À la Une de la presse lundi, la rentrée et un fou face à un dingue

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse lundi matin, le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord…

Notamment avec cette photo que vous allez retrouver un peu partout : où l’on voit le leader nord-coréen qui inspecte avec sérieux et concentration une charge nucléaire miniaturisée, entouré de ses ingénieurs. C'est 'l’onde de choc mondiale', pour le Figaro, "L’essai nucléaire de trop" pour l’Indépendant, "La nouvelle provocation", pour Ouest France

Et chacun de chercher à définir le leader nord-coréen. Kim Jong-Un est un "fou" pour Libération. "Fou, oui, mais pas plus que son père", note le Figaro. On peut se demander s’il n’y a qu’un seul fou dans l’affaire quand, de l’autre côté, les États-Unis se disent prêts à utiliser leurs capacités nucléaires si les menacent persistent. Le Washington Post rapporte également l’inquiétude de la Corée du Sud, voisine immédiate de Pyongyang que les États-Unis menacent de sanctions économiques. Le titre du quotidien américain est sans équivoque : "Les dirigeants sud-coréens s’inquiètent du fait que Trump soit un peu dingue". Un dingue contre un fou donc.

Au-delà des qualificatifs, pour l’Opinion, ce feuilleton marque surtout l’hyper-impuissance américaine, "incapable de jouer autre chose que les gros bras en matière de politique étrangère". Conclusion alarmiste de Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute-Marne : "De toute façon, on voit mal quelle solution pourrait s’avérer la plus efficace, c’est ça le plus angoissant".

Alors sommes-nous foutus ? Une guerre nucléaire est-elle inévitable ? Ou au contraire, n’y a-t-il pas une méthode pour régler le conflit ? Si, répond Carole Bouillé dans l’Union : "c’est la reconnaissance diplomatique" de la Corée du Nord. Il faut changer d’approche. L’Humanité va dans le même sens et rappelle qu’il "y a un an, Pyongyang demandait déjà aux États-Unis à être accueillie dans le club des puissances nucléaires, et donc d’être traitée comme telle (…)". Certes la Corée du Nord ne respecte pas le traité de non-prolifération, mais elle n’est pas la seule : l’Inde, le Pakistan et Israël ont aussi acquis la bombe atomique. Sachant qu’on est bien loin de ce qui devrait être "LA bonne résolution" en matière nucléaire puisque l’idée de désarmer reste totalement étrangère aux grands états : le 7 juillet dernier à l’ONU, un projet de traité pour l’abolition totale de l’arme nucléaire a été voté par 122 des 192 états membres, sauf les pays de l’OTAN et les pays détenteurs de la bombe.

Moins explosif mais incontournable, la rentrée des classes fait également la Une de presque toute la presse

Vos journaux se sont tous attelés à la tâche pour monter des dossiers "spécial rentrée". Le Progrès par exemple qui fait le point sur "le vrai du faux sur les savoirs fondamentaux" : On aurait abandonné les fondamentaux ? "Faux", répond le journal. Lire, écrire, compter, ces enseignements occupent exactement le même volume horaire qu’en 1969". En revanche, oui, les élèves font moins de sport…

Le Parisien, lui, propose de regarder ce qui se fait dans les autres pays, en prenant pour échelle de mesure le classement Pisa, dans lequel la France arrive 27ème. Quelle est la clé de réussite en Finlande, par exemple, qui arrive en cinquième position ? "Dans mon pays", explique Sani, 16 ans. "Le zéro n’existe pas, et les notes commencent à partir de 4/10". Pas de zéro donc, et des cours de soutien gratuit pour ceux qui ont du retard. Autre exemple, la Corée du Sud, onzième du classement : "chez nous on travaille énormément", raconte Hiyen, 17 ans. "Il y a beaucoup de pression et les établissements scolaires sont ouverts de 8h à 23h". Oui, 23h… Est-ce bien nécessaire ? Sachant, que ce qui compte, tous les enseignants le disent, c’est surtout d’obtenir l’attention des élèves.

C’est l’objet d’un article à lire sur le site du Figaro, qui met en avant le programme "Atol", comme "attentif à l’école", un projet lancé par Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neuroscience à l’Inserm. Mille enfants d’une quarantaine de classes près de Lyon et Grenoble ont déjà participé à ce programme. L’idée est de donner des leviers aux enseignants pour sortir de l’injonction traditionnelle et généralement inefficace "concentre-toi !". Au lieu de ça, le professeur explique à l’enfant de façon scientifique ce que signifie se concentrer, le tout à l’aide de fiche pédagogique détaillant le fonctionnement du cerveau. Résultat, conclut le Figaro, les profs ont tous demandé à renouveler l’expérience pour cette année, le programme ayant permis de canaliser des enfants considérés ingérables. Comme quoi, il suffit parfois de changer d’approche…