la balance commerciale".
Pour bien illustrer le "dit" défi, le journal publie un graphique qui ne laisse pas de place au doute : celui de l’écart entre importations et exportations qui ne cesse de grandir depuis 1999.

Clairement, pendant que la Chine achète 16 milliards d’euros de produits français, nous, hexagone, importons 46 milliards d’euros de produits chinois.
"Bref, ça fait 30 milliards de déficit commercial, écrivent Les Échos". Et c’est sans nul doute pour ça que la délégation présidentielle compte 50 chefs d’entreprises.

Autre "défi", mis en avant par le quotidien l’Opinion, l’occasion "de parler multilatéralisme et lutte contre le terrorisme".

Les contrats, la guerre, la diplomatie. Ça peut faire beaucoup dit comme ça, mais Aujourd’hui en France, vous l’assure : la délégation a tous les atouts pour réussir :
"d’abord le chef de l’État a prévu de rester 54 heures sur place, "c’est important, confie un conseiller, c’est plus que les 37 heures de Hollande"".
Autre atout : Brigitte Macron, "très populaire dans le pays", nous dit le journal, le bébé panda y est pour beaucoup.
Et puis, ultime point fort : le nom chinois du président.
Parce que, oui, il y a une traduction à la transcription phonétique "Ma-ke-long". Cela signifierait en mandarin "le cheval qui dompte le dragon". Aujourd’hui en France qui précise que "cette traduction non-officielle ravie la délégation française".

Un ton résolument optimiste donc, qui tranche avec celui de l’article empreint de fatalisme publié par les Dernière Nouvelles d’Alsace :
"comment la Chine impose au monde ses règles qui n’ont rien de démocratiques".
"Le 13 juillet dernier, un prix Nobel de la paix est mort en prison, écrit le journal. Il purgeait une peine de onze ans pour "subversion", atteint d’un cancer sans jamais avoir été soigné, il s’appelait Liu Xiaobo.
L’homme qui l’a condamné à mort est Xi Jinping, (…) mais qui s’en souvient ? demande Francis Brochet, qui note que le président chinois étant en passe de devenir l’homme le plus puissant de la planète, il est aussi le moins critiquable".
Un autre point de vue à lire donc, dans les DNA.

Et puis ce matin, on trouve aussi beaucoup d’articles autour de la santé.

Oui, et sur des thèmes très divers :
Les Échos, par exemple, nous disent que "la part des maladies chroniques augmente en France".
"Diabète, cancer ou encore Alzeimer, plus de 10 millions de patients sont suivis pour des affections longues durée, écrit le journal qui s’inquiète pour le coût important que cela engendre pour l’Assurance Maladie".
Les malades sont de grands inconséquents qui vous mette la compta en mauvaise posture.

Santé toujours, dans le Parisien cet article sur la scoliose qui vous apprend, à vous qui n’arrêtez pas de répéter à vos ados qu’il faut se tenir droit, que non, "cette pathologie n’a rien à voir avec de mauvaises postures, c’est ce qu’affirme une chirurgienne à l’hôpital Georges Pompidou. Même chose pour le cartable trop lourd ou la sacoche portée en bandoulière, le lien n’a jamais été démontré".
Bon, alors la faute à quoi finalement ? Eh bien, on ne sait pas, "on ignore les cause de la scoliose, conclu le journal qui note que l’origine est "probablement multifactorielle".

Pas de réponse claire donc.
Pas de réponse non plus pour le cancer auquel s’est intéressé Françoise Simpère, journaliste scientifique qui publie un livre sur le sujet.
Interview à lire sur le site Rue89 où elle explique qu’on a longtemps omis d’interroger certains facteurs qu’elle juge déclencheurs :
les perturbateurs endocriniens, par exemple,
le facteur environnemental d’une manière générale.
Et puis le stress : "il est immunodépresseur, dit-elle, c’est-à-dire qu’il affaibli les défenses du corps, ce qui peut favoriser la flambée de cancer.
"Une piste qui est taboue", lui rétorque Rue89.

"Oui mais regardez France Gall, répond Françoise Simpère, après avoir perdu Michel Berger, elle a eu un cancer. Elle en est revenue, puis quand sa fille est décédée, elle a fait une récidive".

Le lien entre drame et cancer ne convaincra peut être pas tout le monde.

Mais, en attendant, on en revient à France Gall.

Alors, pour méditer, je vous conseille un article sur le site Slate.fr qui s’intéresse à "Résiste", "le tube, écrit Thomas Messias, l’hymne qui parle à tout le monde". Pourquoi ? "Eh bien parce que cette chanson puise son universalité dans sa façon d’utiliser l’impératif sans verser dans l’injonction, dans le fait d’employer une écriture inclusive pour mieux parler à toutes et à tous. Le "tu" chanté par France Gall, c’est vous, c’est moi, (…) c’est ne pas se laisser faire, dire non aux exigences calibrées, au train-train et aux relations sans passion.

Bref, conclut Slate, "Résiste" est idéale pour celles et ceux qui ne croient pas au grand soir  mais espèrent encore qu’il soit possible de changer le monde en procédant par petites touches".

"Résiste"", c’est valable pour un peu tout, des droits de l’homme en Chine au cancer et autres injustices crasses de la vie.
"cherche ton bonheur partout, va, refuse ce monde égoïste, bats toi, signe et persiste".