À la Une : des nouvelles des grands fauves politiques

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, des nouvelles des grands fauves politiques.

Oui, ça ne vous réconciliera pas avec la politique, mais allons-y quand même.
Le Point fait donc sa couverture sur "les carnets secrets de la droite".
En photo, trois grands prédateurs : Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, sur fond de végétation dense et verdoyante.

En page intérieures, on trouve les extraits du livre écrit par le directeur de campagne du candidat Républicain à la présidentielle, Patrick Stefanini.
Par exemple, cette confidence d’une proie anonyme : "Fillon est un tueur à la sarbacane, caché dans le marais et qui t’attaque à la nuit tombée".
On a bien l’image effectivement.
Ou bien cette scène, après les révélations du Canard Enchainé :
"je lui dis "François, ça va être difficile", et, avec l’instinct des grands fauves politique, explique Stefanini, il comprend tout de suite : "Tu penses qu’il faut que j’arrête ?", je lui réponds "oui"".
Avec le recul, on sait qu’en fait, il n’a pas vraiment compris.

Autre révélation, dans Paris Match, cette fois où Bruno Jeudy raconte comment François Fillon a aidé Nicolas Sarkozy à boucler ses comptes de campagne pour la primaire. L’addition est salée.

"Sa campagne lui a couté environ 1,3 millions d’euros, écrit le journaliste, et LR lui réclame 300.000 euros. Alors François Fillon et Nicolas Sarkozy vont sceller un deal financier : Fillon demande à son directeur de campagne de prendre en charge la dette de 300 000 euros. (…) Pour ce faire, Patrick Stefanini puise dans la cassette de Force Républicaine, le micro parti du vainqueur, richissime grâce aux 10 millions d’euros gagnés après la primaire".
Le règlement se fait en deux temps, un premier chèque de 200.000 euros et un autre de 100 000 un peu plus tard. Tout ça pour quoi ?

"Nicolas Sarkozy a t-il freiné un changement de candidat parce qu’il était lié à Fillon ?", demande Cécile Cornudet dans Les Échos. L’article ne le dit pas, mais « pas sûr, conclu Bruno Jeudy, que les militants fillonistes soient ravis de voir leurs cotisations boucher les trous de la campagne de Sarkozy".

À lire dans Paris Match donc, qui fait sa Une sur un autre animal politique, à gauche cette fois.

Oui, Ségolène Royal, "la survivante, titre le magazine".
Reportage en Laponie avec la nouvelle ambassadrice des Pôles. Royal avec des chiens de traineaux, Royal dans le traineau, Royal "se régalant avec une saucisse de renne", c’est pas moi, c’est la légende de la photo.
"Elle ne lâche rien, écrit Eric Hacquemand, elle égratigne Hulot et fait des offres de services".

Suivent des ribambelles de petites phrases bien affutées : "ma liberté n’est pas un billet sans retour, dit-elle, je ne suis pas à la retraite", ou encore "en politique, il y a ceux qui résistent et ceux qui s’écroulent", mais aussi "revenir au gouvernement ? Ça dépend où".
"L’ex-ministre garde la flamme, conclu le journaliste, c’est l’âme finlandaise : l’acharnement patient".

En passant, on apprend que les chiens de traineaux qui posent sur les photos sont en voie d’extinction.
L’homme est bien le plus grand des prédateurs. Et les premiers à en pâtir, finalement, ce sont les animaux.

Justement, ce matin, plusieurs journaux abordent ce sujet.

Par exemple, Midi Libre, qui nous dit que les quotas de pêche de thon rouge vont être augmentés : après 10 ans de surpêche, les "stocks" se porteraient mieux. 

Dans Le Monde on apprend que la commission européenne se prononce en faveur de la pèche électrique.
"Cela consiste à racler le fond marin, écrit le journal, au bout des filets, des électrodes envoient des décharges dans les sédiments pour capturer les poissons plats qui y sont enfouis".
Les ONG parlent de "taser pour sole" et dénoncent une pratique qui "transforme l’océan en désert".

Il y a aussi ce portfolio dans l’Obs : "Élevage intensif, bétail cloné. Le Brésil est devenu le plus grand exportateur mondial de viande bovine au monde et prévoit de doubler son cheptel d’ici 2025".
Photo saisissante, signée Carolina Arantes, d’un troupeau de milliers de vaches s’étendant jusqu’à l’horizon.

Mais, en parallèle, de plus en plus de consommateurs s’interrogent.
"Pourquoi la souffrance animale devient insupportable", question posée par le magazine Psychologie pour qui "le rapport aux bêtes est devenu un véritable phénomène de société".
Portrait d’une belle blonde à corne en page 43 : "que voit-on dans les yeux de cette vache ? demande l’hebdomadaire, une simple carcasse ou un être sensible ?"
"Un jour, raconte Julia, 38 ans, je me suis demandé si j’étais capable de tuer l’animal qui était dans mon assiette, et, la réponse, étant non, désormais, je m’abstiens. Je sais que je suis un animal carnivore, dit-elle, mais les autres n’élèvent pas leurs proies pour les tuer".
Un cas de conscience qui touche une minorité de français, précise Psychologies, mais qui progresse : d’après l’institut OpinionWay, 3% des français sont végétariens… Ils n’étaient que 0,1% il y a dix ans…

Enfin, l’autre sujet qui fait couler beaucoup d’encre c’est l’intelligence artificielle.

Avec cette interrogation : l’homme serait-il en train de créer son propre prédateur ?

Dossier à lire notamment dans le dernier numéro du trimestriel WE Demain qui sort aujourd’hui : "I.A, deux lettres qui vont changer votre vie".
"Ce qui compte, explique le mathématicien Cédric Vilani, ce n’est pas l’intelligence artificielle mais les milliards de données que nous produisons. Celui qui les maitrisera dirigera le monde".

Dossier aussi dans Libération, qui, à propos de données, a interrogé le "monsieur I.A. de Facebook", Yann LeCun, selon qui une intelligence artificielle pourra prendre de meilleures décisions que les humains. "On connaît des études aux Etats-Unis sur la sévérité des décisions d’un juge en fonction des résultats de son équipe de foot préférée, ou de l’heure de la journée. Donc pour réduire ces influences, il faut plus d’intelligence artificielle".
On pense au scénario du film Judge Dredd avec Sylvester Stallone…

Alors "faut-il craindre l’I.A.?" demande encore le journal Le Monde.
"Toutes les tâches qui étaient assumées par des cols blancs diplômés sont menacées, écrit Valérie Segond, parce que la machine est plus forte qu’un humain pour digérer des informations. De la banque à la grande distribution, en passant par les assurances et les télécoms. L’impact sur l’emploi s’annonce massif, même si, note la journaliste, personne à ce jour n’a osé l’évaluer pour ne pas alarmer les syndicats".

Voilà, on a trouvé l’ultime rempart à la domination des machines… Les syndicats, seuls grands prédateurs face à l’intelligence artificielle.