Affaire Hulot : l'enquête d'"Ebdo" remise en question par le reste de la presse

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Plusieurs médias s'interrogent vendredi sur la pertinence journalistique de l'enquête publiée par "Ebdo" sur Nicolas Hulot.

À peine publiée, que déjà les réactions font la Une. L'enquête d'Ebdo sur des accusation d'agressions sexuelles concernant Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, suscite dans la presse de vendredi de nombreuses interrogations alors même que l’intéressé s'est lancé dans une opération déminage avant même la parution de l'article. Mais ce qui est en question, ce sont moins les faits reprochés au responsable gouvernemental que le travail d’enquête du magazine. En effet, Ebdo, qui promet de révéler "un secret enfoui depuis 20 ans" ne donne ni le nom des victimes, ni la description de faits qu'il se contente seulement d'évoquer.

Enquête journalistique ou lynchage médiatique ? "La libération de la parole des femmes justifie-t-elle le lynchage médiatique ?", demande par exemple le journal L’Opinion qui titre sur "l’emballement 'balance ton pol'". "Dans un monde de rumeurs, le doute profite désormais à l’accusation, la justice ne compte plus !", s’insurge Nicolas Beytout. "La rumeur remplace la justice", juge également Le Figaro. En fait de rumeurs, précisons tout de même qu’une plainte pour viol a été déposée, classée sans suite certes.

Mais comme le relève Le Point, "Ebdo ne dit rien sur les faits en eux-mêmes". Libération pointe une "enquête peu étayée" et un "'scoop' classé sans suite". Pour Frédéric Vézard dans l’édito du Parisien, "la dénonciation se confond avec la preuve" Dans la première affaire "l’intéressée elle-même dément", écrit-t-il dans le journal, et dans "la seconde, il y a prescription". Ce qui néanmoins n’empêche pas Le Parisien d’aller lui-même plus loin encore en dévoilant le nom de la plaignante qui voulait rester anonyme. Et de préciser "qu’elle n’est pas à l’origine de l’article d’Ebdo".

Un risque de discrédit pour un vrai problème de société. pour "Cette nouvelle affaire suscite un malaise", résume Daniel Muraz dans Le Courrier Picard, un malaise quant à la crédibilité de la parole des victimes en général. Parce que la fragilité des accusations pourrait servir à nourrir un déni de l’importance des agressions sexistes dans notre société".  Le dernier numéro de Causette consacre d’ailleurs un dossier à ce thème, "parce que si l’on tend l’oreille, écrit le magazine, on distingue des questions brûlantes, qui méritent toujours d’être posées", écrit le magazine.