49.3 : l'arme législative est dégainée

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Hier l'Assemblée est devenue une arène où se décidera la vie ou la mort du Premier ministre. Un spectacle digne du "pain et des jeux" de l'Empire romain !

Ce matin en Une de vos journaux il y a ceux qui testent leur force de conviction :

Le Parisien : L’Europe c’est pas si mal.

Libération : Je te déteste, moi non plus. Avec ce sondage : 68% des Français jugent que les décisions de l’Europe sont allées dans le mauvais sens, mais 61% pensent qu’une sortie de l’Europe aurait des conséquences négatives. Pendant ce temps, les hebdos célèbrent à leur tour le grand homme :

L’Express : C’était Rocard.

Charlie Hebdo le seul à ne pas faire dans la révérence, avec un Rocard en maître Yoda : maintenant que la gauche est morte, m’en aller je peux.

Et pour l’avis de décès :

L'Humanité : Loi Travail : Manuel Valls choisit la lutte des clashs.

Le Figaro : Loi Travail : Cinq mois pour (presque) rien.

L’Opinion : La loi Travail, psychodrame sans fin.

Et puis, un anniversaire. Hommage au palmipède : Le Canard Enchaîné fête ses 100 ans.

49.3

Les éditos de ce matin demandent grâce. "Pouce, demande Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain. En cette veille de trêve estivale, et à 9 mois de la présidentielle, le PS peut songer à passer ses nerfs sur d’autres châteaux de sable." Mais dans le Courrier Picard, Jean-Marc Chevauché traduit l’agacement général : "On le voit, il est grand temps de réécrire les textes. C'est l'une des leçons de cet embrouillamini que devient le noble débat parlementaire. Que la soi-disant gauche ait jeté aux orties ses valeurs les plus profondes avec ce texte dévoyé, c'est une réalité mais c'est son affaire. On parle aux Français d'une mondialisation dont seul un petit nombre profite. On évoque des opportunités qui passent toujours sous les mêmes fenêtres. On fait croire aux chômeurs qu'ils vont devenir chefs d'entreprise. On insinue aux coiffeurs ou aux taxis qu'ils sont des entrepreneurs libres quand ils ne sont qu'une sorte différente de vaches à lait. Au bout du compte, c'est le peuple qui décidera. Trahi, il décide toujours mal. Alors, Messieurs, assumez vos histoires, perdez les élections, mais perdez-les au moins avec panache."

Un cas d’école

C’est un petit récit dans Les Echos. Le 4 juillet, nous raconte Daniel Fortin, Thierry Adam, journaliste et commentateur attitré du Tour de France pour France Télévisions était absent de l’antenne. Motif ? Un congé contraint. A chaque tour de France, France Télévisions demande une dérogation à la direction du travail pour obtenir une extension temporaire de l’amplitude horaire et le droit de travail 7 jours d’affilée afin de couvrir l’évènement sportif le plus médiatisé de France. En 2014, la direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la consommation a dit non. Depuis cette date, journée de repos hebdomadaire obligatoire pour les commentateurs salariés des chaînes publiques. Pas pour les pigistes, ni les chroniqueurs extérieurs. Pour les Echos, le maillot jaune du dogmatisme.

Anti-terrorisme

Libération et le Figaro rendent compte des travaux de la commission parlementaire sur les attentats de 2015. Et le Figaro ouvre avec ces mots du député Georges Fenech : "Devant le Bataclan, le 13 novembre, les policiers de la BAC, arrivés les premiers, voulaient au moins que les militaires de l’opération sentinelle, arrivés sur place, leur prêtent leur fusil d’assaut Famas, puisque les militaires n’avaient pas le droit de tirer. Et ils ont essuyé un refus !" Tous les articles évoquent les indiscutables failles du renseignement français. "Le rapport dévoilé, conclut Philippe Lemoine dans Ouest France, est alarmant. Il ne met pas directement en cause des personnes qui auraient mal fait leur travail, il met en cause, et c’est plus grave, l’ensemble de nos organisations. Elles sont datées, inefficaces parfois, concurrentes souvent." Et le message est clair : "Qu’on le veuille ou non, affirme-il, la France est entrée dans une guerre qui secoue l’ensemble de la planète." Elle appelle un changement rapide des mentalités à tous les niveaux.

Partir

On en a de plus en plus envie. Alors la revue l’Eléphant, revue de culture générale nous emmène en voyage et nous raconte 10 grands départs. De Pythéas parti de Massalia en 325 avant J-C, pour découvrir les brumes de l’Armorique, de l’Irlande et de l’Ecosse, à Leif Eriksson, le viking qui découvre au 10ème siècle des terres occidentales inconnues, d’Addi Bâ, Guinéen venu vivre dans les Vosges où il organisa le maquis, à Alexandra David-Neel, exploratrice au Tibet, les vies de 10 êtres humains partis découvrir le monde. Et puis, le magazine L’Histoire qui nous emporte au 19ème siècle,  au temps de cette mondialisation dont les migrants partaient d’Europe. Une occasion de redécouvrir l’immense géographe, anarchiste et déjà altermondialiste Elisée Reclus ou de comprendre les bouleversements provoqués par le télégraphe et le chemin de fer, la révolution de la vitesse. Invention du tourisme aussi, le stade ultime du colonialisme. On trouve même en 1890, un annuaire des bordels de France, d’Algérie, de Tunisie, de Belgique, d’Italie, de Suisse et de Hollande. Les nouveaux paysages, les rencontres…


Plus romantique. Le saviez-vous, c’est aujourd’hui la journée internationale de la galoche ? Le baiser, le patin, dont 20 Minutes nous retrace l’histoire. Il nous vient des Romains, ce fameux French Kiss qui s’appelait alors suavium, mais c’est un chercheur néerlandais qui nous l’a attribué en 1926, après avoir observé les mœurs d’un couple breton. Et puisqu’il n’est absolument pas indispensable à la reproduction, il est éminemment culturel, et même politique, quand il s’affiche en public et qu’il dit l’égalité des sexes, le lien entre les êtres. Mais il y faut de la conviction. Pas un bécot de rafistolage, du genre ça va dans le mauvais sens mais on continue parce qu’on s’aime. Ça ressemblerait trop à un sondage de Libération sur l’Europe.