La reconnaissance faciale passe à travers les masques et cagoules

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Désormais, on peut reconnaître une personne cachée derrière un masque ou une cagoule. Imaginez combien ce serait utile pour retrouver des voleurs, des terroristes ou des casseurs par exemple. La plupart savent qu’il y a des caméras de surveillance, donc ils se cachent sous des capuches, des bandanas ou des masques pour que l’on ne puisse pas les reconnaître. Mais maintenant, il existe une technologie pour les démasquer.
Elle a été mise au point par une équipe de chercheurs de l’université de Cambridge, en Angleterre. Comme souvent aujourd'hui, elle utilise des techniques d’intelligence artificielle, donc des logiciels qui apprennent tout seuls. On leur a fait avaler des milliers de photos de personnes avec de fausses barbes, des cagoules, des lunettes noires… Le système a réussi à retrouver les distances, les angles entre certains points du visage et ainsi à reconnaître la personne derrière le masque. C’est totalement inédit, une véritable prouesse technique.
Mais est-ce bien fiable ?
Évidemment, c’est loin d’être fiable à 100%. Mais même sur des personnes ayant, à la fois, une capuche, une casquette et un foulard sur le nez, le système approche les 60% de reconnaissance. Donc il pourrait faire gagner beaucoup de temps aux enquêteurs en les mettant sur la voie. Et puis, ils n’en sont qu’au tout début des travaux. Et comme il s’agit d’un système auto-apprenant, il va s’améliorer à mesure qu’on lui donne des photos. Donc il deviendra de plus en plus fiable.
Est-ce la fin de l’anonymat dans l’espace public ? Le début de "Big Brother"...
C’est tout le problème. Jusqu'ici, on a surtout parlé des terroristes et des casseurs. Mais dans une manifestation, il peut aussi y avoir des dissidents ou des personnes qui s’opposent tout simplement au régime en place. Or avec ce genre d’outil, un régime autoritaire pourrait les ficher et les étouffer beaucoup plus facilement. On se rassure. Pour le moment, ce n’est qu’un outil de chercheurs. Mais restons vigilants, il ne faudrait pas qu’il tombe dans de mauvaises mains.