La 5G pour les téléphones mais aussi les objets connectés

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

L’innovation avec vous Anicet Mbida. Ce matin, le plus grand salon du mobile ouvre ses portes à Barcelone : le Mobile World Congress. Il y sera beaucoup question de la 5G. Qu’est-ce que c’est exactement ?

C’est tout simplement la technologie qui va succéder à la 4G, qui elle-même avait succédé à la 3G. Vous vous en souvenez peut-être, à chaque fois que l’on passait d’une génération à l’autre, le bénéfice était de pouvoir télécharger plus vite (on attendait d’être en 4G pour pouvoir télécharger sinon ça prenait des heures). Eh bien ce sera la même chose avec la 5G : ça ira plus vite !

Mais finalement, c’est un peu anecdotique. Parce qu’au-delà de la vitesse, il y a plein de nouveautés dans la 5G qui ne concernent pas du tout les téléphones portables, mais tous les autres appareils qui se connectent sur internet.

Ah bon, quels appareils par exemple ?

Un antivol pour vélo par exemple ou pour valise. Ce serait formidable de les connecter sur Internet. On pourrait savoir à tout moment où ils sont et les retrouver facilement quand ils sont perdus. Aujourd’hui, il est possible de les connecter avec la 4G. Mais ça consommerait trop d’énergie. Il faudrait changer les piles de son antivol tous les 2 mois. La 5G, elle, a été conçue dès le départ pour les objets connectés. Donc les piles pourront durer facilement plus d’un an.

Elle a aussi été conçue pour les applications critiques. Aujourd’hui, impossible de réaliser une opération de télémédecine en 4G. Ce n’est pas un problème de vitesse, mais un problème de latence. Parce qu’en 4G, il faut au minimum 100 millisecondes pour contacter le moindre appareil. 100 millisecondes, ça ne paraît pas beaucoup, mais si on fait une opération chirurgicale à distance, il pourrait y avoir un décalage entre ce que le médecin voit et ce qu’il fait. Ce qui est dangereux. Eh bien avec la 5G, cette latence disparaitra.

Mais on ne va pas faire des opérations chirurgicales par réseau cellulaire ?

Aujourd’hui, non, c’est sûr. Mais dans 5 ou 10 ans pourquoi pas. On croit beaucoup à la télémédecine pour lutter contre les déserts médicaux. Aujourd’hui, ça oblige à avoir un très bon réseau filaire, donc de la fibre optique, ce que l’on trouve rarement dans les campagnes. Avec la 5G, on aura l’équivalent d’un réseau fibre en cellulaire, ce qui pourra apporter du très haut débit à des régions qui sont privées.

Mais ça va prendre du temps. Je vous rappelle que la 4G a démarré en France en 2011. Aujourd’hui (sept ans après), elle n’est pas toujours pas disponible partout dans le pays. La 5G, elle, termine à peine ses expérimentations. La commercialisation ne commencera qu’en 2020. Donc ça prendra encore beaucoup de temps.