À la Une : il est question de "guerre d’usure"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, il est question de "guerre d’usure".

Expression trouvée en Une du Figaro, mais aussi de la Nouvelle République et dans le Parisien, "SNCF : la guerre d’usure", faut croire que "bras de fer" était devenu trop planplan. Et dans cette "guerre", celui que vos journaux interpellent, c’est surtout  Emmanuel Macron.
"Il faut tenir", lui dit le Figaro. "Ça se joue maintenant", ajoute le Parisien. "Macron tombe sur son premier os social", écrit la Voix du Nord. "Il est déjà pris au dépourvu", lance Médiapart.
Pour Les Échos "il est face au coup de chaud social". Les Échos qui offrent un beau panaché des petites phrases distillées anonymement côté gouvernement pour montrer que la détermination est là : "on ne peut plus reculer", "on ne perdra pas de plumes", ou encore, la plus incongrue : "on a ouvert les portes de l’avion, on a sauté et on ne remontera pas". Oui, sauf qu’un saut, ça se prépare, et qu’à lire le quotidien l’Opinion on se dit que le parachute est resté dans l’avion. "L’exécutif n’a pas anticipé la grève perlée à la SNCF, écrit Fanny Guinochet, il a été surpris le 22 mars par le taux élevé de grévistes chez les cheminots. Et il n’avait pas prévu que les cadres soutiendrait le mouvement". D’autant, ajoute L’Opinion "qu’il y a aussi Air France, les éboueurs, EDF et la mobilisation des étudiants, qui inquiète la présidence". "Le climat social est-il éruptif ?", demande Le Figaro à Laurent Berger : "la France compte cinq millions de pauvres et des millions de chômeurs, répond le patron de la CFDT, les jeunes, les salariés, les retraités, tous sont inquiets pour leur avenir et trouvent injustes les politiques menées, comment voulez-vous que le climat ne soit pas éruptif ?". "Donc pour qu’il n’y ait pas "d’éruption" comme vous dites, il faut renforcer la cohésion sociale, (…) j’en ai assez, explique Berger, qu’on tape sur les organisations syndicales, sur un service public et sur les cheminots. Plus vite on discutera, plus on a de chance d’éviter un conflit dur que je ne souhaite pas". Un message on-ne-peut-plus-clair à lire donc dans Le Figaro.

Et puis, on parlait de "guerre d’usure", Marinette Pichon en a vécu une vraie : témoignage de la footballeuse ce matin dans l’Équipe.

"Victime d’un père violent et alcoolique : sans le football, l’ancienne attaquante des Bleues aurait pu sombrer, résume le journal, c’est ce qu’elle décrit dans un livre à paraitre jeudi". Elle raconte au journaliste Yohann Hautbois des années de violences paternelles, celles des "raclées", des courses dans les escaliers couteau à la main, et celles des mots surtout, les insultes, les menaces, comme lorsqu’en rentrant d’un entrainement en voiture, il accélère et lui dit : "j’ai ta vie entre mes mains et je peux te foutre en l’air, choisi ton arbre". "Dès que la porte était fermée, confie Marinette Pichon, avec ses litres de pinard le soir, c’était le démon incarné. (…) Si je n’avais pas eu le foot, je serai tombée dans la délinquance ou la drogue". "Avez-vous hésité à raconter tout ça ?", lui demande le journaliste. Oui bien sûr, répond-elle, mais je voulais faire fermer leur gueule à tous ceux qui ont jugé sans savoir ce qui se passait derrière la porte". Elle dit "jugé" parce qu’effectivement, l’autre combat de Marinette Pichon, c’est aussi le regard des autres sur son homosexualité. "C’est dur d’être soi, dit-elle, souvent on endosse des costumes qui ne sont pas les nôtres, mais je suis moi maintenant, je ne voulais plus me justifier d’aimer ma femme, ne plus me cacher. Voilà, j’ai absolument tout raconté dans ce livre, et j’aimerai que mes enfants ne retiennent que le titre, que cela leur serve dans la vie parce qu’il résume tout". Effectivement, le titre c’est "Ne jamais rien lâcher". Interview poignante à lire ce matin dans l’Équipe.

Et puis, en bref, on trouve aussi dans vos journaux des nouvelles des véritables "guerres d’usure".

Oui, celles qui durent, celles qui tuent. De nombreux quotidiens reviennent par exemple ce matin sur la mort de 17 palestiniens vendredi dernier, abattus par l’armée Israélienne alors qu’ils atteignaient le point de rassemblement d’une manifestation à la frontière entre les deux territoires : La Croix, l’Humanité, l’Opinion ou encore Le Parisien qui explique "pourquoi Gaza pourrait s’embraser" : parce que le calendrier des semaines à venir est lourd de sens, explique le journaliste Ronan Tésorière, notamment le mois de mai : déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem le 14, anniversaire des 70 ans de la création de l’État d’Israël le 15 et début du ramadan le 16. "Avec ce qui s’est passé ce week-end, juge l’historien Vincent Lemire, l’image d’Israël s’est dégradée à l’international, c’est dévastateur, d’autant que depuis toujours, le cauchemar des services de sécurité, c’est justement un mouvement pacifique d’ampleur, voilà pourquoi, dit-il, il y a bien un risque d’embrasement". Et puis deux autres nouvelles, deux petites brèves trouvées dans Ouest-France : la guerre d’usure contre le terrorisme au Nigeria : "15 morts et 70 blessés dans une fusillade imputée au groupe Boko Haram dans le nord-est du pays". Et le cauchemar qui continue pour les Rohingyas, qui fuient la Birmanie par la mer… Photo d’une de ces embarcations de fortune dans Ouest-France qui rappelle que "depuis aout, 700.000 Rohingyas ont été poussé à l’exode par l’armée birmane". 

Enfin, ce dossier dans Science & Avenir : "comment faire face au stress".

Oui, de la guerre d’usure à la guerre des nerfs, c’est forcément d’actualité.
Et évidemment mieux vaut prévenir que guérir. "D’abord, écrit la journaliste Anne Prigent, il est urgent d’apprendre à déconnecter, il faut savoir éteindre son téléphone portable, oublier les écrans. Et ensuite, il faut pouvoir mettre à profit le temps gagné pour faire attention à soi. Ça peut passer par pratiquer un sport, appeler un ami, se lancer dans la poterie ou apprendre d’une langue étrangère, tout ce qui n’est pas urgent mais qui a du sens". Ça c’est sur le long terme, mais en cas de force majeure me direz-vous ?  Eh bien pas de solution miracle, mais Sciences & Avenir rappelle le classique : six minutes de respiration profonde, quatre secondes d’inspiration et six d’expiration.
Voilà, des conseils susceptibles d’intéresser pêle-mêle les usagers SNCF, les cheminots, grévistes, ministres, et évidemment, nos confrères éditorialistes.