Primaire de la gauche : Christiane Taubira tente de réveiller les consciences

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Christiane Taubira a donné une interview à l'hebdomadaire Le Un où elle fait un véritable réquisitoire contre sa famille de gauche.

La politique c’est le réveil d’une conscience de gauche dans l’hebdomadaire le Un, dans une longue interview Christiane Taubira revient sur les maux d’une Gauche qui bute sur ses propres renoncement, un réquisitoire implacable contre la famille à laquelle elle appartient.

Oui un exercice d’introspection philosophico- historique comme Christiane Taubira nous y a habitué, c’est dans l’histoire que l’ancienne ministre de la justice va chercher des voies pour aider la gauche à se sauver. L’une de ses référence nous ramène Sous la 3e République lorsque nous dit-elle, des Hugo, Lamartine, Arago au gouvernement, au parlement dans un même mouvement créait, réfléchissait, s’investissait dans l’action. Le principal reproche que Christiane Taubira fait aux siens c’est d’avoir arrêter de réfléchir, de penser et donc de créer, de trouver des solutions. À entendre le bruit de la campagne de la primaire de la gauche, à scruter les programmes des uns et des autres, en dehors du revenu universel qui ne dessine pas à lui seul un projet de société, un monde nouveau, on est forcé de reconnaître que la gauche aujourd’hui est incapable de redonner de l’espoir, de se réinventer. La gauche est impuissante, tétanisée , sa créativité est étranglée. Autant dire que pour la présidentielle à venir, même si elle ne le dit pas formellement, Christiane Taubira ne donne pas chère des chances de victoire pour la gauche.

Est-ce qu’elle s’engage pour l’un ou l’autre des candidats à la primaire puisqu’elle n’est pas candidate ?

Non elle n’est pas candidate elle le redit  et elle s’indigne avec humour qu’on lui en fasse grief :  je me présente en 2002, je suis coupable de l’échec de la gauche ; je ne me présente pas en 2017,je suis coupable du probable échec de la gauche. Heureusement que j’ai un mental d’acier ! Mais pour le reste non elle ne soutient personne. Elle démonte la candidature Valls l’homme qui a muselé le Parlement qui a souligné les angles au lieu de les arrondir.. Mais elle n’en dit pas plus. C’est la limite de l’exercice. La politique à un moment donné  exige de s’engager fortement, clairement, concrètement. D’être candidat ou de soutenir un candidat pour agir. Christiane Taubira se pose en procureur, brillante,  érudite et écoutée. C’est intéressant, ça nourrit la réflexion, mais c’est un peu stérile. Du haut de sa chair elle assiste au suicide collectif des candidats à la primaire, souligne leur faiblesse mais refuse de s’en mêler. J’ajoute que je ne suis pas sûr que les classes populaires, celles que la gauche a abandonné aient les mêmes préoccupations que Christiane Taubira qui énonce 4 chantiers théoriques pour la gauche : le régalien, le social, l'européen, le mondial. Mais qui oublie l’économie, c’est-à-dire le pouvoir d’achat, le chômage, comment on créé de la richesse, ce qui fait le quotidien des gens.