À la Une : fracture dans la clan Hallyday

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, des fractures, des tensions et des relations compliquées.

"Comment en sont-ils arrivés là ?", c’est le titre du dossier du Parisien ce matin autour de la bataille testamentaire qui déchire le clan Hallyday. Jalousies, rivalités. "La mésentente qui éclate est en fait très ancienne", résume le journal. Revue de contentieux à lire également dans le Figaro qui raconte comment "Laetitia gère l’empire" : "elle a depuis longtemps organisé les sociétés du chanteur en faveur de sa famille, écrit Lena Lutaud, c’est d’ailleurs sa grand-mère de 79 ans, surnommée Mamy Rock, qui est la représentante légale des sociétés du couple Hallyday. Certaines sont basées à Paris, avec des ramifications au Luxembourg, en Suisse et aux Iles Vierges Britanniques, par exemple la SARL Mamour (véridique) a été créée spécialement pour encaisser les millions d’euros des tournées de Johnny. Mais difficile d’estimer la valeur de toutes ces sociétés, conclu le journal, Laetitia protège les comptes par une déclaration de confidentialité". Les coulisses, c’est rarement reluisants mais ça explique beaucoup de choses. A ce propos la Une de l’Opinion s’intéresse à une tout autre fracture : "le dossier immigration sur lequel la majorité s’échauffe", nous dit le journal qui raconte, derrière l’unité de façade, les tensions entre députés En Marche et députés Modem autour du projet de loi asile et immigration, "un texte inflammable politiquement" qui illustre toute la difficulté d’être unis et en même temps libre de dire son désaccord

Et puis il y a cette autre affaire, en Une du Monde (on en parlait tout à l’heure avec Axel de Tarlé), c’est celle de la succession de Gérard Mestralet pour la présidence d’Engie.

Un groupe que souhaitait présider l’actuelle directrice générale, Isabelle Kocher, mais "le gouvernement a tranché", écrit le journal, c’est Jean-Pierre Clamadieu, patron du géant de la chimie Solvay, qui hérite du poste. Résultat : de l’acronyme PDG, lui prend le P, elle garde DG, la faute à un triptyque empoisonné, résume Le Monde : "coups bas, sexisme et boules puantes". C’est qu’en "interne, les rumeurs malveillantes courraient sur ses relations avec Mestralet, confie anonymement une ancienne de la maison, elle fait partie de cette génération de femmes qu’on accuse de coucher pour expliquer leur succès." D’autres se seraient demandé ouvertement "comment une mère de famille de cinq enfant pourraient bien diriger une multinationale du CAC 40 ?" Mais un dernier anonyme s’explique les difficultés d’Isabel Kocher autrement : "Macron ne l’aime pas", dit-il. Un cas, écrivent les journalistes, que le "tout-Paris des affaires" contemple avec un effarement teinté de voyeurisme." Voilà, c’est tout aussi déconcertant que les déboires des Hallyday, et c’est à lire dans Le Monde. 

On parlait d’Emmanuel Macron, justement plusieurs journaux reviennent sur sa relation compliquée avec la presse.

L’Express propose par exemple de "décrypter la com’ de Macron" : "comment il orchestre, comment il verrouille". Où l’on apprend  notamment que s’il y a bien un journal qui l’agace, eh bien c’est Le Canard Enchaîné. "Depuis qu’il a été élu écrit Eric Mandonnet, Emmanuel Macron a lancé l’opération "balance ton Canard" : haro sur les petits indiscrets publiés dans la fameuse page 2. Qui a été trop bavard ? Qui rapporte les propos privés du président ? A l’Elysée, écrit l’Express, les collaborateurs se regardent en chien de faïence pour repérer la taupe, "parce qu’ici, dit l’un d’eux, on ne parle pas au Canard"." Haro sur le Canard donc, haro aussi sur le magazine Ebdo. Apparemment le dossier sur "l’affaire Hulot", a rendu le président furieux : visé, notamment, le directeur de la publication et ancien ministre de François Hollande, Thierry Mandon : "il essaye de faire son commerce sur le dos des politiques, c’est une fripouille, un charognard", aurait lancé Emmanuel Macron". Information trouvée en page 2 du Canard Enchaîné.

Le président qui voit peu les journalistes, mais qui a rencontré hier l’Association de la presse présidentielle

Et contrairement à son prédécesseur, explique Le Parisien, pas de dîner offert, juste "une sorte de conférence de presse, écrivent Ava Djamshidi et Henri Vernet, avec les 120 journalistes chargés de chroniquer sa présidence, ceux-là même qu’il maintient à distance." On sent une petite pointe de frustration. Mais voilà, Emmanuel Macron a pu être interrogé sur quelques thèmes brûlants : sur les cas Hulot et Darmanin, où il a dénoncé "la république du soupçon", sur le pouvoir d’achat pour lequel il demande "du temps", sur le rôle de Brigitte Macron mais aussi sur la question de savoir s’il est croyant. Ou encore "comment vit-il ses premiers mois au pouvoir ?" : "le chef de l’Etat marque alors une pause, les yeux levés au ciel, écrit le journal, "il y a une part d’ascèse, avoue-t-il, je n’oublie pas d’où je viens, je ne suis pas l’enfant naturel de temps calmes de la vie politique, je suis le fruit d’une brutalité de l’histoire, parce que la France était malheureuse et inquiète, si j’oublie cela ce sera le début de l’épreuve", confesse-t-il avec une part d’humilité, qu’on ne lui connaissait pas forcément", écrivent les journalistes sur lesquels visiblement le charme a tout de même fini par opérer.

Voilà qui nous amène au sujet visiblement incontournable du jour, à en croire nombre de Une en tout cas : la Saint-Valentin.

Oui, impossible d’oublier effectivement. Le Bien Public vous dit "comment trouver l’âme sœur", La Provence titre "embrassons-nous !", et la Montagne propose ses "Paroles d’amoureux", même chose pour l’Eclair des Pyrénées, Nice Matin, Libération ou encore la Voix du Nord qui publie 12 pages de mots d’amour.
Bref, ça dégouline d’amour. Et pourtant, pourtant un choix cornélien inquiète vos journaux, comme le résume en Une la Charente Libre : "Foot ou dîner en amoureux ? C’est le match du jour", eh oui puisque ce soir, il y a aussi la rencontre PSG-Real Madrid. "Quand j’ai vu le tirage, raconte Laurent dans Midi Libre, je me suis dit que ça allait être un super match, mais en regardant la date j’ai su que ça allait être compliqué" Laurent ira donc au restaurant, mais sans lâcher son téléphone, précise le journal, il veut au moins avoir le score." Sinon, La Croix propose encore autre chose: "et si on étendait ce rituel à tous les autres jours de l’année ?" Voilà, tous les autres jours, sauf un mercredi sur deux ! Allé, quoi que vous fassiez ce soir, dites-vous que l’amour, et plus largement, la bienveillance et l’empathie, transcendent les dates et les calendriers, même ceux de la Ligue des Champions.