Comment empêcher la formation ou réduire l'intensité des ouragans

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Innovation est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Les ouragans Harvey et Irma ont été parmi les plus dévastateurs. Mais demain, on pourra peut-être empêcher leur formation ou du moins, réduire leur intensité ?

Oui, ce sont des projets gigantesques, parfois un peu fous. Jusqu’ici, on n’y prêtait pas vraiment attention. Mais vu l’ampleur des derniers ouragans, on commence à s’y intéresser de près.

Le premier consiste, ni plus ni moins, à refroidir les océans. Vous savez que les ouragans, les cyclones ont besoin de deux éléments pour se former : de l’air chaud et humide ; et surtout d’un océan à plus de 26 degrés. Donc en baissant, la température de l’eau, ne serait-ce que d’un ou deux degrés, on peut tomber sous cette barre fatidique des 26 degrés et éviter la tempête.

Oui, mais comment on baisse la température de l’eau ?

Par exemple, en installant des pompes, qui vont puiser l’eau froide au fond de l’océan, pour la ramener à la surface. C’est exactement comme dans votre bain : s’il est trop chaud, vous rajoutez de l’eau froide, cela évite de brûler. Dans l’océan, cela évitera les ouragans.

Plusieurs chercheurs travaillent sur cette idée. Problème, pour que ça marche, il faudrait installer des dizaines de milliers de ces pompes un peu partout dans les zones où se forment ces ouragans. Ce qui pourrait gêner, à la fois, les poissons et la circulation des bateaux. Donc un chercheur sud-africain, Stephen Salter, a eu une autre idée : envoyer des bateaux, équipés d’espèces de brumisateurs géants, créer des nuages artificiels au-dessus des zones à risque. Des nuages qui vont bloquer les rayons du soleil et éviter que la température de l’eau ne monte et ne crée un ouragan.

C’est réaliste ? On sait si ça peut fonctionner ?

Pour l’instant, cela fonctionne uniquement sur des simulations sur ordinateur. Il n’y a pas encore eu de tests à grande échelle, notamment par manque de budget (construire des brumisateurs géants ou des refroidisseurs d’eau de mer coûte cher). Mais avec les récents, plusieurs de ces projets ont reçu du financement d’instituts comme la fondation Bill Gates par exemple. Donc des essais grandeur nature pourraient bientôt avoir lieu. Et on verra si l’homme est capable de maîtriser un phénomène aussi extrême qu’un ouragan.