Primaire PS : une campagne sans agressivité

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les candidats à la primaire de la gauche ont réussi à faire campagne sans aucune agressivité.

La politique c’est le troisième débat de la primaire. Beaucoup de sujets abordés, pas d’agressivité, au terme de cette campagne, les candidats ne se sont pas déchirés, ils ne se sont pas abimés.

Est-ce un effet de la gifle de Manuel Valls ? il n’y a eu ni agressivité ni éclat de voix, mais un débat de fond, plus concernant où l’on a vu se dessiner différents projets mais une appartenance commune : la famille de gauche. La gauche de gouvernement, responsable, avec des valeurs partagées : sur la sécurité sociale, sur la lutte contre la précarité, sur des questions de société aussi : la fin de vie, la lutte pour l’égalité homme-femme ou encore la Syrie. Une divergence majeure a structuré le débat c’est la question économique autour du revenu universel défendu  par benoît Hamon et de la maîtrise des déficits. Pour résumer une gauche qui veut faire rêver, face à une gauche réaliste, convertie à la maîtrise des déficits, c’est Manuel Valls, Vincent Peillon ou François de Rugy. Arnaud Montebourg essayant de jouer une sorte de troisième voie, à cheval sur ces deux gauches.

Qui sort au terme de ces trois débats, disons plus à son avantage ?

Je ne dis pas qu’ils seront les vainqueurs de dimanche, mais sur l’ensemble des trois débats les principaux gagnants sont ceux qui se sont le mieux préparés, depuis longtemps. Ce n’est pas un hasard, Benoît Hamon : avant ces débats, il souffrait d’un déficit de notoriété, qui connaissait Monsieur Hamon sorti du parti ? Pas grand monde, aujourd’hui tous les Français connaissent le candidat du revenu minimum. Pari gagné pour Benoît Hamon. Arnaud Montebourg : on l’avait laissé à Frangy avec sa cuvée du redressement, ruant  dans les brancards, on le retrouve sérieux, sans outrance, il a pris de la hauteur. Montebourg est sorti de l’adolescence, on le découvre adulte, crédible. Enfin Manuel Valls, ça a été dur pour lui, mais le brutal s’est arrondi, il s’est gauchi et ça lui va pas mal, hier soir il avait  trouvé le bon dosage entre autorité et humanité.

On sent aussi qu’on s’approche du dénouement et que le match d’après est déjà lancé : la confrontation avec Jean-Luc Mélenchon et surtout Emmanuel Macron.

Il n’a pas voulu participé à la primaire, mais il s’y est invité, il s’y est imposé. Et il est d’ailleurs par son omniprésence un facteur d’unité et de rassemblement des candidats. Pourquoi ? Parce qu’ili savent que ce qui les attend après la primaire, pour celui qui sera désigné s’annonce comme un duel autrement plus musclé et sans doute plus mortel que celui qu’ils jouent en ce moment.