Des nappes offshore contre la sécheresse

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Innovation est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Bonjour Anicet Mbida. La ville du Cap en Afrique du Sud connaît une sécheresse sans précédent. Si la situation ne s’améliore pas, les autorités envisagent de couper l’eau courante. Du coup, des scientifiques du monde entier cherchent de nouvelles sources d’eau douce.

Oui, c’est une course contre la montre. Les autorités ont même fixé une date butoir. S’il ne commence pas à pleuvoir, à partir du 9 juillet prochain, les réserves d’eau passeront sous un seuil critique, et c’est l’armée qui distribuera alors des rations de 25 litres par personne et par jour. 25 litres, je ne sais pas si vous vous rendez compte, c’est une douche d’à peine 3 minutes. Huit fois moins que ce que consomme un français tous les jours. Donc il y a urgence à trouver de l’eau. Du coup, chacun y va de sa petite idée. On ressort, par exemple, un projet dont vous avez peut-être déjà entendu parler : ramener un iceberg par remorqueur. Il se trouve que la ville du Cap est sur la côte Atlantique, donc, en principe, il suffirait d’installer l’iceberg tout près du port et d’y brancher un gros tuyau pour remplir les réservoirs.

C’est sérieux, c’est ce qu’ils vont faire ?

Pour le moment, rien n’est décidé. Mais une étude a été réalisée, c’est totalement possible. Avec un iceberg de 7 tonnes, il faudrait 5 mois de remorquage, il perdrait 40% de sa masse pendant le transport. Mais ça laisserait quand même plus de six mois d’eau douce à la ville. Il y a d’autres projets comme : récupérer l’humidité de l’air ou réutiliser les eaux usées. Mais à chaque fois, il s’agit de solutions temporaires ou partielles pour une métropole qui engloutit plus de 500 millions de litres d’eau par jour. Donc on cherche plutôt une source durable si les sécheresses continuent à se multiplier.

Pourquoi ne pas dessaler l’eau de mer, puisqu’ils sont sur la côte ?

Parce que ça coûte très cher, que ce n’est pas très écologique et que les rendements ne sont pas extraordinaires. Pour vous donner une idée, trois stations de désalinisation sont actuellement installées en urgence. Mais elles produiront seulement 16 millions de litres d’eau douce par jour, là où je vous disais que la ville en consomme plus de 500 millions. Là aussi, il s’agit une solution temporaire ou d’appoint.

Donc en ce moment, les scientifiques regardent sous la mer. Car en 2013, on a découvert de très importantes nappes d’eau douce sous l’océan à proximité des côtes. Jusqu’ici, ça restait une curiosité. Mais avec la sécheresse du Cap et celle qui menace également des villes comme Sao Polo ou Mexico, on se dit qu’il y a peut-être là une source de secours quand les nappes phréatiques de surface seront à sec.