Les airbags de ski testés aux JO

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Bonjour Anicet Mbida. Les jeux Olympiques d’hiver se terminent ce week-end. Pendant les entraînements, on a pu voir plusieurs fédérations tester des airbags pour skieurs. Qu’est-ce que c’est ? Et comment ça marche ?
C’est assez discret, cela ressemble à un gros gilet sans manches avec une fermeture devant. C’est bourré de capteurs qui vont analyser les mouvements, la vitesse et l’inclinaison du corps. Tout cela, des milliers de fois par seconde. Et dès que ces capteurs détectent un déséquilibre ou qu’un ski a déchaussé, le gilet se gonfle en un clin d’œil pour protéger toutes les zones sensibles. C’est-à-dire la nuque, la colonne vertébrale, le torse et les hanches.
C’est vraiment précieux vu les vitesses qui sont atteintes en descente (régulièrement plus de 140 km/h) ou les sauts parfois vertigineux que l’on voit en ski cross. Vous avez peut-être en mémoire les images terribles de la chute du Canadien Christopher Del Bosco en finale. On rappelle qu’il a été évacué sur une civière.
Justement. Ça ne va pas devenir obligatoire dans les compétitions ?
Ça finira par le devenir un jour. Mais avant, il fallait d’abord trouver plusieurs fournisseurs. Parce qu’au départ, il n’y avait que l’italien Dainese qui en proposait. Donc on ne voulait pas donner tout le marché à un seul acteur.
Heureusement aujourd’hui, il y a aussi le français In&Motion avec Rossignol (dont le gilet est d’ailleurs testé par l’équipe de France). Et la bonne nouvelle, c’est que les deux marques sont désormais homologuées par la Fédération Internationale de Ski.
Donc il ne reste maintenant qu’à convaincre les skieurs. Ce qui n’est pas gagné. Il faut les comprendre. Évidemment, ils s’inquiètent de l’impact sur les performances, sur la liberté de mouvement ou le confort. Mais vous avez raison, si ça devient obligatoire en compétition, au moins tout le monde sera logé à la même enseigne.
Ces airbags, ils sont réservés aux sportifs de haut niveau ou les quidams peuvent en acheter ?
Celui de Dainese est réservé aux professionnels et aux fédérations. Il faut dire qu’il est à usage unique (un peu comme les airbags de voiture). Donc dès qu’il a été déclenché, il faut le renvoyer au fabricant pour qu’il le reconditionne. En revanche, celui du Français In&Motion est aussi décliné en version grand public, avec un modèle vendu autour de 1.000 €. Ce qui n’est pas donné.
Mais vous savez ce que j’attends ? La version enfant de cet airbag. Je sais qu’ils travaillent dessus depuis plus d’un an. La promesse sera de les protéger, non seulement en cas de chute, mais surtout en cas de collision avec un skieur ou un snowborder. J’imagine que cela intéressera beaucoup de parents en cette période de vacances aux sports d’hiver. Donc espérons que cela restera abordable ou qu’au moins on puisse les louer.