Pression maximale sur François Fillon

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Les amis politiques de François Fillon exercent une forte pression sur le vainqueur de la primaire pour qu’il précise une fois pour toute son programme sur l’assurance maladie. En annonçant la fin du remboursement de certains soins confiés au complémentaire, François Fillon risque de perdre un électorat populaire.

Gérard Larcher, le sage président du Sénat, très branché avec les syndicats a alerté François Fillon, il faut impérativement rassurer les Français : oui la bronchiolite de votre enfant sera toujours pris en charge, l’apendicite de votre frère ou le traitement d’anti-dépresseur de votre parent isolé… Bernard Accoyer, l’ancien médecin, élu de province lui aussi s’inquiète de l’effet dévastateur sur l’électorat populaire et rural de l'annonce de François Fillon sur l'assurance maladie. Il faut une "clarification", elle aura lieu devant le groupe les Républicains à l’Assemblée nationale mardi. Clarification utile mais tardive. Un récent sondage Odoxa souligne l’attachement des Français à la couverture de la Sécurité sociale. Le système de santé, est pour 84% des Français jugé bon et meilleur que celui des autres pays ; 9 français sur 10 ne veulent pas qu’on touche aux dépenses publiques en matière de santé.

De la primaire à la présidentielle François Fillon peut corriger son projet, sauf qu’il est peut-être trop tard…. François Fillon peut clarifier, corriger, préciser, il restera une marque indélébile au sein d’une partie des électeurs pour lesquels le candidat de droite veut faire des économies sur leur santé. La force de la Sécurité sociale, c’est son caractère universel : "Chacun paye selon ses moyens et reçoit selon ses besoins", la remettre en cause c’est s’attaquer à un pilier de la solidarité nationale, à la garantie d’un bouclier pour les plus fragiles. L’effet est potentiellement dévastateur auprès de classes populaire auxquelles François Fillon parle déjà peu. Exemple : quand il parle de remettre la famille au cœur des politiques publiques, il n’a pas de propositions sur le problème spécifique des familles monoparentales, elles sont absentes de son programme. Et en embuscade, on retrouve le Front national qui progresse à chaque scrutin dans les classes populaires, le FN qui se pose en défenseur du modèle de la sécurité sociale hérité du Conseil national de la Résistance et du général de Gaulle.