1er Mai un évènement démodé ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Pour la presse ce matin, le bilan du 1er Mai est loin d'être glorieux. De quoi ébranler cette institution syndicale ?

Ce matin à la Une de vos journaux, à chacun son cadeau pré-électoral :

- Le Parisien : François Hollande soigne ses profs

- Les Échos : Hollande tenté de baisser les impôts avant la présidentielle

- L'Opinion : la Facture salée de la Loi travail

- Le Monde : la Zone euro renoue avec la croissance

Pendant ce temps, Le Figaro s'intéresse à l'avenir d'Alep : "Syrie : Moscou détient les clés de la bataille d'Alep".

Le 1er Mai

Triste bilan, La Croix le dit brutalement : "Franchement la fête du travail, tout le monde s'en fiche. Chaque année les slogans ressemblent aux précédents, chaque année la police fait croire qu'elle ne sait pas coûter, mais franchement tout le monde s'en fiche. Ils pourraient être 200 000 ça ne changerait rient." Il est vrai qu'à la veille du débat sur la Loi Travail, Sud-Ouest renchérit "le mouvement contestataire semble s’essouffler, et plus il s'essouffle, plus il se radicalise." 

Mais plus inquiétants encore, dans les commentaires du jour, le constat d'un pouvoir politique qui ne répond à la colère légitime que par des mesures catégorielles. Dans Le Parisien c'est l'opération de communication sur les profs, "à un an de la présidentielle, l’Élysée veut faire la paix avec son électorat traditionnel, peu importe ce que cela coûtera à l'ensemble de tous les contribuables. François Hollande est le président de tous les Français, mais successivement, en fonction de son propre calendrier."

On peut infiltrer les djihadistes, un journaliste de Canal+ l'a fait.

Dans Le Parisien encore, l'évocation de ce journaliste qui a infiltré pendant six mois un groupe djihadiste français, pour son documentaire Les Soldats d'Allah, rassemblés autour d'un certain Oussama, passé par le satanisme, puis le rap et rêvant d'imiter les attentats du 13 Novembre. Le journaliste raconte son "Islam à lui" fait de vie normale, de sociabilité, car "seul Dieu juge", et l'Islam opportuniste des djihadistes : "Si tu désires la montre de quelqu'un il te suffit de le taxer de mécréant et de la lui voler."

Mais très loin de ce degré 0 de la fois, il faut lire aussi le reportage de Libération qui nous amène en Iran, dans le "Paradis de Zara" (fille du prophète) qui est en fait un cimetière, où existe un carré des martyres. Y sont enterrés les soldats morts durant la guerre Irak-Iran, mais aussi désormais les combattants morts en Syrie. "Vous les Occidentaux, ne pouvez même pas imaginer ce que l'on pense sous le terme martyre" nous explique un habitant. Pourtant, dans le Nord de Téhéran, une certaine jeunesse vit à milles lieues de cette vision rigoriste, entre chirurgie esthétique et consommation. "L'obligation de porter le voile est ce qui me pèse le plus, en second la pollution et en troisième l'absence de libertés" explique une jeune fille.

Un texte fort et juste de Nicolas Hulot

Oui, c'est en Une du Monde : "Où est passé notre humanité avec les migrants ?" Hulot y appelle au réveil de l'Europe face aux milliers de morts sur les côtes.

Juste en dessous, une militante féministe réclame elle une gestion de ces flux migratoires, non pas en fonction de cette fameuse dichotomie entre migrants économiques et réfugiés politiques, mais en fonction des capacités d'intégration des migrants. Elle cite une étude réalisée en 2008 : 65 % des interrogés disaient que les règles religieuses étaient plus importantes que les Lois du pays d'accueil. "Le devoir de l’État est de s'assurer qu'un migrant se familiarise avec les Lois du pays dans lequel il arrive."

C'est un écho au dossier de La revue des deux mondes : "Histoires d'exils". Un éloge "des règles et des Lois qui ne supportent aucun accommodement."$

Les nomades, les sédentaires, chacun dans son coin...
La Une de Philosophie magazine, une autre façon de voir le même problème : "Nomades contre sédentaires, la nouvelle lutte des classes." Une réflexion sur la notion d'emplois nomades, délocalisables face aux emplois sédentaires. "Les intérêts des riches nomades ne coïncident plus à ceux des sédentaires, ils ont même intérêt à ce que les sédentaires soient les plus pauvres possibles pour obtenir des services à bas prix." C'est un déséquilibre généralisé.

Pour illustrer ce point, la page des Échos sur le Delaware (État américain) : 957 000 habitants pour 1,2 Million de sièges sociaux de sociétés. C'est devenu le premier paradis fiscal au monde, bien que les États-Unis soient en pointe dans la lutte contre le secret bancaire à l'extérieur. Ils ménagent un havre de paix chez eux pour attirer les capitaux. "Dans l'idéal il faudrait découvrir un réseau terroriste qui se finance à partir du Delaware, c'est la seule façon de faire exploser le statut quo."

Une histoire d'ados, ou presque...

Si Ulyces nous raconte cette histoire, c'est qu'il s'agit des tous premiers hackeurs arrêtés (en 1983), baptisés le "cercle des initiés". L'enquête est passionnante car nous ne pouvions imaginer à l'époque ce qu'était un modem. L'aîné des deux est aujourd'hui SDF. Nomade involontaire dans un monde où ce sont les flux financiers qui ont aboli les frontières.