Sécurité routière : des carrosseries molles pour absorber le choc avec un vélo ou un piéton

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Innovation est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Bonjour Anicet Mbida. On innove en matière de sécurité ce matin. Avec des carrosseries qui ramollissent à la demande pour absorber le choc avec un vélo ou un piéton.

Vous allez voir, c’est un concept fabuleux.

D’abord, il a été pensé pour les voitures autonomes. Car quelle que soit leur capacité à éviter les accidents avec leurs radars, leurs capteurs, leur intelligence artificielle, il y aura toujours des cas où elles ne pourront rien faire. Typiquement, le piéton qui déboule tout d’un coup devant soi, parce qu’il était masqué par un camion garé sur le côté. Ou le cycliste qui tourne sans regarder.

Avec ce système, la voiture va se rendre compte qu’elle n’a aucun moyen de l’éviter. Donc elle va ramollir une portion de la carrosserie, celle où va se produire l’impact. Ce qui permettra d’absorber le choc et donc de limiter les blessures.

Mais comment on fait pour ramollir une portion de la carrosserie ?

On la subdivise en dizaines, en centaines de petits panneaux de quelques centimètres que l’on va monter sur des attaches spéciales pilotées par ordinateur. Donc, dès que l’on veut ramollir une zone, on agit sur toutes les attaches de la zone en question pour qu’elles deviennent plus lâches, afin que tous les panneaux concernés puissent s’enfoncer plus facilement.

Cela veut dire aussi que l’on est capable d’ajuster la taille de la zone ramollie en fonction de la taille de l’objet avec lequel il doit y avoir contact. Cela permettra d’amortir encore plus le choc. C’est Google qui a breveté ce concept pour ses voitures autonomes. Car, évidemment, pour que cela fonctionne, il faut toute une bardée de capteurs capables d’anticiper l’accident.

Est-ce que ça pourrait aussi arriver sur des voitures traditionnelles ?

Oui. D’ailleurs plusieurs constructeurs réfléchissent à ce type de carrosseries dont on pourrait contrôler la rigidité. Vous savez pourquoi ? Parce qu’elles permettraient d’avoir de bien meilleures notes aux crashs tests piétons. Ce sont les plus difficiles à obtenir et ils sont énormément valorisés par les consommateurs.

Bon, il ne faut pas s’emballer, pour le moment, ce ne sont que des concepts. Parce que créer une carrosserie de ce type coûterait très cher avec la technologie actuelle. Mais ça arrive tout doucement. Au salon de l’auto de Genève (dans quinze jours) on devrait voir un premier prototype capable de se déformer sur trois ou quatre zones.