Jean-Pierre Sauvage : 62e Français récompensé d'un prix Nobel

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Innovation est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Le prix Nobel de chimie vient d’être attribué à trois chercheurs, dont le français Jean-Pierre Sauvage. C’est le 62e français récompensé par un prix Nobel.

Il a découvert comment fabriquer des machines microscopiques à partir d’atomes.

Jean-Pierre Sauvage, directeur de recherche au CNRS est le pionnier. Dans les années 80, il est parvenu à créer une sorte de mécano, pour assembler les molécules entre elles, puis contrôler leur rotation dans un sens ou dans l’autre.

Dans les années 90, un chercheur britannique, Fraser Stoddart, s’appuie sur ses recherches pour construire un micro ascenseur : un anneau de molécules qui monte et qui descend sur un axe.

Dix ans plus tard, un troisième chercheur, Bernard Feringa, réussit carrément à fabriquer une voiture de la taille d’une molécule avec quatre roues, un châssis et l’essieu.

C’est pour ces travaux qu’ils se partagent, à trois, le Nobel de chimie 2016.

Quel est l’intérêt de faire d’aussi petites voitures ?

D’abord à s’amuser. À la fin du mois, il y aura, par exemple, une course de voitures à l’échelle moléculaire au CNRS de Toulouse. Des chercheurs du monde entier vont essayer de concevoir le modèle le plus rapide. Ils seront comme des pilotes de formule 1 nanoscopiques.

Mais imaginez que ces voitures puissent transporter des médicaments. Comme elles sont microscopiques, on pourrait se les injecter comme dans L’aventure intérieure et elles iraient nous soigner exactement là où il y a un virus ou une tumeur.

On peut aussi imaginer de nouveaux matériaux avec des structures actives, capables de changer de forme, par exemple, voire même de se réparer toutes seules. Les possibilités sont quasiment infinies.

Est-ce qu’il y a déjà des applications concrètes ?

Non, pas encore. On reste dans la recherche pure. D’ailleurs, pendant l’annonce, le comité Nobel rappelait que l’on en est "au même stade que le moteur électrique en 1830". À l’époque, personne n’imaginait qu’il y aurait un jour des trains, des machines à laver ou même des courses de formule 1 électriques.

C’est aussi le rôle du Nobel, mettre en lumière les recherches avec un gros potentiel.

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