Travail, Éducation : l'avantage de recruter des professionnels pour des ministères sensibles

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique, à quelque jours du premier tour des élections législatives.

L’édito politique ce sont les chantiers ouverts par le gouvernement trois semaines après sa nomination : le Droit du travail, l’Éducation on peut parler de dossiers sensibles, on n’est qu’au début, mais les ministres issus de la société civile semblent avoir bien déminé le terrain.

De l’avantage de recruter des pros pour des ministères sensibles : le travail et l’éducation. Les DRH Macron et Philippe ont axé leur recrutement sur des critères d’efficacité en désignant des pros, pas des politiques. Jean-Michel Blanquer à l’Éducation et Muriel Penicault au Travail : un ancien recteur, universitaire passé par tous les postes sensibles de l’éducation nationale, et une ancienne DRH de Danone, passée par la SNCF. Des pros reconnus comme tels par les syndicats. C’est ce qui explique que les premiers échanges, souvent décisifs, se soient bien passés. Jean-Claude Mailly de FO par exemple dit le plus grand bien de la ministre du travail, non pas qu’il soit d’accord sur tout, mais elle est crédible, elle connaît ses sujets et du coup on peut négocier dans le détail, dans le concrêt… Cette approche change les termes de la négociation. Ça permet à l’éducation par exemple d’ouvrir beaucoup de sujets : les rythmes scolaires, la question des devoirs à la maison, mais sans être prisonnier de la posture idéologique. C’est l’une des convictions du président: il faut dépolitiser pour pouvoir réformer, avancer.

Ce sont des pros, ils savent de quoi ils parlent, mais à la fin des fins, la politique reprendra le dessus quand il faudra trancher.

Gouverner c’est choisir, c’est trancher. Et il y aura des blocages, des désaccords. Mais on voit bien que l’intérêt immédiat du gouvernement c’est de déminer l’entrée dans la négociation. On est encore en campagne, il faut éviter le piège politique avant les législatives en traitant les syndicats, en les considérant. De ce point de vue-là l’objectif est atteint. Mais évidemment les syndicats in fine ne vont pas signer unanimes la démolition du code du travail, la politique reprendra ses droits quand il y aura un blocage sur les indemnités prud’homales par exemple, les syndicats prompts à reconnaître aujourd’hui la crédibilité de la ministre seront tout aussi véhéments pour la qualifié de libérale, voire de ministre de droite. Emmanuel Macron ministre de l’économie en a fait l’expérience : en vrai pro il a passé des centaines d’heures au banc à l’assemblée nationale pour expliquer, répondre, amender sa fameuse loi sur les autocars en vain, quand la politique a repris ses droits, il a été contraint de sortir le 49.3 pour contraindre sa majorité à le suivre.