Remaniement : Macron serre les boulons, prend plus de proches et de compétence

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Antonin André nous livre son édito politique au lendemain de l'annonce du nouveau gouvernement.

Emmanuel Macron a traversé son premier remaniement. Le MoDem est toujours présent, un peu de droite, un peu de gauche et la parité préservée. Rien de spectaculaire à priori mais quand on y regarde de plus près il y a de vrais changements.

Le PDG Emmanuel Macron a deux obsessions : la rentabilité et les résultats. Ce premier plan social c’est l’opportunité d’améliorer le dispositif. La parité, l’équilibre politique, la présence du MoDem, tout ça est respecté. Les canons de la vieille politiques sont bien visibles mais ce n’est pas ça l’important. Ce qu’Emmanuel Macron a corrigé dans cette nouvelle équipe ne se voit pas au premier coup d’œil : c’est l’efficacité. Des pros à des postes clefs et la loyauté avec des fidèles qui seront les yeux et les oreilles du président dans la nouvelle équipe pour l’efficacité. Nicole Belloubet à la Justice, professeure de droit et membre du conseil constitutionnel. François Bayrou a rendu des textes mal ficelés à la Justice, Emmanuel Macron ne veut plus de cet amateurisme. Florance Parly à la Défense, formée à la rigueur Jospinienne a le même profil : sérieux et efficacité. Pareil pour Nathalie Loiseau, ancienne patronne de l’ENA aux Affaires européennes.

Des personnalités compétentes pour l’efficacité et des fidèles pour la loyauté ; ça veut dire que le président a nommé des relais pour contrôler le gouvernement, comme s’il se méfiait du Premier ministre ?

Officiellement tout va bien, c’est fluide entre l’Élysée et Matignon et ça va vite. Mais Emmanuel Macron a quand même choisi de faire entrer des hommes de confiance, des fidèles de la première heure à des postes stratégiques. Benjamin Griveaux porte-parole d’En Marche, fin politique et formé à l’école DSK arrive à Bercy pour être le relais du Président dans un ministère confié à deux hommes venus de la droite, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Moins connus, Julien de Normandie secrétaire d’État à la cohésion des territoires, c’est un Macron Boy, ils se sont connus en 2014 et ils envisageaient de monter ensemble une start UP et Stéphane Travers, ex Socialiste, à l’Agriculture est un des premiers convertis au Macronisme. À l’inverse, le Premier ministre n’a pas pu faire entrer autant de ministres de droite, de ses amis qu’il l’espérait. Derrière la politique et les symboles, Emmanuel Macron, pragmatique, clinique a utilisé ce remaniement pour resserrer son emprise sur le gouvernement.