Le trou de la couche d'ozone se résorbe aux pôles mais s'élargit maintenant au niveau des tropiques

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Innovation est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Les résultats d’une nouvelle analyse de la couche d’ozone viennent de tomber, avec une bonne et une moins bonne nouvelle.

On commence par la bonne… Le fameux trou dans la couche d’ozone, celui dont on parle depuis plus de 30 ans, commence à se résorber ! C’est vraiment une bonne nouvelle. Ça veut dire que toutes les mesures qui ont été prises, notamment l’interdiction mondiale des CFC (les chlorofluorocarbones) qu’il y avait, à l’époque, dans tous les aérosols, les parfums, les frigos… Eh bien ça marche.

Le protocole de Montréal qui les avait interdits en 1987 a eu de véritables effets : en dix ans, le fameux trou de la couche d’ozone a rétréci de 20% au niveau des pôles. Donc c’est très encourageant. Preuve que si l’on décide tous collectivement de changer les choses, il y a un impact direct sur la planète.

Il y a aussi d’une mauvaise nouvelle ?

Elle est tombée hier. D’autres données satellites ont été analysées et, à la surprise générale, quand on observe la couche d’ozone à des latitudes plus basses, c’est-à-dire au niveau de l’équateur ou de l’Europe, la densité de la couche d’ozone tend à diminuer.

Pour l’instant, cela n’a rien de gravissime, on ne peut pas parler de "trou" comme au niveau des pôles. Mais ça inquiète. Parce que ce sont les latitudes où l’on trouve les plus grandes villes, les zones les plus peuplées et où le soleil frappe le plus. Or, on le rappelle, la couche d’ozone nous protège des radiations du soleil (les ultraviolets). Des radiations qui peuvent altérer l’ADN et provoquer des cancers. Donc ce n’est pas très rassurant.

On sait pourquoi l’ozone diminue d’un côté, mais se reforme de l’autre ?

Non malheureusement. Et c’est bien là le problème. Aucune simulation n’avait prévu ce genre de scénario.

Les scientifiques ont bien quelques hypothèses. On pense tout d’abord au changement climatique qui pourrait avoir une influence sur la circulation de l’ozone. On se dit aussi que l’on a peut-être oublié d’interdire certaines substances ayant, elles-aussi, un effet sur l’ozone. Par exemple certains résidus de peinture ou des agents dégraissants.

Donc on cherche à comprendre et à affiner les simulations pour qu’elles correspondent un peu plus à la réalité. Mais cela ne remet pas en question le protocole de Montréal. Il faudra peut-être simplement le renforcer.