Printemps arabes : cinq ans après, des destins contrastés

  • A
  • A
L'invité d'europe nuit est une chronique de l'émission Europe nuit
Partagez sur :

Cinq ans après des révolutions tunisiennes, libyennes ou encore égyptiennes, trois spécialistes du Moyen-orient dressent un état des lieux dans Europe 1 Soir.

Que reste-t-il des printemps arabes ? Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et directeur de l’iReMMO, Robert Sole, écrivain et journaliste d’origine égyptienne et Vincent Geisser, chercheur au CNRS, spécialiste de la Tunisie, invités d'Europe 1 nuit ont fait le bilan, cinq ans après.

"Une piqûre de rappel en Tunisie". La mort d’un jeune chômeur de 28 ans a mis le feu aux poudres à Kasserine dans le centre de la Tunisie, mi-janvier. Ces événements ne sont pas sans rappeler la mort du jeune Mohamed Bouazizi, en 2011, qui avait été le point de départ du Printemps arabe. "C’est une piqûre de rappel et c’est aussi une limite du printemps arabe tunisien qui a négligé les question sociales et économiques. Les régions qui ont renversé Ben Ali continuent de se révolter aujourd'hui, constate Vincent Geisser, chercheur au CNRS, spécialiste de la Tunisie. Ces régions oubliées sous Ben Ali, le sont toujours aujourd’hui."

"Mais il faut nuancer la comparaison avec 2011, car depuis il y a eu des changements : des élections libres, une constitution démocratique, note Vincent Geisser. Il y a une certaine liberté en Tunisie. En tout cas rien de comparable avec ce qui se passait avec Ben Ali. C'est la démocratie dans l'ordre." "La priorité a été donné à la démocratie, à la transition. Mais le plan économique, la dégradation est aussi due au terrorisme. Daesh a frappé la manne touristique."

"Aucun objectif atteint en Egypte". Cinq ans après la révolution en Egypte et la démission du président Moubarak, "aucun des objectifs n’a été atteint, constate Robert Sole, écrivain et journaliste d’origine égyptienne. En revanche, les Egyptiens ont mûri. Ils se disent qu'ils ont échappé aux Frères musulmans. Ils se disent aussi qu'au moins, ils ont un Etat qui tient."

"Je ne sais pas si l'Egypte respire mieux. Vous avez déjà des nostalgiques de Moubarak, pour des raisons économiques. La baisse du tourisme touche des millions de personnes" ajoute Robert Sole. Enfin, un autre élément négatif est apparu, c'est l'insécurité".

Des destins très contrastés. Cinq ans après, les destins des pays ayant fait leur révolution sont donc très contrastés : " Depuis 2013-2014, il y a eu l’éruption de Daech. Cela déstabilise l’Egypte et la Tunisie. Le contexte est devenu encore plus complexe", ajoute Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et directeur de l’iReMMO.