À la Une : c’est jour de pause

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, c’est jour de pause.

Lundi de Pâques oblige, lecteurs des Échos, de Libération, de la Croix, l’Opinion ou encore de l’Humanité, ne cherchez pas : il n’y a pas d’édition ce matin.

Pas de pause en revanche pour la quasi-totalité des quotidiens régionaux, ni pour l’Équipe, et le Figaro dont l’édition est certes disponible mais uniquement en ligne sur le site lefigaro.fr. En Une : le Pape François et son appel à s’engager à l’adresse des jeunes.

Et puis Le Parisien lui est bel et bien imprimé : dossier sur "le triomphe des comédies au cinéma" :
Pourquoi ? "Parce qu’on a besoin de se rincer la tête", répond André dans le Nord, "non seulement ça fait du bien de rire, ajoute sa femme Fatiha, mais ces films, ça nous fait aussi réfléchir sur la vie de tous les jours qui n’est pas toujours simple, finalement, j’ai l’impression que ça passe mieux en riant".
C’est ce que Frédéric Vézard qualifie dans son édito de "parenthèse régressive et réconfortante".

Ce besoin de penser à autre chose, d’éprouver autre chose que de la colère, ou de l’impuissance. Autrement dit ce que provoque souvent, reconnaissons-le, la vue des titres de l’actualité.

Et le sujet qui risque de provoquer agacement et sentiment d’impuissance ce matin, c’est (sans surprise) la grève à la SNCF.

"Ça va être la galère", prévient Libération Champagne,
"Évitez le train", lance, pragmatique, L’Est Eclair en Une.
Presse Océan parle de "jours noirs", Ouest-France de "mardi noir", le Télégramme de "bras de fer", le Dauphiné "d’épreuve de force".

Le journal La Marseillaise en revanche salue la détermination des grévistes et titre sur "les cheminots (qui) entrent en résistance".
Mais à la veille de cette première journée de mobilisation, ce que vous trouverez pour l’essentiel, c’est surtout de l’info pratique, des "plan B" : "comment s’organiser ?",

Conseils par exemple dans La Voix du Nord qui, outre le covoiturage, vous donne deux-trois astuces : notamment, si votre emploi le permet, de suggérer à votre employeur le télétravail. Autrement dit, travailler de chez soi.
Sinon, l’extrême recours, partir un jour avant et prendre une chambre d’hôtel.

Conseils à retrouver donc dans la Voix du Nord, mais aussi dans le Courrier Picard ou encore dans Nice-Matin.

Nice-Matin qui fait sa Une sur une toute autre préoccupation et pose cette question à ses lecteurs : "alors ? On skie ou on bronze ?", photo de veinards en maillot de bain sur une plage, avec en fond les Alpes enneigées.
Auditeurs niçois, profitez bien. Vu d’ici, ça laisse rêveur.

Et puisqu’on parle hausse des températures, on apprend ce matin que "même limité à deux degrés, le réchauffement climatique aura bien une incidence importante".

Conclusion d’une étude britannique publiée dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society relayée, en français, sur le site du HuffingtonPost…
"Même si la température n’augmente que d’un degré et demi, le niveau des océans continuera tout de même de monter, la perte de biodiversité va s’accentuer, et la sècheresse rendra les cultures de plus en plus difficile".

Bon, pour se rassurer on peut lire le Figaro qui l’assure : "la France s’adapte déjà au réchauffement climatique".

Et ça se passe surtout au niveau local.
Par exemple, la ville de Lyon prévoit d’aménager jusqu’à 20% de voiries ombragées d’ici 2030, et surtout de végétaliser ses bâtiments, « c’est le plus efficace pour perdre quelques degrés, explique le vice-président de la métropole, Bruno Charles qui reconnait qu’il y a urgence : "en 2050, Lyon aura le climat de Madrid, dit-il, et en 2100, celui d’Alger".

Autre initiative, cette fois à Bordeaux, où des chercheurs planchent sur la préservation des cépages bordelais, déjà impactés par des vendanges de plus en plus précoce.
"Comme quoi, conclu le journaliste Marc Cherki, même si les efforts peuvent paraitre faibles au regard du réchauffement annoncé, l’adaptation de la France semble engagée".

Un optimisme que ne partage pas du tout Midi Libre ce matin.

Oui, avec ce titre en Une : "la truffe noire est en voie de disparition".
Et les chiffres sont éloquents : "On est passé de 1.000 tonnes par an au début du 20e siècle à 60 tonnes en moyenne aujourd’hui, résume Franck Richard, chercheur à l’université de Montpellier, sachant que cette année on tombe à 10 tonnes".
Une production qui s’annonce difficile à maintenir dans les années à venir puisqu’elle est d’ores et déjà impactée par les sécheresses à répétition et la hausse des températures dans la région.

Pourtant il y a des solutions, "de l’autre côté des Pyrénées, par exemple, les Espagnols, eux, anticipent, explique Franck Richard, ils plantent des truffières en altitude, ils ont compris que, de toute façon, c’est le changement climatique qui va l’emporter. Malheureusement, nous, en France, on ne va pas dans ce sens".

Cri du cœur pour sauver la truffe noire, à lire donc dans Midi Libre.

Et puis, en ce lundi férié pour beaucoup, un coup d’œil sur tous ces magazines qui nous incitent à "prendre du recul".

Oui, par exemple, la revue de développement personnel Simple Thing qui vous donne des pistes pour "ralentir".
Le bimestriel Respire vous incite à "prendre le temps de ne faire qu’une seule chose à la fois".
Le magazine In the moment vous parle de "l’art de s’isoler en pleine nature" et la revue Aider de "comment cultiver son gout de vivre".

Voilà, la quête de soi pour la quête de sens.

Sinon, il y a aussi ceux qui choisissent de se tourner vers les autres pour trouver du sens. Nous vous invitons à lire sur le site lemonde.fr ce reportage de Pascale Krémer sur les frigos solidaires, ces "réfrigérateurs en libre-service, installés par des associations ou des collectifs d’habitants directement dans la rue, à disposition des plus démunis" : on en trouve à Metz,  Nancy, Toulouse, Angers ou encore Vichy.
Et puis il y en a aussi à Paris, dans le 18e arrondissement, "tous les soirs, écrit Le Monde, Amir, 57 ans, vient y déposer pizzas, potage et dessert qu’il n’a pas vendu dans sa trattoria, des produits soigneusement datés et emballés" : "mon commerce tourne bien, dit-il, mais ça fait du bien de partager avec ceux qui sont dans le besoin, bien sûr, ça n’a l’air de rien, on ne peut pas changer le monde, conclu Amir, mais on peut faire des petites choses".

Une autre forme de réponse à la quête de sens.