Le gouvernement anglais lance un logiciel de filtrage automatique des vidéos de propagande de Daech

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

La France met la dernière main à sa loi sur les fake news. Mais le Royaume-Uni, va plus loin. Avec un logiciel qui filtre automatiquement les vidéos de propagande de l’État Islamique.
Ils prennent les devants ! Comme la plupart des plates-formes expliquent qu’il leur est impossible de visionner toutes les vidéos qu’elles reçoivent avant de les mettre en ligne, ce logiciel va analyser les vidéos au moment où elles sont publiées sur la plate-forme. Et s’il détecte de la propagande de Daech, une alerte sera envoyée. Et la vidéo ne sera peut-être jamais diffusée.
On le rappelle : aujourd’hui, il faut attendre que la vidéo soit déjà en ligne, qu’elle soit déclarée inappropriée, avant qu’une alerte remonte et que la vidéo soit éventuellement retirée. Un processus qui prend en moyenne 36 heures. Or pendant ce temps, la vidéo peut être vue des milliers de fois, dupliquée et recopiée ailleurs. Avec ce système, le filtrage se fera en amont, avant que la vidéo ne soit en ligne.
Comment ça va se passer ? Le logiciel sera obligatoire sur les plates-formes vidéo ?
Non. Pour l’instant, le gouvernement anglais préfère jouer la carte de la collaboration, que les plates-formes installent d’elles-mêmes le logiciel, notamment les petits sites qui n’ont pas les moyens de filtrage d’un YouTube ou d’un Facebook. Mais s’ils ne jouent pas le jeu, la Ministre de l’Intérieur britannique a déjà prévenu : elle se réserve la possibilité de les contraindre par la loi. Donc le bras de fer ne fait que commencer.
Le programme ne fonctionne que sur les vidéos de l’État Islamique ?
Oui, pour le moment… Ils ont utilisé des techniques d’intelligence artificielle pour repérer des éléments caractéristiques de la propagande de Daech. Et, selon eux, le logiciel serait efficace à plus de 99%. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. Les défenseurs de la liberté d’expression aimeraient plutôt connaître le taux de faux positifs, c’est-à-dire de vidéos classées à tort comme de la propagande. Quel sort leur sera réservé ? Pour le moment, pas de réponse.
C’est tout le problème d’un algorithme automatique. On finit par lui demander de juger ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. Or, il peut se tromper. Et quand, en plus, il est conçu par un gouvernement, finit toujours par planer le spectre de la censure. Donc on verra quelle sera la position de la France dans la future loi sur "la confiance et la fiabilité de l’information".