Cette primaire de gauche qui ment sur ses objectifs

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Pour David Doukhan, la primaire de la gauche ne permettra absolument pas de rassembler la gauche avant la présidentielle de 2017.

La politique David Doukhan, c’est la primaire de la gauche. Dès la fin de la trêve des confiseurs elle occupera toute la place pendant un mois avec 4 débats télévisés en prime time. Sauf qu’à vos yeux, cette primaire ment sur son objectif.

Oui. A cause de cette froide réalité. Après la primaire il y aura Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron et probablement Yannick Jadot, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, jusqu’à 6 candidats de gauche. Impossible d’y échapper. Tous ceux qui vous disent le contraire, comme Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon, qui prétendent rassembler après la primaire, vous racontent des histoires. Brisons un peu le off, ils l’avouent eux-mêmes : personne ne se désistera pour personne, leur sujet ces sont les législatives en espérant qu’un accord (avec Jean-Luc Mélenchon par exemple) garantisse la présence de suffisamment de députés de gauche à l’Assemblée. Mais concernant la présidentielle, les candidats de la primaire ont intégré l’idée d’une défaite inéluctable…

Dans ce cas-là, pourquoi se donner tant de mal ? Pourquoi par exemple rédiger des programmes ?

Alors d’abord, on ne rédige un programme présidentiel ni en deux semaines ni en un mois, donc Vincent Peillon et Manuel Valls qui dramatisent la rentrée de janvier en annonçant comme des événements majeurs la révélation de leurs projets, exagèrent un peu. Ensuite, les programmes (ce qu’on en connait déjà en tous cas) c’est justement la preuve que les candidats ne croient pas, une seconde, être amenés à gouverner en 2017 !


Revenu universel, sécurité sociale professionnelle, revalorisation des salaires des fonctionnaires ! Combien ça coûte ? Avec quel argent ? Soit on ne répond pas soit on y va franco : 300 milliards juste pour le revenu universel dit Benoît Hamon. Soyons clairs : pourquoi s’embêter à budgéter sérieusement les choses quand on pense qu’on ne gouvernera pas ? Prenons un autre sujet qui sera un marqueur de cette primaire : la dépénalisation du cannabis ! Benpît Hamon, les deux candidats écologistes, Sylvia Pinel y sont tous favorables. Vicent Peillon était pour en 2012, on attend de voir ce qu’il dira aujourd’hui. Manuel Valls et Arnaud Montebourg, à ce stade, sont contre mais vous avez remarqué, ils ne se jettent pas sur les micros pour s’insurger ! La dépénalisation, les électeurs de gauche adorent ça, donc faisons leur plaisir ! Pourtant, en 2012, la seule évocation de l’idée avait coûté son poste de ministre de l’intérieur à François Rebsamen. La gauche sentait qu’elle allait réellement accéder au pouvoir, il fallait, à l’époque, rassurer, "faire sérieux"… Aujourd’hui, on peut brandir sans risque cet étendard, puisque le seul enjeu c’est de mobiliser pour fin janvier, et certainement pas de gagner en mai.


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