Un outil pédagogique pour savoir si les cours sont intéressants

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Innovation est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

En Chine, les profs ont une technique imparable pour savoir si les étudiants s’ennuient en cours, ils analysent leurs visages.

C’est un maitre de conférences de l’université du Sichuan qui en a eu l’idée.

Au départ, les élèves n’aiment pas trop, c’est normal. Il avait installé ses caméras pour faire l’appel automatiquement. Aujourd’hui, ils sont ravis, pourtant il va beaucoup plus loin.

Il détecte les émotions sur chacun des visages de la classe, si quelqu’un bâille, s’il semble intéressé ou s’il a la tête ailleurs. Ensuite, il superpose toutes ces informations aux différents chapitres et sections du cours pour savoir à quel moment il a été le plus captivant et quand il a endormi tout le monde.

En fait, c’est un outil pédagogique très puissant pour améliorer les cours.

Il a déjà pu mesurer des résultats ?

Oui, il a été testé sur plus de 300 étudiants. Ceux qui ont obtenu les meilleures notes sont, on s’en doute, ceux ayant été les plus intéressés par le cours.

Aujourd’hui, on veut adapter la technique à d’autres secteurs comme la télévision notamment, pour pouvoir affiner encore plus les courbes d’audience. Par exemple, on saurait vraiment qui est devant sa télé, et quelles sont les réactions devant les différents programmes.

Il y a déjà beaucoup de téléviseurs avec une caméra intégrée, donc cela pourrait arriver très rapidement.

Mais on n’acceptera jamais de se laisser espionner chez soi.

En Europe, c’est sûr mais en Chine, on est beaucoup plus à l’aise avec la reconnaissance faciale. Pour mémoire, la Chine est le premier pays à avoir lancé des distributeurs où l’on s’identifie par le visage. Il existe même un site de rencontre où il suffit d’envoyer la photo d’une personne qui nous plait pour être connecté avec quelqu’un de ressemblant.

En fait, la différence, c’est peut-être qu’en Europe, on a peur qu’un "Big Brother" abuse de nos informations privées. Alors qu’en Chine, les notions de liberté et de vie privée sont un peu plus lâches.