Des insecticides sélectifs capables d’épargner les abeilles

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Innovation est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

On a trouvé une technique pour développer des insecticides sélectifs capables d’épargner les abeilles.

C’est une bonne nouvelle, car aujourd’hui, un pesticide n’a rien de chirurgical. C’est plutôt un marteau-pilon qui tuetous les insectes sans distinction : les pucerons qui ravagent les cultures, mais aussi les abeilles indispensables à la pollinisation.

Ce serait formidable de pouvoir choisir quel nuisible on souhaite éliminer ; ou, au moins, s’assurer que les gentils insectes, eux, ne seront pas touchés. C’est ce qu’ont réussi à faire des chercheurs de l’université du Michigan aux États-Unis. Ils ont trouvé un moyen de fabriquer des insecticides redoutables, mais garantis totalement inoffensifs pour les abeilles.

D’ailleurs, la France a interdit les pesticides "tueurs d’abeilles" ?

Oui, les fameux néonicotinoïdes. Mais il s’agit là uniquement d’un type d’insecticide. Selon les apiculteurs, il y en a plein d’autres tout aussi dangereux. Ils viennent d’ailleurs de suspendre, en référé, la vente en France, de deux nouveaux pesticides réputés tueurs d’abeilles, qui avaient été autorisés en septembre. Ce qui crée évidemment des tensions entre le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de l’Environnement. Avec l’un qui considère les pesticides comme indispensables dans une agriculture de masse. Et l’autre qui veut protéger les pollinisateurs et l’environnement.

Cet insecticide sélectif pourrait donc réconcilier tout monde. Les apiculteurs auraient la garantie d’un produit inoffensif pour les abeilles. Et les agriculteurs pourraient protéger leurs cultures.

On le rappelle : la production de miel s’est effondrée en France à cause d’une surmortalité des abeilles.

Cet insecticide sélectif, il ne protège que les abeilles ?

Pour l’instant oui. Ils ont trouvé La molécule qui les épargne. Mais ils pourraient faire le même travail sur d’autres insectes : les mouches, les papillons par exemple qui sont aussi des pollinisateurs.

Donc peut-être qu’un jour, nous aurons des insecticides vraiment chirurgicaux et non plus des marteaux-pilons.