Un remaniement compliqué pour Macron

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Ce qui devait être un simple ajustement, tourne au casse-tête pour Emmanuel Macron.

L’édito politique Antonin André c’est le remaniement en cours, de plus en plus compliqué, on n’est plus du tout sur un simple ajustement,  la démission de Sylvie Goulard n’était pas prévue. Ça tourne au casse-tête pour Emmanuel Macron.

Jupiter s’est pris les pieds dans le tapis. Ce remaniement ne se déroule pas du tout comme il était prévu et Emmanuel Macron en est le principal responsable. Ce qui n’était pas prévu c’est la démission de Sylvie Goulard : c’est elle qui exige de partir. Pourquoi ? Pour se défendre, question d’éthique. Le président est pris au dépourvu : c’est lui qui décide qui entre et qui sort et selon un critère fixé par lui la mise en examen. Mais voilà Mais Sylvie Goulard en a décidé autrement. Elle démissionne, au nom de la morale. Et donc mécaniquement elle pose la question du Maintien de François Bayrou. Mais François Bayrou lui n’a pas du tout envie de partir et qu’est-ce qu’il dit à Emmanuel Macron : "la règle tu l’as fixée seule une mise en examen peut me faire partir". Le président se retrouve coincé,

 

Ça signifie Antonin que François Bayrou peut très bien être toujours ministre ce soir à 18h

 

S’il est démissionné François Bayrou ne manquera pas de dénoncer un Président traître à sa parole. Si François Bayrou reste le risque c’est que cela vienne brouiller le message politique de ce remaniement : d’un côté Richard Ferrand et Sylvie Goulard sortants de l’autre François Bayrou et Marielle de Sarnez restants. Quelle logique ? Quelle cohérence. Deuxième conséquence si François Bayrou reste…après avoir défié l’autorité du premier ministre en lui répondant après un recadrage qu’il s’exprimerait quand bon lui semble, son maintien sera forcément interprété par une partie de l’opinion comme un recul de l’autorité d’un Président qui jusqu’ici s’avançait en arbitrant, en tranchant net, clair et surtout vite. Pourquoi reporter à plus tard le cas Bayrou, devenu incontrôlable et qui génèrera d’autres troubles ? Le sortir maintenant le fera vite oublié : Juppé resté un mois en 2007, Madelin limogé en août 1995, de nombreux précédents relégués au niveau de l’anecdote plaident pour un débranchage rapide de François Bayrou.