Sur le fond, la campagne n'a pas commencé !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Après les primaires qui ont pourtant passionné les Français, les candidats à l'élection présidentielle ne se sont toujours pas réellement jetés dans la bataille des programmes.

La politique c’est la campagne présidentielle qui s’enlise. Après des primaires qui ont passionné les Français, le débat politique semble figé.

À gauche vous avez Benoît Hamon et Yannick Jadot qui jouent à "je te tiens tu me tiens par la barbichette", ça fait trois semaines que ça dure. À droite, on joue sans conviction "il faut sauver le soldat Fillon". Au centre François Bayrou : "tu veux ou tu veux pas être candidat". Tandis que chez Emmanuel Macron on révise l’Histoire de France pour les Nuls et les citations du Général de Gaulle…

Mais aucun débat de fond, ni de projet. Depuis le revenu universel rien ! Quelle fonction publique demain ? La suppression de 500.000 fonctionnaires, est-ce réaliste ou pas ? Quelles mesures concrètes pour enfin résoudre la question du chômage ? Quelle politique sociale en Banlieue ? Rien sur la désertification du monde rural ? Aucune vision, pas de confrontation projet contre-projet. Au passage, c’est tout bénef pour Marine Le Pen qui déroule : sortie de l’euro, protectionnisme et retour des frontières. Ses concurrents crient au loup mais ne s’y attaquent pas sur le fond.

Les hommes politiques eux renvoient la balle aux journalistes. Un peu dans le sillage de Donald Trump qui dresse le peuple contre les médias.

Là-dessus tous les candidats sont d’accords. Les journalistes sont malhonnêtes, ils mentent, ils lynchent et ils sont paresseux. Tout le monde s’y retrouve. Premier constat, c’est un réflexe défensif et fallacieux, il suffit de prendre un peu de recul. En 2012, François Hollande en février dégainait sa taxe à 75% et désignait son ennemi la finance. En 2007, Nicolas Sarkozy déclinait son "travailler plus pour gagner plus" et l’encadrement du droit de grève, Ségolène Royal "son ordre juste". Jacques Chirac en 95 brandissait la "fracture sociale". 2017 c’est le vide absolu, une non-campagne présidentielle. Deuxième constat : le débat d’idées, les candidats l’on abordé au moment des primaires. L’identité heureuse contre le redressement. Le revenu universel contre la gauche de responsabilité. Mais ce débat ils l’ont aussitôt enterré, oublié et délayé. Personne n’assume par peur, par manque de confiance, comme si aucun ne croyait vraiment en son projet et c’est sans doute ce qu’il y a de plus inquiétant pour les citoyens que nous sommes.