La primaire de la gauche, un référendum anti-Hollande

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Il y a fort à parier que la primaire de la gauche pour 2017 n'aura rien à voir avec celle organisée en 2011 qui avait enregistré une participation de trois millions de votants.

La politique c’est la saison des primaires qui durera jusqu’au 29 janvier, date du second tour de la primaire de la gauche. Elle aura bien lieu mais elle ne ressemblera en rien à celle de 2011.

Un an de campagne, des lignes politiques différentes, un casting hors-norme : DSK, Ségolène Royal ex-candidate à la présidentielle, Martine Aubry, François Hollande, sans oublier le candidat performer inattendu Arnaud Montebourg. À l’arrivée près de trois millions de votants, c’était 2011 et bien oubliez 2011. La primaire de la gauche version 2016 n’aura rien à voir. Pourquoi ? Parce qu’on passe d’une primaire de consécration à une primaire d’élimination. C’est un référendum anti-Hollande, un référendum pour empêcher le président de la République sortant de concourir à un nouveau mandat,  du jamais vu sous la 5e République. Voter pour éliminer ce n’est pas très  mobilisateur, on devrait être loin des trois millions de votants

Le président qui a fini par jouer le jeu de la primaire, contraint, est-ce qu’il peut en tirer parti ? Est-ce qu’il peut sortir boosté s’il est vainqueur ?

Voyons le pire d’abord, s’il la perd vous imaginez la fin de mandat. Inédit là encore, un président de la République battu par l’alliance Montebourg, Lienemann et Filoche. La parole et le statut présidentiel vont en prendre un coup. S’il la gagne, ça peut effectivement le relégitimer aux yeux du peuple de gauche, mais seulement en cas de très large participation, un élan populaire qui obligera au ralliement de ses concurrents. Mais cette très forte participation on vient de la voir ce n’est pas le plus probable.

Et si François Hollande n’est pas candidat ?

C’est le scénario le plus inattendu. C’est la situation de 1994, Jacques Delors candidat attendu qui n’y va pas. Le jeu devient ouvert. Si François Hollande n’y va pas, le plus probable : Manuel Valls se porte candidat.  Avec un avantage majeur, il n’ y a pas un rejet de la personne du Premier ministre comme il y en a un de la personne de François Hollande. On passerait alors du débat de personnes, du référendum anti-Hollande, au débat d’idées entre la ligne Montebourg et la ligne Valls.