Ça vaut le détour – Les coulisses du premier film du Commandant Cousteau

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Ca vaut le détour est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque jour, pendant l'été, Europe 1 vous fait découvrir un endroit caché sur la route de vos vacances.

C'est une histoire oubliée, celle de trois passionnés les Mousquemers : Jacques-Yves Cousteau, qui n'est pas encore Commandant, Philippe Taillez et Frédéric Dumas. En 1942, en pleine guerre, ils vont réaliser le premier film sous-marin de l'histoire, au large des Embiez, dans le Var. Un film réalisé Par 18 mètres de fond. À Sanary-sur-Mer, un musée retrace l'épopée du trio et l'histoire de la plongée.

Entourés des eaux de la méditerranée, l’archipel des Embiez n'est qu'a quelques coups de rames de Sanary-sur-Mer. Au bout de la jetée, François Tilquin, le gendre du plongeur Frédéric Dumas, a les yeux fixés sur les îles. "L'introduction a été filmée au niveau des pins. À droite, il y a les Magnons. C'est là que s'est faite la plongée", décrit-il. Juliette Tilquin est la fille de Frédéric Dumas. En 1942, elle n'était pas née, mais elle a grandi avec le récit des exploits des Mousquemers. "La passion, l'amitié, l'envie d'explorer, de partager l'émerveillement. Ils voulaient montrer ce qu'ils avaient vu à tout le monde", s'émeut-elle.

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À la caméra, Jacques-Yves Cousteau. Devant Frédéric Dumas, la Méditerranée et ses poissons. Le film dure 15 minutes. "Evidemment, c'est le son de l'époque, ça grésille et c'est du noir et blanc", explique François Tilquin. Le documentaire est à voir au musée, comme de nombreux objets de plongée. Certains ont été fabriqués avec des moyens rudimentaires. C'était le cas pour ce premier film. "Le matériel est entièrement bricolé par eux-mêmes. Il fallait un masque, un tubas, des palmes qu'ils appelaient des nageoires, et une arbalète", liste Juliette Tilquin.

Il a aussi fallu construire un caisson étanche pour la caméra. De fil en aiguille va naître le scaphandre. "Après le film Par 18 mètres de fond, tout sera différent. Il y aura une évolution permanente dans la création du matériel. Ce fameux scaphandre va se moderniser. Le grand public va en prendre connaissance", narre Daniel Alsters, le président du Musée de la plongée de Sanary.

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Filmer les fonds marins, la faune la flore, le Titanic ou sa première plongée est aujourd'hui facile. Il est loin le temps des pionniers. "Dans la dernière scène du film, on voit Frédéric Dumas se réchauffer devant un grand feu de bois flotté. On est au mois de novembre, et évidemment il faisait très froid. Mais il était endurci à la plongée, c'était un 'trempé dur' comme il disait. Il n'était pas du tout gras, il était sec, comme Cousteau, et il va plonger plusieurs fois pour tourner ce film. Les séquences en apnée durent environ 30 secondes", explique Daniel Alsters. "Ils plongeaient nus, ils n'avaient aucune protection. Cela nécessitait d'être extrêmement résistant au froid, car ils passaient des heures dans l'eau pour tourner ces films", souligne Juliette Tilquin. 

Pour découvrir cette histoire et tant d'autres, le musée de la plongée Frédéric Dumas vous ouvre ses portes tout l'été et vous donne rendez-vous pour une visite virtuelle sur son site Internet

Chronique réalisée par Frédéric Michel.